Il est possible d’utiliser le français de façon plus inclusive, soutient Marie-Ève Dionne.

Langage épicène: des mots pour inclure

Pour rendre l’usage du français plus représentatif d’une société égalitaire entre les hommes et les femmes, l’adoption d’un langage plus englobant devient une priorité, selon les organisateurs d’une formation sur le langage épicène qui se déroulera au Cégep de Granby dans quelques semaines.

Les normes du français voulant que le masculin l’emporte toujours sur le féminin peuvent être contournées tout en gardant un langage correct, soutient Marie-Ève Dionne, enseignante de français à l’origine de la formation Écriture épicène et féminisation.

« Le mot épicène signifie donner une place égale aux hommes et aux femmes dans un texte, donc lorsqu’on parle de langage épicène, ça touche autant les tournures de phrases que la féminisation des titres qui doit être faite », définit Mme Dionne.

Une foule d’exemples et de recommandations seront présentés dans ce cours condensé de trois heures, prévu pour le 1er novembre.

Commande municipale

La formation était initialement une commande de la Ville de Granby qui souhaitait voir son personnel plus familier avec le langage épicène.

Dans le cadre de la politique Égalité, bon nombre de fonctionnaires ont assisté au cours en question.

Ce sera la première fois que la formation sera offerte à un public élargi.

« C’est sûr que beaucoup d’exemples utilisés proviennent du monde administratif, mais ça s’adresse à tout le monde qui doit écrire dans le cadre de son travail », explique Marie-Ève Dionne, qui invite également à participer tous ceux qui souhaitent adopter un langage plus inclusif.

La conseillère pédagogique et l’une des responsables du programme de formations à la carte, Maude Danis-Coulombe, invite spécialement « tous les gens de la fonction publique et même les employés du Cégep ».

Ouvrir les yeux

Marie-Ève Dionne l’avoue d’emblée : ce n’est pas par militantisme qu’elle s’est retrouvée derrière cette formation.

Elle souligne toutefois avoir pris goût à la matière qui lui a permis de « s’ouvrir les yeux », pour reprendre ses mots.

« Dès la première formation, il y a eu des femmes qui me disaient “Ça ne me dérange pas que ce soit au masculin, ça ne me brime pas dans ma vie.” Ça montre à quel point nous sommes conditionnés à ce que ce soit le masculin qui l’emporte [...]. »

Elle observe qu’il reste beaucoup de travail à faire pour rendre la langue française plus égalitaire.

Le Cégep de Granby espère accueillir une vingtaine de participants. Les intéressés peuvent s’inscrire dès maintenant sur le site web du Cégep.

Mme Danis-Coulombe rappelle que la formation pourrait également être donnée à des entreprises souhaitant adapter leurs communications tant internes qu’externes.