Durant les travaux du projet Phoslock au lac Bromont et jusqu’à nouvel ordre, la baignade ou toute autre activité sur le plan d’eau sont proscrites. Idem pour la consommation de poissons pêchés dans le lac.

Lancement imminent du projet Phoslock

La municipalité de Bromont marquera une page d’histoire la semaine prochaine, avec le lancement du projet de réhabilitation du lac Bromont. Une première au Québec. L’épandage du Phoslock, ce composé unique servant à neutraliser le phosphore dans le plan d’eau, se déroulera du 25 octobre au 10 novembre.

Après avoir porté à bout de bras le projet de restauration du lac Bromont­ pendant plus d’une décennie, Anne Joncas voit enfin la ligne d’arrivée à l’horizon. « Je suis excessivement soulagée, a confié la présidente du conseil d’administration d’Action conservation du bassin versant du lac Bromont (ACBVLB). Il y a eu tellement de contraintes, d’embûches à surmonter. Quand tu travailles aussi longtemps sur un projet, tu perds tes repères. Mais cette semaine, je me pinçais parce que j’ai de la difficulté à croire que ça va arriver dans quelques jours. Il y a aussi beaucoup de satisfaction de toute la reconnaissance du travail de longue haleine. J’ai hâte d’être au bout du quai pour lancer la première poignée [de Phoslock] dans l’eau, puis de voir la barge sur le lac. »

Comme bien des plages à travers la province, celle du lac Bromont a été fermée à plusieurs reprises au cours de la dernière décennie en raison de la concentration élevée d’algues bleues. Des études de longue haleine menées par un groupe de recherche de l’Université du Québec­ à Montréal­ (UQAM) ont démontré en 2014 le piètre bilan de santé du plan d’eau. Le Phoslock s’avère la meilleure solution pour contrer l’apparition de cyanobactéries­ dans le lac Bromont. 

Deux fenêtres

Notons que deux fenêtres sont possibles pour réaliser le projet de restauration : le printemps ou l’automne. Or, l’épandage du Phoslock était au calendrier peu de temps après la fonte des glaces, mais a dû être reporté principalement à cause de contraintes techniques. « L’application doit se faire quand le lac est en dormance. Donc, avant que le phosphore soit engagé dans les plantes aquatiques. Une semaine peut faire toute la différence. Comme Phoslock a un gros projet de 1200 tonnes au Brésil, la compagnie avait peur de ne pas être en mesure de livrer dans les délais les 170 tonnes dont on avait besoin ce printemps. L’entreprise nous a demandé de repousser le projet du lac Bromont de quelques mois », avait indiqué Mme Joncas en avril à La Voix de l’Est

Le coût de l’épandage est estimé à près de 600 000 $. La municipalité de Bromont a déjà consenti une telle enveloppe à même son budget. De plus, la Ville a octroyé un peu plus de 62 000 $ pour une entente de services avec l’ACBVLB. Cette somme a permis d’embaucher un chargé de projets. Celui-ci assumera la planification, la coordination et la réalisation des différentes initiatives puis d’activités éducatives visant la conservation et la réhabilitation du lac.

Restrictions

Les citoyens devront respecter certaines restrictions émanant d’exigences d’Environnement Canada durant les travaux pour « éviter les risques pour la santé humaine ». Ainsi, la baignade ou toute autre activité sur le plan d’eau seront proscrites. Idem en ce qui concerne la consommation de poissons pêchés dans le lac. Rappelons que le Phoslock est un composé chimique non toxique pour l’humain constitué d’argile et de lanthane. Cet avis sera maintenu jusqu’à ce que la concentration de lanthane dans l’eau soit sous la barre de 0,025 mg/L (PPM). L’autorisation de reprise des activités sera annoncée sur le site de la Ville (bromont.com).