Le président du syndicat de l'UPA en Haute-Yamaska, Jérôme Ostiguy et le préfet de la Haute-Yamaska, Paul Sarazzin, ont annoncé la tenue d'une seconde consultation publique, le 20 novembre prochain.

L'agriculture en Haute-Yamaska : un secteur en forte transformation

Plus la Haute-Yamaska se penche sur son milieu agricole, plus elle constate que celui-ci vit de profonds changements. Et plus l’élaboration d’un Plan de développement de la zone agricole (PDZA) lui apparaît pertinente.

« Le secteur agricole est en transformation majeure en Haute-Yamaska. Avec le projet de PDZA, nous devons maintenant essayer de mieux comprendre cette nouvelle réalité, afin d’établir un plan d’action concret adapté aux défis et opportunités propres à la Haute-Yamaska », affirme le préfet de la MRC, Paul Sarrazin.

Le lancement, en octobre 2017, du PDZA prévoyait environ une année de travaux. La tenue de consultations publiques en constituait la base.

À l’issue de la première rencontre, en mai dernier, en présence d’une cinquantaine de personnes, la MRC a pu élaborer un portrait de l’agriculture dans la région et établir du même coup quelques constats.

Il est entre autres apparu que l’âge moyen des exploitants agricoles en Haute-Yamaska est de 53 ans, que le manque de relève est important, que la production animale tend à régresser contrairement à la production végétale, que les coûts d’exploitation et la valeur des terres augmentent plus rapidement que les revenus, et que les fermes de taille moyenne perdent du terrain au profit des grandes exploitations agricoles.

Dans plusieurs cas, c’est un revenu familial externe ou des activités connexes qui permettent de maintenir les activités agricoles à flot.

Rien pour étonner le président du syndicat local de l’UPA, Jérôme Ostiguy. En rappelant que les agriculteurs remplissaient le panier d’épicerie des Québécois, il a entre autres relevé les problèmes de main-d’œuvre, la hausse des coûts, l’étalement urbain, les aléas de la nature et les enjeux environnementaux.

Mi-figue mi-raisin, M. Ostiguy n’a pas hésité à dépeindre les agriculteurs comme des gens « plus débrouillards, plus travaillants et plus résilients que la moyenne ».

Consultation #2

Le diagnostic établi en mai dernier sera présenté au public le 20 novembre prochain à 19 h au Centre communautaire de Roxton Pond, lors d’une seconde consultation publique en vue de la création du PDZA.

Des objectifs et des orientations devraient découler de cette rencontre.

Les participants seront également appelés à se prononcer sur l’énoncé de vision suivant : « La Haute-Yamaska, territoire d’une agriculture innovante, prospère et responsable. L’agriculture y est valorisée et reconnue comme une occupation noble du territoire pour sa contribution significative à l’économie régionale, à la santé de la communauté et au développement de son identité. Impliquée dans sa communauté, la relève sera soutenue, formée et investie dans la mission première de l’agriculture : “nourrir le monde”. Nous, de la Haute-Yamaska, serons fiers de Notre agriculture ! »

« Dans cet énoncé, l’agriculture est présentée comme un acteur de premier plan dans le développement local et économique en Haute-Yamaska. Nous souhaitons que les citoyens transposent le sentiment d’appartenance qu’ils peuvent éprouver envers leur région en un attachement, une fierté, envers l’agriculture, le travail des artisans de la terre, ainsi que les produits locaux qui abondent en quantité et en qualité », soutient Paul Sarrazin.

Réaliste

Ce dernier qualifie de réaliste le portrait brossé lors de la première consultation publique.

Il souligne par ailleurs l’importance d’une action collective dans ce dossier. Bien que le secteur de l’agriculture et le monde municipal puissent parfois percevoir les choses différemment, ils se doivent de travailler main dans la main, selon lui. Agir en silo n’est pas la solution, dit-il. Quelles actions peut-on faire d’un commun accord ? Comment trouver des modèles pour obtenir une agriculture viable ? Le préfet croit que le processus permettra de trouver des réponses à ces questions. « On espère trouver des pistes de solutions pour contribuer à l’essor de l’agriculture d’ici. »

Pour prendre part à la consultation publique, les gens doivent d’abord s’inscrire au www.haute-yamaska.ca ou auprès de Caroline Michaud au 450 378-9975.