John Skaberna est accusé d’avoir allumé l’incendie qui a endommagé cette demeure où habitaient deux membres de sa famille en 2016, à Sutton.

L’accusé nie son implication dans un incendie criminel à Sutton

Un homme accusé d’avoir mis le feu durant la nuit à une maison habitée par son père et son frère, à Sutton, nie sa responsabilité.

John Skaberna, de Lac-Brome, a plaidé non coupable à l’accusation d’incendie criminel déposée contre lui au lendemain du sinistre survenu sur le chemin Élie, le 2 février 2016. Il est détenu depuis, l’ingénieur de 52 ans n’ayant pas convaincu la cour qu’il pourrait respecter des conditions de remise en liberté du fait de ses problèmes d’alcool.

Son procès s’est amorcé lundi au palais de justice de Granby. « L’implication de mon client est contestée », a déclaré d’entrée de jeu son avocat, Me Nicolas Cossette. 

Or, le frère de l’accusé, Stephen Skaberna, a déclaré avoir vu l’accusé sortir de la demeure en maugréant, la nuit du crime, et alors qu’une épaisse fumée noire commençait à s’échapper d’une pièce au rez-de-chaussée. 

« J’étais hors de contrôle, a-t-il raconté au tribunal. Je savais que j’avais besoin de pompiers, alors j’ai composé le 911. »

L’incendie a causé moins de 5000 $ de dommages et n’a pas fait de blessé grave, bien que Stjepan Skaberna, le père de l’accusé, ait été sauvé des flammes in extremis. L’auteur du crime s’expose à une peine de prison maximale à perpétuité.

Relations

Appelé à la barre par la Couronne, représentée par Me Stéphanie­ Landry­, Stephen Skaberna a aussi décrit comment les relations familiales s’étaient détériorées dans les jours précédents. Bien qu’il ait beaucoup aidé ses parents, son frère, dit-il, buvait énormément et était soupçonné de venir voler des objets ayant appartenu à leur défunte mère.

En contrepartie, John Skaberna reprochait à son frère de s’être arrogé le rôle de proche aidant auprès de leur père et de vouloir régenter les affaires de ce dernier, aujourd’hui décédé. 

« Il y avait des tensions », a reconnu Tracey Dixon, amie de la famille et ex-conjointe de l’accusé, elle aussi conviée à témoigner. Peu avant l’incendie, le patriarche d’origine croate aurait exigé de John qu’il lui redonne sa clé de la maison. Il a aussi envisagé de modifier les serrures.

John « n’était plus vraiment dans le portrait », a dit Stephen Skaberna. La clé de la demeure a été retrouvée chez l’accusé après son arrestation. Le procès se poursuit mercredi devant le juge Claude Provost, de la Cour du Québec.