Sylvie Veilleux, coordonnatrice de l’Accorderie de Granby et région, et Lucie Cousineau, directrice générale de SÉPHYR, organisme parrain du projet, ainsi qu’Évelyne Givre et Catherine Bernard, collaboratrices.

L’Accorderie de Granby et région verra le jour

Les systèmes d’échange local sont de plus en plus nombreux dans le monde. La région aura maintenant le sien, qui portera le nom d’Accorderie de Granby et région. En préparation depuis deux ans, le projet s’est vu accorder une aide financière de 66 960 $ du gouvernement du Québec, en vertu du Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR).

L’organisme Sclérose en plaques Haute-Yamaska-Richelieu parraine le projet jusqu’à ce que l’Accorderie devienne un organisme à part entière.

« L’Accorderie permet de créer un réseau d’entraide, explique la coordonnatrice Sylvie Veilleux. C’est un projet citoyen qui va permettre de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Les gens s’inscrivent à l’Accorderie et vont faire une offre de services en fonction de leurs talents. Les gens vont pouvoir profiter des services offerts et en offrir à leur tour. C’est un échange de talents et de temps qu’on vit à travers l’Accorderie. Ça permet de créer un réseau de collaboration dans une communauté. »

Elle donne l’exemple d’une personne âgée qui souhaiterait avoir un jardin, mais qui ne peut pas s’en occuper, et qui reçoit l’aide d’un membre de l’Accorderie. En échange, elle peut offrir de l’aide aux devoirs aux enfants d’un autre membre parce qu’elle a déjà enseigné.

La monnaie d’échange est en fait le temps investi pour le service. À compte neutre, le bénéficiaire a un déficit de temps qu’il peut combler en offrant un service à son tour, tandis qu’un donateur reçoit des crédits de temps qu’il pourra utiliser auprès de quelqu’un d’autre. « Plus il y a d’offres de service, plus c’est intéressant », mentionne la coordonnatrice.

Vaste territoire

« L’argent du FARR va servir à l’implantation de l’Accorderie, à mettre en place le service dans la région de Granby, de Brome-Missisquoi et une partie de Rouville. Ça va se développer petit à petit par cellules, là où les gens sont prêts. »

Mise au fait qu’un système d’échange local (SEL) existe déjà dans Brome-Missisquoi, Mme Veilleux tentera de rejoindre le ou les responsables pour voir comme arrimer les deux organisations.

« Le but de l’Accorderie est l’entraide et la collaboration, ce n’est assurément pas d’évacuer ce qui se fait déjà », affirme-t-elle.

Elle ajoute qu’elle ne souhaite pas que l’Accorderie soit perçue comme une menace par le SEL de Brome-Missisquoi.

Le lancement officiel devrait avoir lieu à l’automne, quelque part en novembre.

Les membres, les accordeurs, pourront déjà avoir testé la plateforme à ce moment.

Déjà, une centaine de personnes ont signalé leur intérêt via un sondage en ligne.

Plusieurs au Québec

Le Réseau Accorderie, qui a vu le jour il y a 17 ans à Québec, regroupe jusqu’à présent 11 Accorderies partout au Québec, sans compter les SEL indépendants.

Celle de Granby et région devrait être la douzième du regroupement à voir le jour.

Selon Sylvie Veilleux, il y a environ 9500 accordeurs au Québec. Le projet a même traversé les frontières. La France a adopté le concept et compte présentement 34 Accorderies et 11 000 utilisateurs.