Les sédiments transportés par la rivière Yamaska Sud-Est dans le lac Davignon proviennent en grande partie de fossés de routes.

Lac Davignon: Cowansville sollicite l’aide des villes voisines

Freiner l’arrivée de sédiments dans le lac Davignon à Cowansville exigera une collaboration ainsi que des investissements de cinq municipalités voisines. Elles devront modifier des fossés de chemin, aménager des bassins de rétention et retravailler leurs chemins non pavés pour réduire les problèmes d’érosion.

Ce sont les principales mesures contenues dans le plan préliminaire d’actions de la Ville de Cowansville pour améliorer la santé du lac Davignon. Elles ont été présentées le 13 juin aux représentants de Dunham, Sutton, Lac-Brome, Brome et Bolton-Ouest. Les 212 kilomètres carrés du bassin versant du lac se retrouvent à 98 % dans ces municipalités, d’où la demande d’aide que leur adresse Cowansville.

Le plan d’action proposé par la Ville, réalisé par l’Organisme de bassin versant de la Yamaska avec l’aide du RAPPEL, une coopérative de solidarité en protection de l’eau, identifie plusieurs fossés routiers ainsi que des chemins de terre dans les municipalités concernées qui transportent des sédiments vers des ruisseaux tributaires de la rivière Yamaska Sud-Est. Celle-ci se jette dans le lac Davignon. Sa charge en sédiments est telle que la section est du lac est complètement envasée. Une île nommée l’Île aux mouettes s’est formée au fil des ans.

L’érosion en amont du lac Davignon fait que les sédiments et le sable transportés par la rivière s’accumulent « au rythme probable » de 5 à 5,5 centimètres par année, selon une étude du géographe Gilbert Prichonnet de l’Université du Québec à Montréal réalisée en 2011 pour la Ville de Cowansville. L’universitaire recommandait de contrôler l’érosion en amont du lac. Il y voyait une belle occasion d’entraide entre les municipalités.

Cibler les fossés et les chemins de terre est la meilleure stratégie pour réduire les sédiments, croit Simon Lajeunesse, coordonnateur de la gestion des cours d’eau à la MRC Brome-Missisquoi. Il cite une étude de l’Université du Vermont démontrant que le tiers des sédiments circulant dans les rivières provient des fossés et des chemins de terre.

En réaménageant des sections stratégiques de fossés et en améliorant les routes non pavées, il est possible de réduire de manière significative l’érosion, assure M. Lajeunesse. L’installation de seuils de rétention dans les fossés — digues de pierres — et l’aménagement de bassins de sédimentation permettraient d’y arriver, dit-il.

« Ce sont les actions les plus faciles à mettre en œuvre parce que les municipalités n’ont pas besoin d’autorisation. Elles sont en plus chez elles. Ces actions sont à notre portée », illustre-t-il.

La Ville de Cowansville a opté pour cette approche l’an dernier dans le fossé du chemin Scottsmore. Son service des travaux publics a aménagé des seuils de rétention pour ralentir l’écoulement de l’eau et capter les sédiments.

Plusieurs fossés et chemins ailleurs dans le bassin versant du lac sont identifiés dans le plan d’actions préliminaires, confirme Marie-France Beaudry, conseillère responsable de l’environnement de la Ville de Cowansville. Elle espère que les municipalités concernées réaliseront des travaux similaires. « Il y a plein de choses qu’on pourrait faire. Mais les fossés et les chemins sont prioritaires », explique-t-elle en entrevue.

Faire sa part
La Ville de Lac-Brome est ouverte à étudier toute demande formulée en lien avec le lac Davignon, soutient son maire Richard Burcombe. Il rappelle que sa municipalité a beaucoup fait ces dernières années pour protéger le lac Brome, notamment en réaménageant des fossés, en améliorant les bandes riveraines du lac et en octroyant 25 000 $ par année à Renaissance lac Brome qui veille à la protection du plan d’eau. « On va regarder ça sérieusement parce que l’environnement est un enjeu important. S’il y a des problématiques particulières, des choses qu’on peut améliorer, c’est certain qu’on va le faire », assure M. Burcombe.

Les autres municipalités doivent également répondre présentes, soutient M. Burcombe. Elles doivent commencer par appliquer les règlements existants de la MRC en lien avec la protection des cours d’eau, a-t-il dit, en référence au règlement de gestion des eaux de surface. Quelques municipalités n’ont pas encore adopté le REGES.

La Ville de Cowansville a mandaté l’OBV Yamaska pour préparer des demandes de subventions aux deux paliers de gouvernement pour l’aider elle et ses voisines à financer les travaux nécessaires.