Le ministère a demandé à la municipalité de cesser d’entretenir les terrains des églises, des cimetières, et des propriétés privées appartenant aux assemblées de fabrique présents sur son territoire.

La ville semoncée par le MAMOT

C’est à contrecœur que la municipalité de Saint-Paul-d’Abbotsford a cessé d’entretenir les terrains de ses lieux de culte et cimetières, il y a de cela quelques semaines. Le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire du Québec (MAMOT) lui en a effectivement donné l’ordre.

Le 18 juin dernier, un représentant du ministère a contacté la direction générale de la municipalité pour l’enjoindre de cesser immédiatement l’entretien des pelouses des terrains des églises, des cimetières, et des propriétés privées appartenant aux assemblées de fabrique présents sur son territoire.

Une plainte anonyme datant de février est à l’origine de la décision du MAMOT, que la municipalité ne contestera pas. Elle fera plutôt parvenir une résolution, adoptée mardi soir, au commissaire aux plaintes du ministère attestant qu’elle se conforme à sa demande.

« La plainte a été jugée recevable et fondée. Si on continue, chacun des conseillers est susceptible d’être poursuivi pour obstruction au processus », a fait savoir le maire Robert Vyncke en assemblée.

Déception
Celui-ci n’a pas caché sa déception de devoir mettre fin à la pratique qui avait cours au village depuis au moins une douzaine d’années. « On voyait ça comme un service à la communauté, pour aider à conserver les lieux patrimoniaux, a-t-il déploré. Il n’y avait pas du tout de question religieuse dans cette décision. »

Selon certaines estimations, il en aurait coûté environ 25 000 $ annuellement à la municipalité pour entretenir ces terrains. Cette dépense était absorbée dans l’enveloppe globale du service des travaux publics de la municipalité. La fin de la pratique n’entraînera pas d’économie à la Ville. « Les gens des travaux publics vont effectuer d’autres tâches à la place, c’est tout », a indiqué le directeur général Daniel-Éric St-Onge.

Il a également précisé que les fabriques avaient lancé un appel aux bénévoles ou feraient affaire avec des entreprises de paysagement pour entretenir les terrains.