Du Roundup a été utilisé sur une terre agricole près de maison des rues Western et Dollard, à Waterloo.

La Ville de Waterloo se penche sur le dossier Roundup

Une rencontre entre quelques élus, le directeur général et le directeur de l’urbanisme de Waterloo s’est tenue mardi pour discuter de l’utilisation récente du controversé herbicide Roundup, produit par Monsanto, dans un champ derrière la rue Western. Le règlement municipal devra être revu, conclut-on.

Comme le révélait La Voix de l’Est le 10 août dernier, le propriétaire de la terre de 97 acres et l’entreprise embauchée pour couvrir le champ d’herbicide, opération qui s’est déroulée le 31 mai, ont reçu deux mois plus tard un avis de non-conformité du ministère de l’Environnement. Ils ont contrevenu au Code de gestion des pesticides ainsi qu’à la Loi sur les pesticides. Le Code de gestion des pesticides prévoit que l’utilisation de ces produits ne peut se faire à moins d’un mètre d’un fossé et de trois mètres d’un cours d’eau.

Des constats d’infractions allant de 500 $ à 30 000 $ pourraient être donnés.

Les autorités municipales se penchent aussi sur le dossier, informe le directeur général de la municipalité, Louis Verhoef.

Un avis de non-conformité a d’ailleurs été émis par courriel le 5 juillet. Le propriétaire de la plantation de soya est ainsi avisé que l’autorisation de la Ville sera nécessaire avant d’utiliser à nouveau ce dangereux pesticide.

Le règlement municipal relatif aux pesticides et aux fertilisants stipule que « l’épandage et l’utilisation de tout pesticide et fertilisant par un utilisateur sont interdits partout sur le territoire de la municipalité y compris à moins de 100 mètres de distance de toute source d’eau potable municipale ainsi que toute surface gazonnée ou aménagée ».

Une exception agricole est autorisée, mais seulement pour « enrayer des plantes nocives » nuisibles « à une exploitation agricole véritable et continue », peut-on lire dans le règlement adopté en février 2010.

« On devra regarder notre règlement, fait valoir le directeur général de Waterloo, Louis Verhoef, en entrevue. À tout le moins, il y a une coquille dans notre règlement. Lorsqu’il a été adopté, en 2007, [le règlement stipulait que] la personne qui utilise ce produit-là, même s’il l’utilise de façon légale, doit se procurer un permis. Lors de l’adoption de la dernière version en 2010, cette partie-là a été enlevée. Je ne sais pas pour quelle raison. On va regarder le règlement pour voir s’il y a autre chose qui peut être ajouté. Il y aura sûrement un avis de motion qui va être déposé pour corriger cette situation. »

M. Verhoef croit également que le département de l’urbanisme a fait du bon travail depuis que la situation a été communiquée à la Ville. Un inspecteur adjoint s’est rendu sur place à ce moment-là.

Le dossier est encore ouvert. Des vérifications sur le respect des règles qui encadrent les exceptions permettant l’utilisation de pesticides sur les terres agricoles sont en cours. Au terme de l’enquête, la Ville pourrait décider de sévir.

Monsanto, qui a commercialisé le Roundup, a été condamné, vendredi dernier, à payer près de 290 millions de dollars de dommages à un jardinier américain. Le jury a déterminé que Monsanto avait agi avec « malveillance » et que son herbicide Roundup et sa version professionnelle RangerPro, avaient « considérablement » contribué à la maladie du plaignant, atteint du cancer, révèle l’Agence France-Presse. Il accusait la multinationale d’avoir caché la dangerosité de ces produits.