Le maire Pascal Bonin et le président de la Fraternité des policiers et policières de Granby, Frédéric Boulet, ont signé la nouvelle convention collective des policiers.
Le maire Pascal Bonin et le président de la Fraternité des policiers et policières de Granby, Frédéric Boulet, ont signé la nouvelle convention collective des policiers.

La Ville de Granby s'entend pour sept ans avec ses policiers

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Les relations houleuses entre la Ville de Granby et ses policiers sont définitivement chose du passé. Un nouveau contrat de travail d’une durée de sept ans a été entériné par les deux parties. Fait à noter: il a été conclu six mois avant l’échéance de l’actuelle convention collective.

«On a tourné une page sur des relations de travail qui, au fil des ans, n’ont pas toujours été faciles», a commenté d’emblée le président de la Fraternité des policiers et policières de Granby, Frédéric Boulet, lundi à l’occasion d’un point de presse.

«C’est une première dans l’histoire de la municipalité. Je sens qu’on a vraiment tourné une page», a confirmé le maire, Pascal Bonin.

À une époque, le recours à l’arbitrage était devenu monnaie courante entre la Ville de Granby et ses policiers pour établir les contrats de travail. Et souvent, ces contrats étaient déjà échus au moment de leur conclusion.

La nouvelle convention collective couvrira la période du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2027. Une entente de principe a été conclue au terme de huit rencontres entre les représentants de la Ville et de la Fraternité des policiers et policières. Cette entente a été entérinée à l’unanimité lors d’une assemblée syndicale tenue le 11 juin dernier, précise M. Boulet.

Selon lui, la communication a été au coeur de cette négociation. Une communication qui est d’ailleurs présente depuis l’arrivée en poste en 2018 du directeur de service de police, Bruno Grondin.

«Ça a été la prémisse de cette nouvelle façon de travailler, de communiquer. Ça a commencé directement dans l’enceinte du travail. Et ça a eu tous les avantages qu’on espérait avoir. Ce lien de communication s’est élargi et finalement, tout le monde se parle», dit le président de la Fraternité.

Rattrapage salarial

Frédéric Boulet affirme que le rattrapage salarial par rapport aux autres corps policiers de la province était un des enjeux de la négociation. Les augmentations salariales consenties en tiennent donc compte. Elles seront de 2,5%, en plus de 0,75% à titre de rattrapage salarial, pour les années 2021 et 2022, de 2,5%, en plus d’un rattrapage de 0,5%, en 2023 et de 2%, en plus d’un rattrapage salarial de 0,5% en 2025, 2026 et 2027.

Les plages horaires sont aussi modifiées à la gendarmerie afin de mieux répondre à la population, en plus de maximiser la couverture policière en conservant la semaine régulière de travail à 37,8 heures. La conciliation travail-famille s’en trouvera facilitée, est-il souligné.

Un nouveau statut d’emploi, celui de policier auxiliaire, est par ailleurs ajouté. Cela permettra par exemple à des policiers temporaires depuis quelques années de continuer à progresser.

«C’est un outil supplémentaire pour l’employeur pour faire de la rétention chez ses policiers temporaires. (...) Il y a un certain moment dans la convention où ils deviennent des policiers auxiliaires et augmentent leurs avantages, tout en demeurant très flexibles au niveau de leurs horaires», explique Frédéric Boulet.

Population gagnante

Le maire Bonin estime que la population granbyenne ressort gagnante de l’entente conclue avec les policiers.

Celui-ci affirme que la Ville donne par ailleurs, avec cette entente, son plein appui à son service de police. «Il y avait toujours une question en suspens avec la SQ. Mais je pense qu’avec la longueur de la convention et ce qui vient d’être signé, c’est aussi un statement», dit-il.

La crise sanitaire a aussi démontré la pertinence d’un corps policier municipal, croit le maire. «Quand il y a des événements plus difficiles, moins normaux, ça a des avantages énormes pour la population d’avoir son propre corps de police. Je pense qu’on s’est très bien tiré d’affaire, grâce, entre autres, à ce travail-là. On a vu qu’une de leur force, c’est l’adaptabilité», dit-il.

Le directeur du service de police, Bruno Grondin, affirme que la bonne entente qui règne désormais est un des objectifs qu’il s’était fixés lorsqu’il est entré en poste. «On a débuté les négociations un an d’avance parce qu’on voulait prendre le temps de bien faire les choses, de les écouter et de connaître les besoins réels du personnel. Ça a été fait dans le respect et dans un calendrier qui nous permettait de bien travailler», se réjouit-il.