La Ville de Granby a fait l’acquisition des terrains qui ceinturent le Collège du Mont-Sacré-Coeur. L’édifice du Collège, les terrains adjacents et le cimetière sont toutefois exclus de la transaction.
La Ville de Granby a fait l’acquisition des terrains qui ceinturent le Collège du Mont-Sacré-Coeur. L’édifice du Collège, les terrains adjacents et le cimetière sont toutefois exclus de la transaction.

La Ville de Granby fait l’acquisition des terrains du Mont-Sacré-Coeur

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Transaction majeure à Granby : la Ville a conclu une entente avec la Corporation Maurice-Ratté pour acquérir et protéger, au coût de 2,2 millions $, les vastes terrains du Collège Mont-Sacré-Coeur. La superficie visée comprend le massif de l’érablière, les vergers, ainsi que les champs de culture.

« Précisons que cette entente exclut l’acquisition de l’édifice du Collège Mont-Sacré-Coeur, des terrains adjacents et du cimetière et qu’elle ne modifie aucunement la vocation et les activités scolaires de l’établissement scolaire et celles du Complexe sportif Artopex », a déclaré la Ville par voie de communiqué mardi matin. 

« C’est une acquisition historique, à la hauteur des Boisés Miner, dans une certaine mesure », a réagi le directeur général de la Ville, Michel Pinault, tout en affirmant que l’endroit fait office de « carte postale de la ville de Granby ». 

« C’est un des coups les plus fumants qu’un conseil de ville n’a pas fait depuis longtemps. Ce sont les terrains les plus prestigieux de la municipalité. On s’assure qu’il n’y aura jamais de développement », lance pour sa part le maire, Pascal Bonin.  

Réunis en séance préparatoire lundi soir, les élus ont siégé séance tenante, à l’occasion d’une séance extraordinaire, pour approuver l’entente avec la Corporation Maurice-Ratté. 

Selon Michel Pinault, ce n’est toutefois pas d’hier que la Ville a entrepris des démarches pour acquérir le cinquième plus grand terrain vert au sein de son territoire urbanisé afin d’en assurer la protection. Les premières discussions avec les Frères du Mont-Sacré-Coeur ont été initiées en 2013, sous l’ancienne administration municipale.  

L’objectif en est un de conservation, réitère par ailleurs le DG. Avec son zonage institutionnel, le site, pour lequel des promoteurs ont également manifesté de l’intérêt, avait une « relative protection », dit-il.

« Mais la meilleure protection qu’une ville peut avoir sur son territoire, c’est d’en (du terrain) être propriétaire. À l’instar des Boisés Miner, il y aura certainement des gestes concrets qui seront posés pour assurer la pérennité de la protection de ce territoire-là. (...) On regarde différentes façons de le faire », ajoute le directeur général. 

Emblématique

Dans le détail, la Ville fait l’acquisition de 2 042 441 pieds carrés, au coût de 1,35 $ le pied carré, pour un total de 2 267 171 $. Cette somme sera acquittée sur quatre ans par le biais d’autant de versements égaux, sans intérêt. Aucun emprunt n’est nécessaire, précise Michel Pinault. 

« Lors de la subdivision, la Corporation sera tenue d’acquitter les frais de parc qui représentent un montant d’environ 223 000 $ », est-il précisé dans le sommaire décisionnel remis aux élus, dont les médias ont obtenu copie. 

La Ville sera aussi responsable de reconduire les ententes pour l’exploitation de l’érablière et du verger, en plus de reprendre à son compte toute obligation quant à l’entretien du chemin d’accès. À court terme, les ententes actuelles se poursuivent toutefois. 

À titre comparatif, le site a une superficie de 35,96 hectares, alors que les Boisés Miner en comptent 75,5 et le parc Terry-Fox, 45. 

Il est par ailleurs relevé dans le sommaire décisionnel que le terrain « représente un intérêt sur les plans urbanistique et emblématique, et constitue indéniablement un paysage culturel patrimonial de la Ville à conserver ». 

« Si on a déjà comparé les Boisés Miner au Central Park de New York, on peut certes comparer le Mont Sacré-Cœur au Mont Royal, dans une certaine mesure. (...) Pour la Ville de Granby, c’est un site emblématique qui doit demeurer tel quel. On ne doit pas l’altérer. On doit le mettre en valeur et le rendre accessible à la communauté », lance Michel Pinault.

La Ville de Granby a fait l’acquisition de la parcelle 1, démontrée sur ce plan.

Projets communautaires

Aux yeux de Pascal Bonin, l’endroit pourra faire office de « terrain de jeu » pour les prochains conseils municipaux. « Le souhait du conseil actuel, c’est de lui donner une vocation très communautaire, très agriculture urbaine, et de redonner éventuellement les vergers et les champs à la population. Nos petits-enfants aussi pourront en profiter. C’est un leg immense que le conseil a fait », déclare-t-il. 

« Différents projets communautaires cogitent », avance le directeur général de la Ville. 

Il n’est pas exclu que les jardins communautaires du Montplaisant, appelés à disparaître pour faire place à la construction d’une école primaire, puissent par exemple y avoir des lopins de terre. « Ça peut faire partie d’un territoire qui pourrait être propice à ce genre d’activité-là », confirme Michel Pinault.       

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Celui-ci précise par ailleurs que des discussions devront être réalisées avec les responsables du Collège, une fois la transaction complétée, car la Ville a notamment dans ses cartons un projet de reconfiguration de l’intersection de la rue Denison et de l’entrée du Collège, de même qu’un autre pour l’aménagement d’un réseau de mobilité active.     

Heureux

Le directeur général du Collège Mont-Sacré-Coeur, Claude Lacroix, n’a pas participé aux négociations, mais il a dit mardi se réjouir de la transaction qui permettra de protéger pour plusieurs décennies l’écrin vert qui ceinture l’institution d’enseignement privée. 

Selon lui, le Collège collaborait déjà avec la Ville dans le cadre de différentes ententes pour l’utilisation des terrains de tennis, de soccer ou de disc golf. « Ça va être une plus grande collaboration. Et c’est avec un partenaire avec qui ça fonctionne bien. Ce n’est pas quelque chose qui m’inquiète », dit-il. 

« Nous sommes enchantés que la Ville de Granby fasse l’acquisition du terrain du Collège Mont-Sacré-Coeur. Nous avons ainsi la conviction que le site demeurera protégé et que l’ensemble de la population continuera d’en bénéficier », a pour sa part déclaré par voie de communiqué frère Donald Bouchard, premier conseiller provincial de la communauté religieuse des frères du Sacré-Cœur.