Sabrina Godcher, une des employées de la SPA des Cantons, s’apprêtait lundi à aller vérifier l’état de la situation dans un parc de Cowansville.
Sabrina Godcher, une des employées de la SPA des Cantons, s’apprêtait lundi à aller vérifier l’état de la situation dans un parc de Cowansville.

La SPA des Cantons commence à patrouiller les rues

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
Les employés de la SPA des Cantons patrouillent maintenant les rues et les parcs de Cowansville, St-Césaire et Farnham. Armés d’une liste d’adresses et de parcs, les patrouilleurs s’assureront que les règlements municipaux sont respectés. Ils seront aussi équipés d’une caméra corporelle afin d’enregistrer leurs informations et monter des dossiers plus solides encore, au cas où ceux-ci se retrouveraient devant les tribunaux.

Une telle patrouille avait vu le jour à Saint-Césaire après qu’une femme ait été attaquée par des chiens agressifs, en 2019, alors que des citoyens étaient devenus nerveux face aux autres chiens.

«Cette année, on essaie de faire ça de façon permanente. On a monté une liste d’adresses de patrouille, indique le directeur de la SPA des Cantons, Carl Girard. On a des quartiers où on a beaucoup de problèmes. Veut, veut pas, on travaille souvent auprès des mêmes personnes. On a des adresses ciblées. On sait que, quatre fois par année, par exemple, on a des plaintes à telle adresse parce que la personne se fout des voisins et qu’il laisse son chien lousse. Les patrouilleurs passent à ces adresses-là et note l’heure, l’adresse et s’ils ont donné des avertissements. Si c’est le cas, à qui. On compile ça pour remettre des statistiques aux villes.»

Le projet en est à ses premiers pas et l’organisme tente de trouver un programme qui lui permettra de connaître l’historique des interventions en entrant simplement le nom de la personne concernée. Si elle a déjà reçu des avertissements, une contravention sera donnée.

Un sergent du poste de Brome-Missiquoi de la Sûreté du Québec a participé à la préparation des patrouilleurs de la SPA, avec qui ils échangeront des informations. Par exemple, lundi matin, la Ville de Cowansville a communiqué une situation récurrente dans un parc à la Sûreté du Québec, qui a transmis l’information à la SPA des Cantons.

Une partie de ce parc serait souvent utilisé par les propriétaires de canidés comme un parc à chien, ce qui n’est pas la vocation des lieux. À la fois les policiers et un patrouilleur de la SPA iront constater la situation à des moments différents et travailleront de pair.

M. Girard souhaite également se faire plus présent pour prévenir les récidives d’attaques de chien. «Je ne connais pas de dossiers graves qui ne sont pas des récidives», note-t-il. L’augmentation de la présence de la SPA des Cantons sur les routes est donc une façon de rassurer la population. Ces trois villes ont un contrat annuel avec la SPA des Cantons. Les patrouilles seront plus régulières d’ici deux à trois semaines.

Les patrouilleurs de la SPA des Cantons seront bientôt dotés de caméra de corps.

Des caméras de corps

L’organisme de Cowansville s’apprête également à équiper tous ses patrouilleurs de caméra de corps, comme certains policiers. Avant de se lancer dans ce projet-pilote, Carl Girard s’est assuré de la légalité de telles caméras auprès d’un procureur et de la SQ.

«Souvent, on a des menaces. On se fait donner de fausses informations. Le nœud du problème est toujours l’identification des gens et du chien. On va donc s’assurer que notre preuve est béton s’il y a des contraventions. Les dossiers vont rarement devant la cour, mais j’habitue mes patrouilleurs à travailler comme il faut et, s’il faut se rendre en cour, il faut que tout soit bien monté.»

Présentement, une première caméra de corps est testée. Si l’essai est concluant, le contrôleur animalier dotera toute son équipe de la caméra choisie.

Prêts à intervenir

Carl Girard ne chôme pas durant les semaines de confinement. Non seulement il donne de la formation tous les jours à son personnel, mais il a aussi préparé de l’équipement pour pouvoir intervenir rapidement dans une maison où une personne serait atteinte de COVID-19.

Si une personne vivant seule doit être hospitalisée en raison de la COVID-19 et qu’elle a des animaux à la maison par exemple, l’équipe de la SPA des Cantons pourra aller les chercher pour les héberger en toute sécurité jusqu’au retour de leur propriétaire.

Les sacs d’équipement contiennent un survêtement répondant aux normes, un masque à cartouches couvrant tout le visage — utilisé en général dans les cas d’accumulation compulsive —, des gants et des couvres bottes. «Ça me surprendrait qu’on s’en serve, mais je ne veux pas prendre de chance», indique Girard.

«On a aussi regardé ce que ça prenait pour laver les animaux rapidement. On le fait systématiquement depuis quelque temps. On ne prend pas de chance.»

Un pulvérisateur permet d’asperger le poil de l’animal d’un produit non toxique pour l’animal. Ils sont ainsi aspergés avant d’être embarqués dans le véhicule et les chiens sont ensuite lavés à leur arrivée à la SPA des Cantons pour s’assurer qu’ils ne transportent pas le virus.