« On a toujours des baisses de niveaux durant l’été. Mais la nappe se recharge toujours l’automne. Sauf cette année. C’est notre pire automne de recharge depuis 2006, quand on a ouvert l’usine de filtration », explique Richard Breton, responsable du réseau d’aqueduc de Roxton Pond.

La situation de l'eau potable demeure préoccupante à Roxton Pond

Le réseau d’aqueduc de Roxton Pond n’a plus besoin d’être alimenté par des camions-citernes remplis d’eau potable de Granby. Les puits de la municipalité sont maintenant en mesure de répondre aux besoins des citoyens, mais la situation demeure préoccupante.

En date de vendredi, le niveau d’eau des trois puits de la municipalité atteignait près de 76 mètres. Il augmente de quelques centimètres tous les jours, note Richard Breton, responsable des réseaux d’égouts et d’aqueduc.

« Ça remonte tranquillement, mais pas assez à notre goût. [...] On n’a rien réglé, on est à la limite. On ne peut pas redescendre en bas de ça. »

La nappe phréatique qui alimente les trois puits de la municipalité ne s’est pas rechargée au niveau espéré par les autorités durant l’automne. « On a toujours des baisses de niveau durant l’été. Mais la nappe se recharge toujours l’automne. Sauf cette année. C’est notre pire automne de recharge depuis 2006, quand on a ouvert l’usine de filtration », explique M. Breton.

Le fonctionnaire s’interroge déjà sur le niveau de la recharge au printemps. « Est-ce que ce sera assez pour nos puits ? Il faut attendre. En 2017, le niveau est remonté jusqu’à 120 mètres. On était parti de 96 mètres. Là on va partir de 76 mètres. C’est une grosse côte à remonter », illustre-t-il.

Du 5 septembre au début du mois de décembre, la municipalité a acheté de l’eau potable de la Ville de Granby pour s’assurer que ses citoyens en aient assez. Durant les mois de septembre et d’octobre, à raison de 160 000 litres trois fois par jour, six fois par semaine, des camions-citernes ont rempli le réservoir souterrain de l’usine de filtration de Roxton Pond. En novembre, la fréquence des livraisons a été réduite de moitié.

L’achat d’eau potable a coûté 80 701 $ à la municipalité, a indiqué vendredi le maire Pierre Fontaine. Le conseil a pu puiser le montant à même une réserve dédiée à son réseau d’aqueduc, a-t-il dit. En fait, l’argent provient des revenus de la taxe de service d’aqueduc. Les utilisateurs paient toujours un léger surplus pour tenir compte d’imprévus.

« Ça n’affectera pas le compte de taxes des citoyens. Mais on doit trouver une solution permanente. Ça fait deux ans qu’on vit avec une inquiétude », souligne-t-il.

L’administration municipale fonde beaucoup d’espoir sur le potentiel des deux nouvelles sources d’eau souterraine trouvée cette année. Des tests de quantité et de qualité de l’eau seront menés au retour de la période des Fêtes, a dit M. Fontaine. Les résultats détermineront si les deux nouveaux puits pourront alimenter l’usine de filtration.

Double enjeu

L’enjeu est double pour la municipalité, a signalé le maire. D’abord, pour confirmer aux citoyens qu’ils auront assez d’eau. Puis pour assurer le développement économique de la municipalité, a-t-il dit.

« Comme les autres municipalités, on veut continuer de grossir. On veut que des familles viennent s’établir chez nous. Ça nous prend de l’eau. La base de l’économie, c’est l’eau. »

Pour l’heure, le réseau est capable de fournir un peu plus de 550 mètres cubes d’eau par jour sans affecter le niveau de renouvellement des puits. La demande se situe entre 500 et 525 m3, a dit M. Breton.

La municipalité a fait parvenir en août et septembre des avis de réduction de la consommation d’eau. Le premier n’a pas permis de réduire la consommation globale qui dépassait les 600 m3 par jour. Le deuxième a été plus respecté, a dit M. Fontaine, alors que la consommation a chuté à 500 m3, avec certains moments à 475 m3. « Les gens ont vraiment collaboré. On a besoin d’eux pour gaspiller moins d’eau. »