Le maire de Stukely-Sud, Patrick Leblond, n’a pas apprécié les interventions de certains citoyens lors de la période de questions leur étant allouée ; il a donc réclamé la levée de la séance du conseil.

La séance du conseil de Stukely-Sud se termine en queue de poisson

La rencontre mensuelle du conseil municipal de Stukely-Sud s’est conclue de façon abrupte, lundi soir, après que le maire Patrick Leblond ait ordonné la levée de la séance. L’élu n’a pas apprécié les interventions de certains citoyens lors de la période de questions leur étant allouée.

« Impoli », « grossier », « dictateur » : les insultes fusaient dans la salle. Estomaqués, mais surtout choqués de voir les membres du conseil municipal ajourner la séance publique et quitter la salle sous une pluie de protestations, plusieurs citoyens qui attendaient leur tour pour prendre la parole ont échangé des regards consternés.

La seconde période de questions s’est notamment articulée autour du vote unanime des conseillers à propos d’une demande de validation architecturale pour construire une maison modulaire et une demande d’amendement au règlement de zonage pour permettre l’aménagement d’une dizaine d’unités de location « prêt-à-camper » sur des propriétés appartenant à l’entreprise du maire, le Domaine des Cantons.

Si au moment du vote sur ces mesures, M. Leblond a déclaré son intérêt et s’est levé de la table du conseil, le conseiller Charles-Édouard Lavallée, employé et résident du Domaine des Cantons, est toutefois demeuré à son siège et s’est prononcé en faveur des deux mesures, recommandées par le comité consultatif d’urbanisme (CCU) dont il fait également partie.

François Viens, un citoyen ayant fait partie du CCU pendant plusieurs années avant d’en être remercié par la municipalité, en avril, a souligné le fait que le conseiller s’était prononcé alors qu’il se retrouvait en situation potentielle de conflits d’intérêts.

À LIRE AUSSI: Table rase au comité d’urbanisme de Stukely-Sud

« Nous on dit qu’il n’a pas d’intérêt là-dedans », a rétorqué le maire Leblond du tac au tac, visiblement agacé de cette intervention.

Interrogé par La Voix de l’Est, M. Lavallée a confirmé avoir pris part aux délibérations du CCU sur les demandes de son employeur et collègue à l’hôtel de ville. « Mais je n’ai jamais subi de pression », a-t-il fait valoir à l’assemblée.

Revenant à la charge, M. Viens a réitéré que tant les élus que les membres du CCU devaient se retirer lors de discussions sur des dossiers qui les touchent ou qui peuvent les placer dans une situation conflictuelle.

« Chaque fois que vous prenez la parole, c’est pour affirmer quelque chose de négatif sur la municipalité », a répliqué M. Leblond, reprochant au citoyen son « manque de vision constructive » avant de demander qu’un élu propose la levée de la séance, ce qui a provoqué l’ire des Diligents présents.

Un citoyen ayant demandé l’anonymat a fait savoir mardi après-midi qu’une plainte avait été déposée à la Commission municipale à la suite de cet événement.

En mai dernier, un reportage de La Voix de l’Est mentionnait que ni M. Leblond ni M. Lavallée ne s’étaient retirés, à au moins deux reprises, lors de votes sur des recommandations du CCU touchant le Domaine des Cantons. 

À LIRE AUSSI: Apparences de conflits d’intérêts à Stukely-Sud

Un autre article rapportait que la conseillère Véronique Stock avait voté en faveur de l’octroi de contrats à l’entreprise Excavation Normand Jeanson Inc., dont elle est employée, mais aussi la belle-sœur du propriétaire. Depuis, celle-ci déclare son intérêt sur les points qui touchent son employeur, tout comme son collègue au conseil, René Pépin.

À LIRE AUSSI: Apparences de conflits d’intérêts à Stukely-Sud: une troisième élue en cause 

Résidences touristiques : un registre sera tenu

Plus tôt, la question de permettre les gîtes touristiques et les résidences de tourisme dans la zone RUR-4 a de nouveau suscité de vives réactions parmi les citoyens présents, alors que le conseil municipal a adopté les règlements municipaux modifiant les usages et le zonage ayant fait l’objet d’une demande de registre le mois dernier.

Un avis de motion pour un autre règlement concernant les demandes de permis pour faire un usage touristique d’une propriété, entre autres, a aussi été déposé.

À LIRE AUSSI: Résidence touristique à Stukely-Sud: un registre demandé

Des inquiétudes sur ces points à l’ordre du jour avaient été soulevées lors de la première période de questions, mais le maire Leblond s’était fait rassurant. « Ce n’est pas un piège, c’est une procédure dont on pourra parler à la deuxième période de questions, quand on aura passé à travers l’ordre du jour », a-t-il affirmé.

Après l’adoption des règlements, la directrice générale Louisette Tremblay a expliqué que les citoyens ne pouvaient pas s’exprimer sur des projets de règlement. Le conseil municipal a donc adopté les règlements pour permettre la tenue d’un registre en bonne et due forme, a-t-elle fait valoir.

La fonctionnaire a désormais 45 jours pour tenir ledit registre. Un avis public sur la date prévue devrait être diffusé sur le site Internet de la municipalité, de même que des informations sur les personnes habiles à voter.

Certains citoyens ont remis en doute la pertinence du processus étant donné qu’ils sont nombreux à ne pas vouloir que le projet aille de l’avant. « Qu’est-ce qui nous empêche d’y mettre un terme maintenant ? » a demandé François Rhéaume.

« On va laisser la population décider de façon démocratique », a répondu M. Leblond.