Francis Couture a voulu débattre des circonstances qui ont mené à la fin d’un contrat qu’il avait avec la Ville.

La séance du conseil de Granby tourne au vinaigre

Fin de séance houleuse du conseil municipal de Granby lundi soir. Le ton a monté entre un entrepreneur, qui était sous contrat avec la Ville, et le maire Pascal Bonin. L’altercation s’est même poursuivie quelques minutes dans la salle du conseil, une fois la séance levée de façon abrupte.

« Arrête de pleurer et va t’en chez vous », a lancé le maire à Francis Couture de Couture et Verdure, qui a continué à l’interpeller, alors qu’il avait quitté la table du conseil.

Juste avant, Pascal Bonin avait mis un terme à la séance du conseil, tandis que M. Couture se trouvait au micro pour débattre des circonstances de la fin d’un contrat qu’il avait avec la Ville pour l’entretien d’espaces verts.

Le dossier est entre les mains des services juridiques, car la Ville considère que Francis Couture a refusé d’exécuter un contrat qu’il avait obtenu en 2016 et qui était renouvelable annuellement pour deux saisons supplémentaires aux mêmes conditions.

M. Couture a cependant affirmé que des changements avaient été apportés au contrat et il a déploré l’attitude de certains employés municipaux dans le dossier. « J’adore votre façon de tourner l’histoire. Je suis suspendu à vos lèvres. C’est formidable de voir la vraie histoire et comment vous tournez ça », a lancé le maire Bonin.

Affirmant en avoir « assez entendu », il a mis fin à la séance, même si l’entrepreneur affirmait avoir d’autres questions.

Inexactitudes
L’échange verbal, parfois musclé, entre les deux hommes s’est toutefois poursuivi quelques minutes dans la salle du conseil, où les élus et citoyens présents semblaient surpris de la tournure des événements, alors que ce genre de scène est plutôt rare.

Le conseiller Jocelyn Dupuis a invité à un moment l’entrepreneur à ne pas insister. Mais celui-ci l’a ignoré et a continué à essayer de faire valoir son point. « Vous m’avez déclaré en défaut sans savoir quoi que ce soit », a lancé celui qui a qualifié le maire de « baveux ».

Sébastien Picard, un ami de Francis Couture, a pour sa part déploré durant la période de questions qu’un contrat pour l’entretien d’espaces verts, présentant des coûts de quelque 80 000 $ plus élevés que le précédent contrat de Couture et Verdure, ait été accordé à un nouveau soumissionnaire au cours de la soirée. « On aurait pu s’éviter ça, pour peut-être une réunion qui a mal tourné », a laissé tomber M. Picard.

« Je n’ai aucun respect pour ce qu’il a fait ce soir. Essayer de venir intimider le conseil de ville, ce ne sera pas sous ma gouverne », a déclaré le maire aux médias au terme de la séance du conseil, affirmant que la version de M. Couture présentait plusieurs « inexactitudes ».

Selon Pascal Bonin, la Ville n’a pas « flushé » M. Couture. C’est plutôt ce dernier qui, selon lui, aurait avisé la Ville par écrit qu’il n’allait pas honorer son contrat. « Il l’avait, le contrat. Il était à lui. Il n’avait qu’à le faire. Le restant, ce sera les avocats de la Ville qui le géreront », a lancé le maire.