Une vingtaine de parents et de représentants d’écoles se sont succédé au micro pour exprimer leur mécontentement aux représentants de Val-des-Cerfs.

La révision des secteurs scolaires fait des mécontents

Les messages d’amour ont été rares, mardi soir, alors que se tenait une séance de consultation au sujet des modifications projetées dans les secteurs scolaires à Granby.

Une vingtaine de parents et de représentants d’écoles se sont succédé au micro de l’auditorium de l’école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc pour exprimer leur mécontentement aux représentants de la commission scolaire du Val-des-Cerfs. Tous ont déploré que les modifications proposées — et qui pourraient entrer en vigueur en 2019 — impliquent que des élèves du primaire changeront d’école, parfois même de ville.

C’est le cas d’enfants du sud-ouest de Granby qui pourraient avoir à fréquenter l’école primaire de Saint-Alphonse-de-Granby et non plus l’école de l’Assomption. Gina Minier, du conseil d’établissement (CE) de l’Assomption, a comme tous les intervenants plaidé pour le statu quo, soulignant que les parents touchés « paient leurs taxes à Granby ».

De nombreux parents dont les enfants doivent passer de l’école Saint-Bernard à l’école Sainte-Famille se sont eux aussi braqués. L’appel à un « droit acquis » — qui permettrait aux élèves déjà en place de ne pas avoir à changer d’école, et que seuls les nouveaux arrivants auraient à fréquenter Sainte-Famille — a été entendu plus d’une fois.

« Le conseil d’établissement doit vivre avec l’insécurité et la tristesse de parents d’élèves », a indiqué Marie-Claude Devost Roy, présidente du CE de Saint-Bernard.

« Mon garçon devra faire sa 5e et 6e année dans une autre école. Ça n’a pas de bon sens », a dit une mère, Marie-Pierre Nadeau. « On pense à déménager. C’est fort payer pour une famille. »

Président du CE de Saint-André, Ghislain Morin a déploré que son établissement soit fortement touché par les changements proposés. « Où est votre logique ? », a-t-il demandé, alléguant que des élèves ont déjà eu à subir de deux à trois changements d’école et que la commission scolaire a pour mandat de minimiser le nombre de déplacements.

« Vous jouez aux dominos avec nos enfants », a ajouté son collègue au CE de Saint-André Steve Pelletier. Les prévisions démographiques établies par Val-des-Cerfs ont aussi été remises en question, tout comme la capacité de la commission scolaire à communiquer clairement ses propositions.

Rien n’est décidé
Le directeur général de Val-des-Cerfs, Éric Racine, a rappelé en début de séance que rien n’était coulé dans le béton et que la commission scolaire tiendrait compte des commentaires entendus et des mémoires déposés, comme elle l’a fait dans le passé.

« Il y aura une réflexion additionnelle après vos interventions de ce soir », a-t-il dit. La date limite pour déposer un mémoire est fixée au 27 février.

La révision proposée des secteurs scolaires touche près de 450 élèves des écoles primaires de l’Assomption, Ave-Maria, Eurêka, Saint-Bernard, Sainte-Famille, Saint-André, de l’Étincelle et Phénix. Cet exercice récurrent découle des variations démographiques, des développements domiciliaires et de la modification annoncée pour les trois écoles secondaires de Granby, qui accueilleront toutes des élèves de la 1re à la 5e année à la rentrée 2019.

« On espère que ça sera bon pour les cinq à sept prochaines années », a dit Éric Racine en entrevue.