Avec le recul, la plus grande fierté que Gilles Bachand retient de presque deux décennies à la tête de l’organisme est le fait d’avoir su le faire grandir en développant son offre de services et en lui trouvant un nid, « tout ça avec une belle équipe de bénévoles extraordinaires ».
Avec le recul, la plus grande fierté que Gilles Bachand retient de presque deux décennies à la tête de l’organisme est le fait d’avoir su le faire grandir en développant son offre de services et en lui trouvant un nid, « tout ça avec une belle équipe de bénévoles extraordinaires ».

La révérence d’un gardien de l’Histoire

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
L’heure de la (presque) retraite a sonné pour Gilles Bachand. Après 19 ans à la présidence de la Société d’histoire et de généalogie des Quatre Lieux (SHGQL), l’historien a récemment tiré sa révérence. Il demeurera toutefois membre du conseil d’administration de l’organisme, pour lequel il agira également à titre de chargé de projets.

Nos origines et le patrimoine ont toujours fasciné l’Abbotsfordien d’adoption, qui a d’ailleurs complété une formation universitaire en histoire et en archivistique. Un intérêt « viscéral », dira le principal intéressé, 75 ans, qui ralentit la cadence pour voyager avec son épouse et pour passer davantage de temps avec sa fille et ses trois petits-enfants.

Déjà, dans les années 1980, l’historien a participé à la fondation d’un comité patrimonial à Saint-Damase, où il demeurait alors. De fil en aiguille, il est devenu un conférencier apprécié des sociétés d’histoire, ce qui l’a mené un jour à celle qui s’intéresse au vécu des Quatre Lieux : Rougemont, Saint-Césaire, Ange-Gardien et Saint-Paul-d’Abbotsford. « De fil en aiguille, j’ai fini par y déménager et je suis devenu membre de la société d’histoire autour de 1994 ou 1995 », se souvient M. Bachand, qui a par la suite rejoint le conseil d’administration de l’organisme en 1998.

Deux ans plus tard, M. Bachand s’est présenté à une rencontre d’administrateurs de la SHGQL avec l’intention de démissionner de ses fonctions. Il en est plutôt ressorti avec la présidence.

Démocratiser l’histoire

Avec le recul, la plus grande fierté que Gilles Bachand retient de presque deux décennies à la tête de l’organisme est le fait d’avoir su le faire grandir en développant son offre de services et en lui trouvant un nid, « tout ça avec une belle équipe de bénévoles extraordinaires ». Résultat, en deux décennies, la SHGQL est passée d’une vingtaine de membres à environ 180, un chiffre stable depuis quelques années.

« Au départ, on n’avait pas de local. On ne faisait qu’organiser des conférences de temps à autre et publier de petites choses. C’était une organisation qui demeurait surtout le fait d’un cercle restreint de personnes. Il fallait être plus ouverts. »

Plus ouverts donc, pour démocratiser la recherche en histoire et en patrimoine.

Pour attirer plus de nouveaux membres, M. Bachand a eu l’idée de créer une publication mensuelle leur étant destinée et qui leur apprendrait chaque fois de nouveaux faits historiques sur la région. C’est ainsi que Par monts et rivières est née, une revue imprimée à 250 exemplaires dont tout près de 190 numéros ont été publiés à ce jour.

« Je me suis épanoui avec ce projet », reconnaît le président, qui y a signé de nombreux textes et qui continuera à le faire, en plus d’ajouter quelques titres à sa collection personnelle qui compte déjà plus d’une douzaine d’ouvrages.

Un projet qui, le souligne-t-il à gros traits, est encore possible grâce aux commandites des municipalités et des nombreux partenaires privés qui s’annoncent dans la revue. « Ça nous permet de payer notre loyer et notre revue », dit-il.

Dénicher un local pour accueillir les modestes archives de la Société — à l’époque elles étaient contenues dans quelques classeurs à peine — n’a pas été une mince affaire. « On voulait trouver un endroit qui servirait de lieu de rencontre où les gens pouvaient découvrir nos archives », se rappelle M. Bachand.

Le repaire de l’organisme a d’abord été aménagé dans le bâtiment des loisirs de Saint-Paul-d’Abbotsford, au moment où ces services étaient gérés par le privé. Au tournant des années 2010, lorsque la municipalité a repris la gestion des loisirs, elle a fait part de son souhait à la SHGQL de céder son local à un autre organisme. Résultat : la société devait déménager ses pénates, ce qu’elle a fini par faire à l’étage de la caisse populaire après avoir reçu une offre généreuse du propriétaire des lieux. La Maison de la Mémoire, rue Codaire, y est toujours aujourd’hui, bien qu’un peu à l’étroit.

En effet, la SHGQL a accumulé énormément de documents au fil du temps. Elle en possède aujourd’hui plus de 10 000 — certains étant des « trésors », note M. Bachand —, en plus de photographies. Les connaissances d’archiviste du président fut alors fort utiles, lui qui a aidé à instaurer un système de classification pour s’y retrouver.

Un jour, il faudra déménager à nouveau, croit M. Bachand. Mais pas avant d’avoir trouvé un endroit suffisamment spacieux et dont les caractéristiques permettront la conservation optimale des artefacts. « Je continue de rêver qu’un jour, une de nos municipalités construira une belle bibliothèque avec un espace pour nous... » confie-t-il.

Place à la relève

M. Bachand a aussi voulu utiliser les technologies pour permettre aux archives d’être exploitées à leur plein potentiel. D’abord, grâce à une subvention du gouvernement fédéral, la société d’histoire a pu mettre sur pied son premier site Web. Aussi, depuis 2019, le catalogue de ses archives est entièrement disponible en ligne, après un travail de fond s’étant étiré sur neuf ans. La prochaine étape ? « Numériser tous nos documents. Mais ça, ça ne sera pas moi qui vais le faire », affirme Gilles Bachand, avec le sourire.

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Celui qui chapeautera cette nouvelle étape s’appelle Gilles Laperle, qui succède à M. Bachand à la tête de la société d’histoire. « On est très chanceux, relève le président sortant. On a un C.A. renouvelé avec des gens plus jeunes et engagés, amoureux de l’histoire et du patrimoine. »