C’est l’heure de la retraite pour le sergent Sylvain Landry, après 33 ans de service à Granby.

La retraite pour le sergent Sylvain Landry

Policier à moto. Moniteur en emploi de la force. Instructeur à l’École nationale de police. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la carrière du sergent Sylvain Landry a été bien garnie. Après 33 ans au sein du Service de police de Granby, l’heure de la retraite a sonné pour lui.

Le futur retraité a fait son arrivée au poste de police de la rue Simonds la même année que sa construction a été complétée, en 1984. Après ses études en techniques policières et sa formation à l’École nationale de police à Nicolet, il a été embauché au sein du service granbyen. 

« À l’époque, il n’y avait pas de policiers temporaires. Quand tu rentrais, c’était pour remplacer un agent qui partait à la retraite, explique le policier qui quittera ses fonctions le 31 janvier. Je viens de Granby, j’ai passé ma vie ici. Je voulais vraiment m’établir. »

Défis

La carrière de policier n’était pas son premier choix. Il rêvait plutôt d’être vétérinaire, mais un ennui de santé lui a fait rater ses premières semaines au cégep et a mis fin à son projet. Il a alors opté pour sa deuxième option. « Je suis un gars sportif. J’aime ça bouger. J’aime les défis, que ce soit physique. Je n’aime pas nécessairement faire des choses répétitives. Mon rêve était de faire partie d’un GTI [groupe tactique d’intervention] », raconte-t-il. 

Sa carrière de policier, principalement comme patrouilleur notamment à moto, a été riche. Pendant 17 ans, il a été policier-pompier avant que les services soient scindés en deux entités distinctes. 

Le sergent Landry est également devenu responsable de l’équipe d’entrée dynamique qui est sollicitée lors d’une frappe pour s’introduire dans un bâtiment et y surprendre les suspects. « Je planifie la stratégie d’intervention, comment on va faire l’approche. Ça demande de la minutie », explique-t-il. 

Quand le risque est évalué de moyen à élevé ou qu’on soupçonne la présence d’armes, le mandat est confié au groupe tactique d’intervention de la Sûreté du Québec. 

Enseignant heureux

L’enseignement a occupé une grande partie de sa carrière. « Quand je suis allé à Nicolet, j’ai eu la piqûre pour devenir instructeur », dit-il. Pendant cinq ans, il a été libéré de ses fonctions à Granby pour y enseigner. « C’est une expérience hyper gratifiante », affirme le sergent Landry, qui a aussi participé quelques mois à la révision du programme des aspirants policiers. 

Le moniteur en emploi de la force — ils sont deux au Service de police de Granby — a aussi collaboré à peaufiner un plan de formation plus structuré auprès des agents granbyens. « Les policiers sont mieux formés, c’est plus adéquat », dit-il. 

Métier difficile

De nombreuses interventions ont marqué sa carrière. Les enfants et la mort sont parmi celles qui ne sont pas « évidentes à supporter », affirme-t-il, en racontant quelques-unes de ces interventions, dont la mort d’un nourrisson victime du syndrome du bébé secoué. 

« C’est important que les gens sachent qu’il est prouvé que comme policier, en trois ans de travail, tu vois autant de situations bouleversantes, stressantes et potentiellement traumatisantes qu’une personne normale dans toute sa vie », illustre le policier âgé de 55 ans. 

Mais il a aussi vécu de belles expériences, notamment à Vancouver lors des Jeux olympiques en 2010. Membre d’un groupe de sécurité, il avait pour mandat de s’assurer que les véhicules qui pénétraient sur l’un des sites de compétition ne dissimulaient ni armes ni bombes. « Ça a été une super expérience », dit-il. 

Le sergent Landry estime que certains citoyens n’ont pas une perception exacte du travail des policiers. Il aime d’ailleurs éduquer la population sur leur mandat. « Les gens ne réalisent pas la complexité du travail. Ils croient que c’est facile. Tu les croises et ils ont toujours quelque chose à te dire, ils te passent toutes sortes de commentaires », dit-il. 

« On est surveillé par tout le monde. La déontologie, le bureau des enquêtes indépendantes, tout le monde qui te filme sur la route, les cellulaires, renchérit-il. Tu ne peux pas faire un pas de travers, mais on est des humains, pas des robots. C’est difficile parfois. »

Évolution

Au cours des trois dernières décennies, il a constaté une évolution à plusieurs niveaux. « Quand j’ai commencé, j’avais un revolver avec six balles de plus, une paire de menottes et un radio. Aujourd’hui, c’est le pistolet, les chargeurs, le bâton télescopique, l’arme à impulsion électrique », énumère le policier. 

« Ça évolue et c’est nécessaire, poursuit-il. Les problèmes sociaux ont changé. Les problèmes de santé mentale sont énormément présents dans notre travail. Il y a les gens intoxiqués. Toutes les contraintes par la douleur dans nos techniques ne s’appliquent pas pour ces personnes. »

La voiture de patrouille n’est aussi plus équipée de la même façon. Elle possède désormais un ordinateur, un défibrillateur cardiaque et une panoplie d’outils. Il y a 30 ans, elle n’était équipée que d’une radio de communication, de sirènes et gyrophares.

Bref, il n’a pas manqué d’action pendant sa carrière ! « J’ai eu une carrière incroyable », estime le futur retraité.