Robert Desmarais, directeur général du CLD et de la MRC Brome-Missisquoi, lors de l’AGA du CLD, mardi.
Robert Desmarais, directeur général du CLD et de la MRC Brome-Missisquoi, lors de l’AGA du CLD, mardi.

«La reprise devrait bien aller», estime le CLD Brome-Missisquoi

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
«Heureusement, avant la crise, nos entreprises étaient en très grande majorité en bonne santé financière. Ça nous fait dire que la reprise devrait bien aller.» Robert Desmarais ne doute pas que la majorité des entreprises de Brome-Missisquoi survivront à la crise actuelle. Plus de 120 ont demandé des informations pour obtenir un prêt d’urgence.

La MRC Brome-Missisquoi avait demandé au gouvernement provincial, la semaine dernière, à obtenir une enveloppe plus volumineuse pour le programme d’aide d’urgence aux PME puisque les estimations étaient beaucoup plus élevées que la somme reçue de 941 202 $.

«On va manquer d’argent dans notre première enveloppe, mais le gouvernement nous a dit qu’on aurait d’autres enveloppes, assure le directeur général du CLD et de la MRC. On ne sait pas combien, mais on va ravoir de l’argent. C’est important que les entreprises ne se disent pas qu’elles ont manqué leur coup. Au-delà de l’aide financière, les entreprises nous appellent pour avoir des informations et de l’accompagnement aussi.»

Selon Denis Beauchamp, directeur du développement économique au CLD, d’autres possibilités s’offrent aux entrepreneurs pour garder leur entreprise à flot. Une équipe au CLD est dédiée à orienter les entrepreneurs vers les programmes gouvernementaux mis à jour régulièrement. M. Beauchamp remarque tout de même que les entreprises semblent avoir un bon flux de trésorerie.

Reprise

Le bilan du CLD pour 2020 risque d’être très différent des années passées. Le rôle de l’organisation sera d’accompagner les entreprises dans leur redémarrage afin que tout se déroule bien.

«On pense que les entreprises vont pouvoir saisir l’opportunité de la pandémie pour innover au niveau des ressources humaines parce que les employés vont vouloir revenir travailler s’ils ont vraiment le sentiment qu’il y a un milieu de travail sécuritaire, mais aussi au niveau du commerce en ligne, croit M. Desmarais. Et la troisième innovation qu’on souhaite pour les entreprises manufacturières c’est au niveau de l’automatisation. Le fait que les entreprises ne pourront pas permettre aux employés de travailler de façon rapprochée pourrait leur permettre d’automatiser des processus.»

Denis Beauchamp ne croit pas que le virage électronique qu’ont pris les commerces de la région nuit à leur réouverture. Les entreprises tardaient à prendre ce virage, souligne-t-il. La crise sanitaire n’a qu’accéléré le processus chez les entrepreneurs. Ce type de commerce permet au contraire de créer un lien avec les commerçants derrière les produits grâce à la visibilité que les plateformes offrent et ce lien perdurera après la crise.

Les sections regroupant les commerces de Brome-Missisquoi sur les plateformes maturin.ca, pour l’alimentaire, et lachatlocal.com seront d’ailleurs bientôt actives.

Le tourisme, lui ?

L’industrie touristique est très forte dans la région de Brome-Missisquoi. Mais qu’en est-il de ce secteur économique durant la crise ? Le gouvernement Legault n’avait toujours rien annoncé au sujet des restaurants, de l’hébergement, des activités récréotouristiques ou agroalimentaires ou encore le plein air mercredi.

«Le ministère du Tourisme est en train de faire son plan pour faire en sorte que les Québécois, cette année, fassent du tourisme intraquébec. On veut profiter de ce mouvement-là, tout en maintenant la distanciation physique pour sécuriser tout le monde», indique Robert Desmarais.

«L’ensemble des associations sectorielles travaille avec la ministre du Tourisme Caroline Proulx pour déposer un modèle qui serait viable du point de vue de la santé publique, reprend M. Beauchamp. C’est à suivre, mais je pense que ça va être morceau par morceau, région par région, pour s’assurer que ça se passe correctement. Il y a peut-être une opportunité extraordinaire.»

«Au niveau touristique, on vivait une situation depuis une dizaine d’années où on dépensait trois fois plus à l’extérieur du Québec que ce que les étrangers dépensaient chez nous. On avait un déficit important au niveau de cette industrie. Si les Québécois ne dépensaient que le tiers de leur budget de vacances au Québec, on serait capable d’équilibrer la perte des revenus du tourisme étranger.»

Ils espèrent que, bientôt, il sera possible de voyager de région en région pour encourager les entreprises de l’industrie touristique.

Comme la population a été conditionnée à rester chez eux sauf pour les déplacements essentiels, il y aura du travail à faire pour accepter l’arrivée de touristes dans la région.

«Il va falloir que les locaux acceptent qu’on a une industrie touristique importante et qu’on ait besoin de ces touristes-là pour venir dans les stations de montagne, jouer au golf, faire de l’équitation, faire du nautisme, etc., relève M. Desmarais. Il va falloir avoir une tolérance pour recevoir, mais va falloir que les gens qui viennent respectent les mesures de sécurité.»