Le président de la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec section Granby, Jean Papineau, craint que le nouveau contrat de service décrété par le gouvernement entraîne des répercussions pour la population.

La réforme du secteur ambulancier suscite des inquiétudes

Le syndicat des paramédicaux de Granby déplore à son tour la réforme du ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Tout comme la Corporation des services ambulanciers du Québec (CSAQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ), il craint que la qualité des services à la population en soit affectée.
Le nouveau contrat de service du gouvernement provincial prévoit notamment des compressions budgétaires de 40 millions de dollars par année, tel que publié dans la Gazette officielle la semaine dernière. 
Le directeur général de la CSAQ, Denis Perrault, qui regroupe près de 90 % des entreprises ambulancières du Québec, déplore cette décision.
Selon la CSAQ, le nouveau contrat de travail compromettra la qualité des services à la population, exercera un contrôle contractuel excessif sur des entreprises privées indépendantes et réduira les marges de manoeuvre pour le renouvellement des conventions collectives. 
Qui plus est, les entreprises verront leur budget amputé de 23 %, ce qui pourrait les mener à la faillite technique, a déploré le regroupement, la semaine dernière, par voie de communiqué. 
Bris de service
La CAQ abonde dans le même sens. Le député et porte-parole de la CAQ en matière de santé, François Paradis, a fait savoir dans un communiqué acheminé aux médias que certaines entreprises risquent de mettre la clé sous la porte dans presque toutes les régions du Québec, ce qui entraînera des bris de service. 
Le député s'inquiète principalement des patients et familles pour qui les services ambulanciers, particulièrement dans les régions éloignées, sont essentiels. 
Ces inquiétudes sont aussi partagées par le président de la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec section Granby, Jean Papineau. Celui-ci craint que le problème actuel du manque d'ambulances s'aggrave et que la population en fasse les frais. « Le manque d'ambulance, ça ne date pas d'hier », dit-il. Selon lui, les coupures entraîneront une hausse du délai d'intervention et parfois, l'absence d'ambulance sur le territoire, ce qui se produit déjà à l'occasion. 
À l'heure actuelle, trois ambulances sont en service le jour à Granby. « Saint-Hyacinthe ou Drummondville, des villes comparables, ont un véhicule de plus que nous », cite-t-il en exemple. Et si des entreprises sont contraintes de disparaître, dit-il, le fardeau sera plus important pour certaines compagnies qui devront pallier la disparition de ces entreprises. 
Le ministre nie
Le ministre a nié ces allégations, lundi. M. Barrette a expliqué qu'un rapport commandé sur les services ambulanciers avait conclu qu'ils coûtaient trop cher au gouvernement et qu'il pouvait donc réduire les subventions qu'il leur verse. 
Le ministre assure que selon les informations dont il dispose, les entreprises ambulancières n'auront pas à faire faillite et auront les moyens de dispenser leurs services comme auparavant, et de conclure les conventions collectives­ avec leurs employés.
- Avec la Presse canadienne