À la mi-mars 2017, l’Escouade régionale mixte de Granby avait procédé au démantèlement d’un laboratoire de production de drogues de synthèse de taille moyenne sur la rue Arbour, à Farnham.

La prison pour un producteur de méthamphétamine

Après avoir plaidé coupable d’avoir produit de la méthamphétamine ainsi que d’en avoir eu en sa possession en vue d’en faire le trafic, le Farnhamien Benoit Decelles devra passer les cinq prochaines années derrière les barreaux.

Le juge Érick Vanchestein de la Cour du Québec a en effet condamné le quadragénaire à sept ans de prison, peine de laquelle il a retranché les 20 mois et 18 jours passés en détention provisoire. Il reste donc 63 mois et 12 jours à purger au prévenu, qui a connu sa sentence le 14 juin dernier. M. Decelles, qui est détenu depuis son arrestation, devra également se soumettre à un prélèvement d’un échantillon d’ADN et il lui sera interdit de posséder une arme à feu pendant dix ans.

M. Decelles et une femme dans la quarantaine avaient été arrêtés à la mi-mars 2017, lorsque l’Escouade régionale mixte de Granby avait procédé au démantèlement d’un laboratoire de production de drogues de synthèse de taille moyenne en plein cœur d’un secteur résidentiel de Farnham. Une opération qui s’était étirée sur plusieurs jours, qui avait nécessité l’intervention de 25 à 30 personnes et qui avait coûté près de 30 000 $, peut-on lire dans le jugement.

Les activités illicites avaient cours dans le garage d’une maison de la rue Arbour. Celle-ci a fait l’objet d’une perquisition ayant mené à la saisie de 7508 de comprimés de méthamphétamine, de recettes de fabrication de cette drogue, de 34 pièces d’équipement, de plusieurs kilos de produits chimiques sous forme liquide, en pâte et en poudre, ainsi que de la somme de 4000 $.

Le rapport présentenciel de l’accusé indique qu’il a accepté de produire de la métamphétamine pour payer des dettes contractées auprès d’un prêteur sur gages qu’il n’a pas réussi à rembourser. Le père de trois enfants aurait en effet connu des années difficiles après avoir été condamné pour conduite avec les capacités affaiblies, en plus d’avoir connu un épisode de jeu compulsif et de consommation « excessive » d’alcool et de drogues.

Peine « dissuasive »
Alors que la Couronne réclamait une peine d’emprisonnement exemplaire allant de huit à dix ans, l’avocat de M. Decelles souhaitait que son client se retrouve à l’ombre deux fois moins longtemps, étant donné qu’il n’était pas impliqué dans une organisation criminelle et que son rôle dans cette affaire s’était limité à la production de drogue dans un laboratoire clandestin qu’il tenait.

Avant de rendre sa décision, le juge Vanchestein a pondéré les facteurs aggravants et atténuants du dossier. Il relève que la production de métamphétamine « a créé un risque d’atteinte à la santé et à la sécurité des personnes de moins de 18 ans présentes à proximité des lieux » ainsi qu’un « risque d’atteinte à la sécurité publique dans un secteur résidentiel ». Le rapport présentenciel fait toutefois état d’un risque de récidive.

En contrepartie, le magistrat a relevé que M. Decelles avait immédiatement plaidé coupable aux accusations qui pesaient contre lui et qu’il souhaitait se réhabiliter. Il a d’ailleurs participé à plusieurs formations durant sa détention provisoire. L’absence d’antécédents en la matière, malgré quelques déboires avec la justice en lien avec la conduite automobile, a aussi été prise en compte.

En conséquence, sept ans moins le temps passé en détention préventive constitue aux yeux du juge une peine « suffisamment dissuasive pour l’accusé et suffisamment exemplaire pour envoyer le message à ceux qui songeraient à s’impliquer dans ce type d’activités ».