Les faits reprochés se sont déroulés en février 2018, alors que l’appartement de l’avenue du Parc où demeurait le Granbyen a fait l’objet d’une perquisition.

La prison pour un criminel endurci

Des condamnations pour 131 crimes distincts entre 1984 et 2014, en plus de 43 condamnations pour bris d’engagement ou bris de probation n’auront pas suffi à convaincre un vendeur de drogue de fermer boutique. En conséquence, Denis Imbeau passera les 30 prochains mois à l’ombre.

Criminel de carrière, M. Imbeau a plaidé coupable d’avoir eu en sa possession de la méthamphétamine, de la résine de cannabis et du cannabis en vue d’en faire le trafic.

Les faits reprochés remontent à février 2018, alors que l’appartement de l’avenue du Parc où demeurait le Granbyen avait fait l’objet d’une perquisition aux petites heures du matin. Le va-et-vient constant au logement situé à l’angle de la rue du Centre avait fait dire à un citoyen du secteur qu’il s’agissait d’un véritable « dépanneur » à stupéfiants.

La rafle avait permis aux policiers de saisir 42 comprimés de méthamphétamine, un peu moins de 95 g de cannabis, un peu plus de 121 g de résine de cannabis, de la prégabaline, des comprimés d’acétaminophène disposés dans des contenants autres que ceux dans lesquels ils sont vendus, 10 comprimés de laxatif, 24 timbres ressemblant à des buvards, trois balances électroniques, deux armes à air comprimé ressemblant à des armes de poing, de couteaux, un faux billet de 100 $ américain et près de 1800 $ en argent comptant canadien.

« Message clair »

C’est pour « lancer un message clair à l’accusé ainsi qu’aux autres intéressés à se livrer à des activités semblables aux siennes » que le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, a choisi la sentence proposée par la Couronne plutôt que la suggestion de la défense, qui réclamait une période de probation assortie à des travaux communautaires.

Aux dires du magistrat, la preuve amassée contre le prévenu était « accablante ». « Multirécidiviste, déjà condamné en semblable matière, reprise rapide et à long terme des activités, trafic en présence de l’un de ses enfants, type de drogue, quantité saisie, cure de désintoxication bien peu impressionnante, retour en société douteux, etc. », énumère le juge qui dit déduire que « l’accusé est un criminel d’habitude » n’ayant rien appris de ses passages précédents devant le tribunal ou en prison.

Selon le juge Champoux, l’aveu de culpabilité de M. Imbeau constitue le « seul aspect positif du portrait fait de lui » au cours des observations sur la peine, alors que le quinquagénaire, qui s’était volontairement soumis à une cure de désintoxication dont les résultats sont mitigés, a fourni des explications « farfelues » sur l’origine des pilules saisies chez lui, et rejette la faute de ses gestes sur autrui. Le trafiquant, sans emploi stable depuis plusieurs années, a d’ailleurs laissé entendre qu’il comptait mettre un terme à ses activités illicites au moment où il a été arrêté, ce qui n’a pas convaincu le juge.