Avant d’être arrêté en mai 2018, Wilfrid Pelletier, 73 ans, avait été condamné en 2006 et en 2010 pour conduite avec les facultés affaiblies. L’homme a aussi été arrêté en juin 2016 alors qu’il était au volant et que cela lui était interdit.
Avant d’être arrêté en mai 2018, Wilfrid Pelletier, 73 ans, avait été condamné en 2006 et en 2010 pour conduite avec les facultés affaiblies. L’homme a aussi été arrêté en juin 2016 alors qu’il était au volant et que cela lui était interdit.

La prison pour l’empêcher de conduire

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Wilfrid Pelletier doit être «un homme extrêmement malchanceux» si les deux occasions au cours desquelles il a été arrêté pour avoir pris le volant malgré une interdiction de conduire étaient des cas isolés et d’une extrême urgence, a ironisé le juge Serge Champoux, qui n’a pas cru une seconde la version de l’accusé. Pour ses récidives, le septuagénaire prendra la route des cellules pour un mois, après quoi il devra observer une probation d’un an.

À son procès dont l’audience a eu lieu en juin dernier, Wilfrid Pelletier a plaidé coupable d’avoir conduit un véhicule automobile en mai 2018, à Sutton, malgré une ordonnance de la cour datant d’octobre 2017 lui interdisant de le faire. Cette interdiction a été renouvelée immédiatement en vertu de ce plaidoyer de culpabilité.

M. Pelletier, 73 ans, avait été condamné en 2006 pour conduite avec les facultés affaiblies, une infraction pour laquelle il a payé une amende de 850 $. Cela ne l’a pas empêché de récidiver quatre ans plus tard, ce qui lui a valu une autre amende en 2015, cette fois de 1700 $, de même qu’une première interdiction de conduire.

L’homme avait toutefois été arrêté en 2016 alors qu’il était au volant et que cela lui était interdit. Il a alors récolté une nouvelle amende de 2000 $, de même que le renouvellement de l’interdiction de conduire, qu’il a pourtant bafouée de nouveau en mai 2018.

Précisons également que le véhicule de Wilfrid Pelletier est doté d’un antidémarreur avec éthylomètre.

Quant à sa consommation d’alcool, le principal intéressé a prétendu qu’elle était pratiquement nulle et que son problème s’était résorbé en 2012. Depuis, il consommerait un peu de vin avec sa conjointe pendant le repas du soir, à raison d’une fois par semaine.

Un hasard trop beau pour être cru

M. Pelletier a raconté au juge qu’il a besoin de conduire pour se rendre à des rendez-vous médicaux, aussi bien pour lui qui a soigné un cancer il y a quelques années, que pour son épouse qui a des problèmes respiratoires et de plus en plus de réticence à conduire.

Il a indiqué s’être rendu travailler chez un ami à Sutton le jour de son arrestation. Il a mentionné être arrêté faire le plein dans la municipalité, puisque l’essence y est moins chère, et en a profité pour acheter deux canettes de bière qu’il a placées dans la console centrale de son véhicule.

Celles-ci n’avaient pas été consommées au moment de son interpellation par les policiers.

Selon l’accusé, ses arrestations de 2016 et de 2018 ont eu lieu aux deux seules occasions où il a contrevenu à l’ordonnance de la cour lui interdisant de conduire.

Un hasard difficile à croire, a mentionné le magistrat.

«Wilfrid Pelletier est tout de même un homme très malchanceux. Aux deux seules occasions où il conduit alors que cela lui est interdit, il est arrêté. Pire, à la dernière occasion, celle dont je suis saisi, il a de la bière dans le véhicule dont au moins une canette est dans la console centrale de celui-ci. Je souligne qu’il s’agit de bière alors qu’il dit plus tôt dans son témoignage ne consommer que du vin et encore, une fois par semaine seulement», a indiqué le juge Champoux, qui reconnaît accorder peu de crédibilité à l’accusé.

Peine «clémente»

En condamnant celui-ci à un mois de prison, le juge Champoux s’est rangé du côté de la poursuite plutôt que de la défense, qui suggérait une amende ou une peine dans la collectivité, avec ou sans travaux communautaires.

Mais le magistrat croit peu au pouvoir dissuasif des amendes. «La seule conséquence préoccupant les accusés est l’interdiction de conduire ou, pire, la prison», a-t-il mentionné.

De plus, si une interdiction de conduire ne suffit pas à empêcher Wilfrid Pelletier de prendre le volant, «il y a lieu de traiter avec une certaine sévérité ce type d’infraction», dit le juge, trouvant la peine d’emprisonnement de 30 jours qu’il a prononcée clémente, mais réaliste compte tenu de l’âge avancé de l’accusé et de son rôle de proche aidant.