Selon une toxicologue judiciaire, le taux élevé d’alcoolémie de Yaël Lemieux (au centre) l’empêchait de réagir au volant de façon normale.
Selon une toxicologue judiciaire, le taux élevé d’alcoolémie de Yaël Lemieux (au centre) l’empêchait de réagir au volant de façon normale.

La preuve de la poursuite est close au procès de Yaël Lemieux

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
La preuve de la poursuite est close au procès d’une femme accusée d’avoir causé la mort d’un agent correctionnel de Cowansville, Francis Wadieh Badir, en octobre 2017 à Saint-Césaire.

On reproche à Yaël — anciennement Cathy — Lemieux, 50 ans, d’avoir conduit sa voiture en état d’ébriété le soir du crime allégué. La femme de Longueuil avait dérapé, puis sectionné une glissière de sécurité sur l’autoroute 10, et un morceau s’était retrouvé dans la voie inverse.

La voiture conduite par la victime de 43 ans avait ensuite heurté ce morceau, traversé le terre-plein central et frappé de plein fouet une autre automobile. Selon des témoins, M. Wadieh Badir est mort sur le coup.

Mardi, la Couronne a fait entendre le dernier des 11 témoins qu’elle a appelés à la barre à ce procès qui se tient par intermittence au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

La victime, Francis Wadieh Badir.

Chimiste et toxicologue judiciaire, Geneviève Huppé a rappelé que le manque d’attention était la première conséquence d’une conduite en état d’ivresse. Selon les échantillons prélevés à la suite de l’accident, Mme Lemieux affichait plus du double de la limite d’alcool permise dans le sang, soit 203 mg par 100 ml de sang (la limite légale est de 80 mg).

La défense conteste toutefois que l’accusée avait les capacités affaiblies et que celles-ci auraient pu avoir un lien avec l’accident.

Or, selon Mme Huppé, le «taux élevé» d’alcoolémie de Yaël Lemieux l’empêchait de réagir de façon normale. Les mauvaises conditions routières qui prévalaient ce soir-là ont aussi nui à sa conduite.

Possible théorie

La toxicologue judiciaire a jugé possible la théorie de la défense voulant que l’accusée n’avait rien bu depuis le début de l’après-midi, le jour de l’accident. «Mais il faudrait qu’elle ait bu beaucoup à ce moment-là», a indiqué Mme Huppé en répondant aux questions de Me Sabrina Labrie, du ministère public.

En défense, Me Valérie Riendeau et Me Anne-Geneviève Robert ont commencé à faire entendre un expert en reconstitution d’accident, Olivier Bellavigna-Ladoux. En tout, elles auront fait témoigner cinq personnes, dont leur cliente. La cause se poursuit mercredi et les parties doivent livrer leurs plaidoiries finales.

Le juge Benoît Gariépy, de la Cour du Québec, rendra sa décision par la suite. Yaël Lemieux s’expose à une peine maximale de prison à vie si elle est trouvée coupable de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort. Elle n’a pas d’antécédent judiciaire.