La démission de la présidente de la SEHY, Sophie Veilleux, sera effective à compter du 30 juin.
La démission de la présidente de la SEHY, Sophie Veilleux, sera effective à compter du 30 juin.

La présidente et le vice-président du SEHY annoncent leur départ

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
La présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY), Mme Sophie Veilleux, ainsi que le premier vice-président, M. Martin Laboissonnière, ont annoncé mercredi qu’ils quitteraient leurs fonctions à compter du 30 juin.

Après 8 ans comme enseignant libéré ayant porté la cause syndicale des 1785 professeurs qui travaillent dans la commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC), dont 1550 permanents, Martin Laboissonnière a choisi de ne pas demander un autre mandat. Il avait vécu une première vie syndicale de 2005 à 2008.

«Mon mandat se termine le 30 juin 2020, et cette journée sera ma dernière en tant que premier vice-président du SEHY», indique-t-il dans sa missive de départ.

«Je ne vous cacherai pas que le décès de mon collègue, Éric Bédard, l’an passé m’a affecté. J’ai décidé de continuer suite à son décès, mais cette année, je vous dirais que je suis usé», a-t-il déclaré lorsque contacté par La Voix de l’Est, mercredi soir. Une usure qu’il attribue au deuil d’un collègue estimé, qui s’ajoute à un nombre considérable d’années à défendre bec et ongle les enseignants dans un contexte où, critique-t-il, «il n’y a aucune considération [de la part de la CSVDC] pour la profession d’enseignant».

La démission de la présidente, Sophie Veilleux, sera en vigueur à partir de la même date, après cinq ans à titre d’enseignante libérée au SEHY. «Durant toutes ces années, j’ai tenté, du mieux que j’ai pu, d’améliorer les conditions de travail et de protéger les droits des membres du SEHY et des enseignants en général. J’ai essayé de convaincre les enseignants qu’ils ont des droits, qu’un contrat est un contrat et qu’on n’a pas à se sentir mal d’exiger que les deux parties le respectent. J’ai essayé de faire comprendre aux enseignants qu’ils sont eux aussi importants», mentionne-t-elle dans sa lettre de départ.

Dans sa lettre, adressée aux membres du SEHY, elle déplore un manque de solidarité parmi le corps enseignant «qui accepte des injustices comme s’il n’y avait rien à faire».

Après 8 ans comme enseignant libéré ayant porté la cause syndicale des 1785 professeurs qui travaillent dans la Commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC), Martin Laboissonnière a choisi de ne pas demander un autre mandat.

«Je ne suis malheureusement plus capable d’être témoin du mépris de certains représentants de la CSVDC à l’égard des enseignants. Je ne suis plus capable de recevoir les reproches de membres du SEHY pour des décisions prises par la CSVDC», ajoute-t-elle.

Même son de cloche du côté de Martin Laboissonnière. «Il faudrait, minimalement, que les enseignantes et enseignants commencent par se respecter eux-mêmes et, ensuite, se respecter entre eux. C’est notre principale faiblesse. Et ça, Val-des-Cerfs, notamment, le sait très bien», affirme-t-il dans sa lettre de départ.

«J’ai eu la chance de travailler avec deux collègues que je n’oublierai jamais. Martin Laboissonnière et Éric Bédard sont deux personnes desquelles je conserverai toujours un excellent souvenir. Ils m’auront beaucoup appris sur la chose syndicale, et nous avons partagé une grande complicité», témoigne Sophie Veilleux.

Il n’a pas été possible de recueillir les commentaires de Mme Veilleux, mercredi soir.

Retour à l’enseignement

Les deux ont fait le choix de retourner à l’enseignement. «J’aurai le plaisir de retrouver des élèves que je pourrai voir évoluer et grandir tout au long de l’année. Je continuerai à faire le

maximum pour faire valoir mes droits. Je pourrai aussi offrir une maman présente et disponible à mes enfants, Victoria, 6 ans et Édouard, 9 ans, qui m’ont beaucoup partagée avec le SEHY depuis cinq ans», déclare Mme Veilleux dans sa lettre avant de remercier les membres et le comité exécutif du SEHY pour leur confiance et les procureurs du bureau Rivest Schmidt.

«Je quitte le SEHY la tête haute avec le sentiment d’avoir fait tout ce que j’ai pu avec les moyens que j’avais. Je garderai de bons souvenirs de cette époque de ma vie», conclut-elle.

La Voix de l’Est n’a pas pu obtenir les réactions de la CSVDC mercredi.