Les gens dévoués à cette cause, qui «sont très motivés à faire diminuer le taux de suicide dans la région», lui manqueront certainement, affirme Yves Bélanger, qui sait toutefois que le Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska est entre de bonnes mains.

La préretraite pour Yves Bélanger

Le directeur général du Centre de prévention du suicide (CPS) de la Haute-Yamaska, Yves Bélanger, quittera ses fonctions le 31 octobre. Le processus d’embauche pour le remplacer va bon train et son successeur devrait entrer en poste en juin prochain, a-t-il fait savoir.

La décision de quitter la barre de l’organisme qu’il a d’abord dirigé de 1999 à 2003, puis sans interruption depuis 2011, n’a pas été facile, concède le principal intéressé.

« La direction du CPS m’occupait à temps partiel, et je suis aussi commissaire aux plaintes à l’Hôpital de Granby pour le CIUSSS [de l’Estrie] à mi-temps, raconte M. Bélanger. Mais la demi-tâche au CPS était devenue insuffisante pour assurer sa croissance. Et en même temps, on m’a offert une troisième journée comme commissaire aux plaintes. »

« J’ai dû faire un choix, un choix très difficile, poursuit le gestionnaire, qui s’était présenté à la mairie de Granby aux élections municipales de 2017. Je ne pouvais plus remplir mes responsabilités aux deux endroits. Ça va aussi faire office de préretraite. »

Les entrevues d’embauche pour dénicher le ou la candidate qui prendra la relève de M. Bélanger auront lieu ce jeudi. Une trentaine de candidatures, autant de la région que de l’extérieur, ont été soumises à l’appel lancé par l’organisme à la fin mars.

« On voudrait que la nouvelle personne entre en poste au début de juin, précise Yves Bélanger, qui semble satisfait de la qualité des candidatures reçues. Ça nous assurerait une période de transition de trois à quatre mois. »

Entre de bonnes mains

« Le Centre de prévention du suicide est un très bel organisme, avec un bon conseil d’administration et une belle organisation, sans oublier une cause super importante. »

Les gens dévoués à cette cause, qui « sont très motivés à faire diminuer le taux de suicide dans la région », lui manqueront certainement, affirme M. Bélanger, qui sait toutefois que l’organisme est entre de bonnes mains.

« En 2017 et en 2018, on a enregistré 17 suicides par année dans la région, au lieu des 25 qu’on recensait dans les années précédentes. C’est très encourageant, relève-t-il. Ça montre qu’on a amélioré nos méthodes de travail et que nos intervenants sont mieux formés pour détecter la détresse. »

C’est d’ailleurs là la plus grande fierté d’Yves Bélanger lorsqu’on lui demande quel accomplissement est selon lui le plus marquant de ses 12 ans à la tête du CPS.

« J’ai fait du soutien à l’équipe une priorité, dit-il. C’est important d’avoir une ambiance et un climat de travail agréables et de faire en sorte que tout le monde développe une vision collective du travail d’équipe. À mon retour, en 2011, l’organisme nécessitait un redressement des pratiques et du climat d’équipe, et je crois avoir bien rempli cette mission. »

Vers un millier de sentinelles

Le Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska peut compter sur la précieuse collaboration de quelque 500 sentinelles sur son territoire, des citoyens formés pour détecter la détresse d’autrui et pour diriger les personnes souffrantes vers l’organisme avant qu’elles ne commettent un geste irréparable.

D’ailleurs, souligne le directeur général sortant, les personnes susceptibles de tenter de mettre fin à leurs jours envoient des signaux de détresse à leur entourage dans 95 % des cas.

Même s’il ne sera bientôt plus à la barre de l’organisme, Yves Bélanger souhaite voir le nombre de ces sentinelles doubler dans les années à venir.

Les formations pour devenir sentinelle sont offertes gratuitement en entreprise, à la demande de l’employeur. Une journée suffit. « C’est comme le RCR, compare M. Bélanger. On apprend à reconnaître les signes de la détresse de quelqu’un et on est formé pour savoir comment intervenir. »