Le maire de Granby a du mal à croire que la capitale de la région ait connu une baisse de population, tel que l’indique l’Institut de la statistique du Québec, puisque 500 portes s’y construisent chaque année.

La population de Granby stagne

La région a accueilli près de 2000 nouveaux citoyens en 2018, ce qui représente une croissance deux fois moins importante que celle de l’année précédente, selon le nouveau décret de population dévoilé par l’Institut de la statistique du Québec le 1er janvier. Alors que le petit village de Brome se réjouit des résultats, Pascal Bonin se demande comment une baisse peut s’expliquer alors que plusieurs nouvelles unités sont construites annuellement à Granby.

Alors que seulement cinq municipalités avaient vu leur population stagner ou baisser en 2017, on note une baisse de population pour quinze des 42 municipalités de la région dans le tout dernier décret de population. Granby figure parmi celles qui sont en décroissance.

Le maire de Granby a déjà questionné la méthodologie de l’ISQ il y a deux ans, alors que la population de Granby avait stagné malgré les nombreux développements domiciliaires. On lui avait à l’époque répondu que la stagnation de la population était due au nombre de décès.

En 2018, la population de Granby a baissé, selon l’ISQ, de 365 personnes. « Avec plus de 500 nouvelles unités d’habitation par année, comment on peut arriver à une baisse ? C’est un mystère. Dans une unité, il y a plus que deux personnes en moyenne. Logiquement, ça apporte 1000 personnes de plus. Ça voudrait dire que le rythme de décès est incroyable… Je prends ça avec un grain de sel. »

Il faudrait aussi que la maison qui était occupée par un défunt ne soit pas revendue. Le taux d’occupation est pourtant bon à Granby, renchérit M. Bonin.

Il ajoute que le niveau de trafic augmente d’année en année. Il donne aussi l’exemple du guide du citoyen que la Ville envoie à chaque nouveau propriétaire et dont le nombre d’envois ne fait que grimper.

Sylvie Beauregard, mairesse de Cowansville

« Les gens n’ont qu’à regarder le développement du Boisé Martel, c’est impossible qu’on décroisse. »

À choisir, il préfère les chiffres qui ressortent du recensement de Statistique Canada, qui sont plus complets et précis. « Je pense que c’est le recensement qui donne la mesure la plus réaliste. »

Bromont et Cowansville grossissent

D’un autre côté, le décret de l’ISQ souligne la hausse de population à Cowansville et à Bromont. Louis Villeneuve croit que la qualité de vie de Bromont sert bien la ville, qui connaît une fois de plus une croissance de sa population. Si la tendance se maintient, elle devrait passer le cap des 10 000 citoyens d’ici un an.

Le maire rappelle d’ailleurs que la municipalité était en bonne position dans le classement de l’indice de vitalité économique.

« Je pense que Bromont est attractive parce que c’est un endroit où on a une très bonne qualité de vie, confie-t-il. On est attiré par la nature. Les gens sont très actifs, on le voit dans les sentiers. C’est ce qui m’a personnellement attiré à Bromont en 2011. C’est une communauté qui est dynamique. »

La proximité avec la troisième couronne de Montréal attire également des travailleurs qui veulent vivre un peu plus loin de la métropole.

Le village de Brome, qui accueille annuellement l’Expo de Brome, a vu sa population grimper d’une cinquantaine de personnes.

La vigueur économique avec le parc scientifique, par exemple, est aussi bénéfique pour attirer de futurs résidants.

Même s’il est satisfait de voir sa population prendre de l’expansion, il ne souhaite pas que Bromont devienne une grande ville de quelques dizaines de milliers d’habitants. « Je ne pense pas que les citoyens veulent ça. On a un plan d’urbanisme sur 15 ans qui va ajouter quelques milliers de portes, mais si on veut garder les atouts de Bromont, il faut aussi contrôler notre développement. »

Cowansville connait elle aussi une hausse populationnelle de 684 nouveaux citoyens. « Je suis bien contente, commente la mairesse Sylvie Beauregard. On a fait beaucoup de promotions. On a des gens qui arrivent de l’extérieur pour s’installer dans les deux nouveaux immeubles pour aînés et aussi dans le nouveau développement près du boulevard Pierre-Laporte. Il y a beaucoup de nouvelles portes chez nous. »

Cette promotion de Cowansville se poursuivra encore en 2019, notamment avec la stratégie de la MRC Brome-Missisquoi qui vise à attirer de nouveaux travailleurs, en réponse à la pénurie de main-d’œuvre.

Hausse de population à Brome

Le dévoilement de ces nouvelles données fait par ailleurs le bonheur de la directrice générale du village de Brome, Irena Hodorowski. Brome connait une hausse de 18,9 %. Il importe toutefois de nuancer que, comme les populations des villages sont plus petites, un plus petit nombre de nouveaux venus suffit à gonfler le pourcentage de manière plus importante. Brome aurait en réalité 48 citoyens de plus, alors que Bromont a plus de 300 nouveaux venus, ce qui représente pour une hausse de seulement 3,3 %.

Le développement Mullarkey a permis la construction de quelques maisons qui viennent bonifier le parc résidentiel de la petite communauté. « C’est quelque chose pour Brome, commente Mme Hodorowski. On est en évolution, c’est formidable. »

Louis Villeneuve, maire de Bromont

Les citoyens qui se sont installés à Brome en 2018 étaient à la recherche de la paix qu’on y trouve, tout en jouissant de la proximité avec Cowansville, Lac-Brome et Sutton. Il ne s’agit d’ailleurs pas de résidents temporaires qui cherchaient un pied à terre pour les week-ends, assure-t-elle, mais bien de résidents permanents, tant des retraités que des familles.

« On commence à avoir de plus en plus de jeunes familles de tous les âges. On attend avec impatience l’internet haute vitesse parce que ça va nous aider. On a déjà un certain nombre de télétravailleurs, mais on aimerait beaucoup offrir cette option-là à nos résidents et aux résidents potentiels. »

Le bouche-à-oreille porte ses fruits et le sens de la communauté permet au village d’être attractif.