Daphné Poulin espère porter à plus grande échelle les enjeux qui lui tiennent à cœur.

La politique par et pour les jeunes

En octobre prochain, Daphné Poulin en sera à ses premières élections au palier provincial, tant comme électrice que comme candidate. « Comme je ne savais pas pour qui voter, parce que je ne me reconnaissais pas dans les partis politiques, j’ai choisi de m’impliquer », relate-t-elle. C’est donc pour le Parti Vert du Québec que la jeune femme briguera les suffrages dans Granby, cet automne.

Ce constat est celui que dressent plusieurs jeunes de son âge, relève l’étudiante de 21 ans en philosophie à l’Université de Sherbrooke. « On a beaucoup de difficulté à se retrouver dans les candidats “traditionnels”, tant au niveau des idées que de notre tranche d’âge », allègue la Granbyenne.

« Nous sommes plusieurs jeunes à nous présenter cette fois-ci dans la circonscription, ajoute-t-elle, faisant référence à la solidaire Anne-Sophie Legault. J’ose espérer que ça va inciter les autres à s’intéresser à la politique et à aller voter. »

Éduquer et conscientiser
Impliquée dans plusieurs groupes étudiants militant entre autres pour l’environnement, le développement durable et l’égalité des sexes, Daphné Poulin espère ainsi porter à plus grande échelle les enjeux qui lui tiennent à cœur ; c’est d’ailleurs là le fondement de son implication en politique. « Ma campagne électorale me permettra de prendre des mesures pour éduquer et conscientiser la population pour en faire de meilleurs citoyens », promet-elle.

La jeune candidate souhaite d’abord une meilleure intégration des cours d’éducation sexuelle dans le cursus scolaire des enfants. Selon Mme Poulin, une trop grande partie de la population ne saisit pas encore ce que constitue une agression sexuelle et les conséquences qu’une inconduite peut avoir chez la personne qui en est l’objet. « Il faut l’implanter plus tôt, plaide-t-elle, car c’est en apprenant à avoir des relations fondées sur le respect qu’on pourra éventuellement voir disparaître des comportements inappropriés. »

La Granbyenne aimerait par ailleurs que le bénévolat fasse partie intégrante du parcours scolaire secondaire et collégial, comme cela se fait déjà dans certains programmes enrichis. « C’est une opportunité d’aider la société, croit-elle. Pour l’avoir fait moi-même durant mes études, je peux garantir qu’on apprend beaucoup à faire sa part. »

Ces initiatives ne pourront pas se concrétiser en criant ciseau. « Il faudra s’engager à réserver des fonds et offrir du soutien aux professeurs, peut-être en impliquant plusieurs partenaires, comme les organismes de la communauté », précise Mme Poulin.

L’amélioration de l’offre de transport en commun dans la circonscription, et la réduction du prix des billets pour les usagers, voire même la gratuité du service, constitue son second engagement. À Granby, il faudrait à tout le moins une ligne d’autobus à haute fréquence sur deux axes primaires de la ville pour permettre aux citoyens de se déplacer, estime Mme Poulin. « C’est difficile d’implanter l’habitude du transport en commun sans offrir d’incitatif, c’est pourquoi il faudrait que ce soit abordable et qu’il y ait une offre intéressante sur le territoire », plaide-t-elle.

Comme sa session de golf universitaire s’étirera d’août à octobre, et qu’elle entreprendra en septembre une nouvelle session de cours, l’automne s’annonce chargé pour Daphné Poulin, qui trouvera le temps de mener une campagne électorale à travers tout cela. Elle compte assurer une certaine présence sur le terrain et prendre part aux débats qui seront organisés dans la circonscription.

Elle se mesurera à François Bonnardel, ténor caquiste s’il en est un. « Je ne suis pas venue en politique pour perdre, mais je sais que gagner sera difficile. Pour moi, je pourrai crier victoire si j’ai réussi à faire connaître ces enjeux humains et à avoir aidé les citoyens à prendre conscience de ce qui se passe chez eux. »