Les débordements étaient nombreux à Granby, comme ici à l’intersection de la rue Saint-Hubert et du boulevard David-Bouchard.

La pluie s’ajoute au cocktail hivernal

La pluie abondante et le redoux ont causé des dommages et beaucoup d’inquiétude dans la région, vendredi. Les municipalités de Shefford et de Granby, notamment, ont été sur un pied d’alerte toute la journée.

Alors que des Sheffordois ont eu la mauvaise surprise de voir l’eau envahir leur sous-sol, tôt en matinée, des propriétaires de la rue de la Vallée, dans la montagne, ont été surpris par une coulée de boue au cours de l’après-midi. Miné par l’eau, le sol a littéralement glissé sur leur résidence. Trois maisons ont été concernées par l’incident, des dommages extérieurs ayant été rapportés. Il n’y a toutefois pas eu de blessé et aucune évacuation n’a été nécessaire. 

Ce sont finalement les travaux publics qui ont pris en charge la situation en remblayant les fossés pour remettre la rue de la Vallée en état.

En mi-journée, le chef des pompiers de Shefford, André Cadorette­, estimait que depuis 8h, son service avait dû répondre à une dizaine d’appels de soutien. Les inondations, selon lui, touchaient principalement les secteurs entourant le pied du mont Shefford, dont les rues Lausanne­, Catlin, Jolley et Saxby Sud. En fin de journée, M. Cadorette confirmait que le service d’incendie avait répondu à une vingtaine d’appels­ pour des résidences inondées.

Le secteur des chemins Benoit, Boulay et La Québécoise était également problématique. Lors du passage de La Voix de l’Est, l’intersection Benoit et Boulay était d’ailleurs sous surveillance, le débit de l’eau y étant particulièrement fort. 

À tous ces endroits, expliquait M. Cadorette, la neige et la glace accumulées dans les calvettes et les ponceaux ont fait déborder les fossés. «Ça et l’eau provenant de la montagne.»

En matinée, une dizaine d’équipes étaient en action, incluant les employés des travaux publics et les pompiers. Ces derniers ont été appelés à faire du pompage, aider les résidants à vider leur sous-sol et tenter, à la pelle, de dévier le ruissellement loin des résidences. 

Des pelles mécaniques appartenant à des compagnies privées ont aussi été mises à contribution pour dégager les amas de neige et de glace. 

Dans la rue Benoit, Michel Pelland­ a bien cru que son garage allait être inondé. «Ce matin, il y avait beaucoup d’eau dans la calvette. Le tuyau du drain du garage était sous l’eau. On a eu peur, car on a déjà été inondé quatre fois. Heureusement, la maison est correcte», expliquait le solide gaillard en s’affairant autour de sa propriété.

Rue Lausanne, une dame était quant à elle occupée à nettoyer les dégâts causés par l’eau à l’étage inférieur de sa propriété. Devant la maison, le terrain inondé et un boyau d’évacuation témoignaient du branle-bas de combat matinal.   

Dans la rue Saxby Sud, à Shefford, on a tenté de dégager le fossé à l’aide d’une pelle mécanique.

Secteurs critiques à Granby

À Granby, le directeur des travaux publics, François Méthot-Borduas, estimait qu’environ 80% du couvert de neige avait été perdu en raison du temps doux et de la pluie. Avec pour conséquence des accumulations d’eau importantes aux quatre coins du territoire. 

L’intersection de la rue Saint-Hubert et du boulevard David-Bouchard, le chantier du barrage du lac Boivin, le secteur de la rue de Chambly... Les débordements étaient nombreux et quelques propriétés ont également été inondées.  

«Quand les fossés sont remplis de neige, l’eau s’écoule moins bien. Jeudi, on s’est occupé des puisards et aujourd’hui (vendredi), les employés de la Ville et des entrepreneurs privés libèrent les fossés.» 

M. Méthot-Borduas a cependant affirmé que tout était sous contrôle et que son équipe agissait «par priorité». 

Quant au refroidissement et à la neige annoncés, le directeur s’est dit prêt. «Si tout gèle, le scénario ne sera pas évident. On suit ça de très près et on a un plan d’intervention», a-t-il assuré, en donnant en exemple l’épandage de sel, qui doit se faire à une température et un moment précis pour être efficace.

«On a des équipes de vigie, et du renfort est prévu.»

— Avec la collaboration de Roxanne Caron

TROIS SECTEURS À RISQUE À COWANSVILLE

Autour de 18 h, vendredi, les résidants des secteurs Vétérans, Bonnette et Saint-Rémi ont reçu une alerte pré-inondation, car la rivière Yamaska menaçait de déborder.

À 18 h 30, le niveau de la rivière s’élevait à 1 m 85. L’ordre d’évacuation générale doit être annoncé lorsque le niveau de la rivière atteint 2,50 m. La voirie et les pompiers étaient préparés à intervenir si nécessaire.

Les secteurs pouvant être inondés n’étaient pas des artères principales et comprenaient trois rues. Le directeur des services d’incendies de Cowansville, Gilles Deschamps, a indiqué en fin de journée que des poches de sable étaient en cours d’installation au pied des maisons des secteurs concernés. 

En fin de soirée, l’eau de la rivière montait moins rapidement, la température ayant baissé pour atteindre le point de congélation. Aucune évacuation n’a finalement été nécessaire. 

En ce qui concerne l’état du réseau routier, la portion de la route 202 située entre le chemin de la Carrière et la rue Marziali, à la hauteur de Bedford, a été particulièrement affectée par les inondations, ce qui a causé la fermeture complète de ce tronçon. Roxanne Caron