Lorsque les skieurs dévalent la Candiac, leurs mouvements sont détectés à l'aide d'un système de caméras lié à des projecteurs situés au sommet de cinq poteaux de lumière, sur une étendue de 500 pieds. La lumière passe du blanc au rouge.

La piste Candiac sous haute surveillance à Bromont

La piste Candiac de Bromont, montagne d'expériences prend des allures de prison durant les Nuits blanches de la station grâce au projet artistique Surveillance.
L'artiste numérique Larose veut faire prendre conscience aux gens qu'ils sont constamment sous surveillance à cause de la technologie.
« L'objectif est de réunir sport et art dans une expérience unique, résume l'artiste numérique Larose, rencontré par La Voix de l'Est pendant la Nuit blanche de samedi. Je veux également faire prendre conscience aux gens qu'ils sont constamment sous surveillance à cause de la technologie. »
Lorsque les skieurs dévalent la Candiac, leurs mouvements sont détectés par un système de caméras lié à des projecteurs situés au sommet de cinq poteaux de lumière, sur une étendue de 500 pieds. Les projecteurs les suivent tout au long de leur descente. La lumière passe alors du blanc au rouge. 
« L'idée de départ était de représenter les projecteurs de prison. En plus, ça devient une galerie d'art sur 500 pieds, ce qui n'est pas rien », image Larose - de son vrai nom Philippe Larose Cadieux, producteur et DJ dont la carrière a été propulsée durant un séjour de trois ans à Londres. 
« L'idée est de représenter le revers de la médaille de la technologie électronique : la surveillance électronique. On va se le dire : même moi, je dépends de la technologie pour pouvoir faire le projet Surveillance. Mais on a tendance à oublier que notre téléphone cellulaire, notre ordinateur et notre carte de crédit transmettent une tonne d'informations sur nous. Je veux rappeler aux gens qu'on est continuellement observés par la technologie électronique et qu'on ne peut pas y échapper, même dans les lieux où on s'y attend le moins comme une montagne de ski », précise le jeune artiste, skieur de compétition, entraîneur et entraîneur-chef par intérim au Club de Ski Bromont. 
Défis techniques
Le programme, conçu par Larose à l'aide du logiciel Max/MSP, permet de capter le mouvement des skieurs en temps réel sous forme vidéo et de le transformer en signal DMX capable de contrôler les projecteurs. Le programme lui permet aussi de prendre le contrôle des projecteurs et participer à l'expérience en direct. La couleur, l'intensité et la direction des faisceaux lumineux varient ainsi selon le mouvement des skieurs et les interventions de l'artiste. Ce grand nombre de possibilités fait de chaque descente une expérience­ unique. 
L'installation de l'équipement nécessaire au projet a demandé toute une réflexion afin que tout fonctionne. 
Une petite cabane en bois - chauffée - a été construite afin de contenir l'équipement de Larose et qu'il puisse y travailler. « La réalisation du projet Surveillance ne s'est pas faite sans défis techniques, mais grâce à la combinaison des forces et de l'expertise de plusieurs services : électricité, entretien des pistes, exploitation de la montagne », explique la directrice marketing de Bromont, montagne d'expériences, Carole-Anne Ménard.
Surveillance sera de retour dès la prochaine Nuit Blanche de la station de ski, le 21 janvier prochain. L'expérience sera répétée de 19 h à 23 h les 4, 18 et 25 février, ainsi que les 4 et 18 mars.
« D'ici là, n'oubliez pas que vous êtes surveillés », conclut Larose avec un clin d'oeil.