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Le président de l’AMOY, Jacques Bergeron, voit d’un bon oeil les mesures plus restrictives pour le temps des Fêtes annoncées mardi par le gouvernement Legault.
Le président de l’AMOY, Jacques Bergeron, voit d’un bon oeil les mesures plus restrictives pour le temps des Fêtes annoncées mardi par le gouvernement Legault.

La «pause des Fêtes» bien accueillie dans le réseau de la santé

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
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L’annonce de nouvelles restrictions pour la période des Fêtes par le gouvernement Legault, mardi, devrait permettre aux travailleurs de la santé de garder la tête hors de l’eau, a indiqué la quasi-totalité des gens du réseau interpellés par La Voix de l’Est.

Le premier ministre François Legault a annoncé aux côtés du ministre de la Santé, Christian Dubé, et du directeur national de la santé publique de la province, le Dr Horacio Arruda, une série de mesures en vigueur à partir du 25 décembre. Les deux principales restrictions sont la fermeture de l’ensemble des commerces non essentiels et de tous les établissements d’enseignement jusqu’au 11 janvier. Le président de l’Association des médecins omnipraticiens d’Yamaska (AMOY), Dr Jacques Bergeron, voit cette décision d’un très bon oeil. «C’est un timing idéal avec le temps des Fêtes. Si on fait un confinement quasi généralisé, ça permettra au réseau de la santé de reprendre du poil de la bête», a-t-il imagé.

Le président de l’AMOY met toutefois un bémol. «Les gens doivent prendre les consignes suffisamment au sérieux. Pas question de déroger. S’il y a moins de rassemblements, moins d’échanges rapprochés, ça pourrait avoir un impact significatif sur le nombre de cas. On va aplatir la courbe.»

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est (FIQ-SPSCE), Sophie Séguin, est aussi favorable aux séries de mesures du gouvernement Legault. «Tout ce qui peut permettre de faire diminuer la pression dans les hôpitaux, les cliniques est le bienvenu. Les gens l’oublient, mais on ne gère pas que des cas de COVID dans le réseau de la santé, a-t-elle fait valoir. La population a aussi besoin d’une foule d’autres soins. Mon souhait le plus cher est que l’on puisse donner un peu de répit au personnel.»

Disparité

La Voix de l’Est a questionné une dizaine de travailleuses de la santé en marge de l’annonce, en fin de journée mardi, des nouvelles mesures restrictives pour le temps des Fêtes. Le sujet ne fait toutefois pas l’unanimité.

«Mon souhait le plus cher est que l’on puisse donner un peu de répit au personnel», a indiqué la présidente de la FIQ-SPSCE, Sophie Séguin.

Micheline*, une préposée expérimentée au CHSLD Leclerc, sis à même l’hôpital de Granby, est d’avis qu’il s’agit d’un «coup d’épée dans l’eau». «Ces mesures n’enlèveront pas de pression dans le réseau de la santé. C’est évident. Il y a tellement de gens qui se rassembleront malgré l’interdiction. Le carnet de commandes de certains traiteurs est plein pour des groupes de 15 à 25 personnes.»

Marie-Claude*, une préposée aux bénéficiaires au centre d’hébergement Villa-Bonheur à Granby, abonde dans le même sens. «Les gens n’ont aucun respect pour le personnel qui travaille dans le réseau de la santé. Les égoïstes penseront à leur nombril et se rassembleront. C’est malheureux, mais même si la plupart des magasins seront fermés, la COVID va continuer de se propager.»

Mireille*, une collègue, voit toutefois les choses différemment. «Moins les gens auront d’endroits pour se rapprocher, mieux ce sera. Ça ne fera peut-être pas une grosse différence dans les CHSLD, mais le personnel qui est transféré des hôpitaux pour venir nous aider pourra peut-être rester dans leur poste original. Ça peut juste être bénéfique.»

Évelyne*, une infirmière à l’hôpital Brome-Missisquoi-Perkins de Cowansville, croit également que les mesures auront des répercussions positives pour les effectifs dans le réseau. «Je ne suis pas toujours d’accord avec les décisions du gouvernement, mais je crois que c’est une bonne chose de serrer la vis pour le temps des Fêtes. Tant que les policiers sont là pour faire appliquer les règles et punir les gens qui ne les respectent pas, ça va bien aller.»

Jade*, infirmière à l’hôpital de Granby, est partagée. «D’un côté, le gouvernement fait ce qu’il peut pour nous permettre de souffler. Et on doit l’apprécier. D’un autre côté, on voit des gens qui n’ont rien à faire des répercussions de leurs gestes dans le réseau de la santé. Est-ce que la majorité entendra raison? Je l’espère sincèrement. C’est notre santé mentale et physique qui en dépend pour les mois à venir.»

*Noms fictifs.