Les policiers ont dû intervenir après qu’une résidante du CHSLD Domaine Vittie­ et Desjardins à Granby se soit à nouveau désorganisée vendredi.

La patiente sera transférée ailleurs

Le « cauchemar » que vivaient les usagers du centre d’hébergement Domaine Vittie et Desjardins est chose du passé. La pensionnaire qui leur en a fait voir de toutes les couleurs au cours des derniers mois, notamment en tentant d’incendier l’établissement et en proférant des menaces de mort à des membres du personnel, résidera dans un endroit mieux adapté à sa condition, a appris La Voix de l’Est.

« On est tellement soulagés. La direction [du CHSLD] nous a confirmé que Magalie [NDLR : nom fictif] ne reviendra plus ici. C’était intenable de vivre en ne sachant jamais ce qui pouvait nous tomber dessus », a confié la représentante des usagers, Line Cadorette.

La vingtenaire a multiplié les frasques durant son séjour en CHSLD. Après avoir tenté de mettre le feu au centre d’hébergement le 23 janvier 2017, la jeune handicapée a menacé de mort un membre du personnel le 18 février. Une plainte officielle a été déposée en ce sens auprès du Service de police de Granby.

Après ces deux épisodes, la jeune incendiaire fut admise en psychiatrie à l’hôpital de Granby pour stabiliser son état. Elle aurait à nouveau proféré des menaces de mort à l’endroit d’effectifs du CHSLD peu de temps après son retour. Un autre dossier a été ouvert par les policiers. Étant donné la « dangerosité » de ses réactions, elle était sous la surveillance constante d’un gardien, posté près de sa chambre. Après une période d’accalmie, son comportement est devenu à nouveau incontrôlable vendredi dernier, rapportait La Voix de l’Est. Au point où l’intervention de policiers fut nécessaire pour l’appréhender et la transporter à l’hôpital par ambulance.

« Climat de terreur »
Line Cadorette est catégorique. La pensionnaire perturbée faisait craindre le pire peu avant midi vendredi. « C’était un climat de terreur. Elle disait que personne ne la comprenait. Elle a foncé dans une résidante. Elle était hystérique. Elle criait sans arrêt pendant au moins 15 minutes. Dès que quelqu’un voulait la raisonner, ça dégénérait. Elle a menacé de mort une infirmière et [la directrice du CHSLD]. On nous a même demandé de rester dans nos chambres pour notre sécurité. Pour elle et pour nous, il fallait qu’il se passe quelque chose. Ça faisait des mois qu’on nous disait qu’on cherchait un endroit pour l’accueillir. »

De son côté, la porte-parole du service de police de Granby, Caroline Garand, a confirmé qu’une femme, arrêtée vendredi au centre d’hébergement, devra faire face à des accusations de voies de fait. Elle a été libérée sous promesse de comparaître ultérieurement. D’autres accusations pourraient s’ajouter, a mentionné la représentante du corps policier. L’enquête se poursuit.

Magalie, qui souffre d’une malformation de la colonne vertébrale et se déplace en fauteuil roulant, avait plaidé coupable à une accusation de méfait en mars dernier. En plus de devoir payer une amende de 200 $ et un dédommagement de 200 $ pour les légers dégâts au bâtiment lors du début d’incendie, la jeune handicapée devait se soumettre à une probation d’un an. Il lui était également interdit de troubler l’ordre public.

La représentante du CIUSSS de l’Estrie, Geneviève Lemay, a confirmé mardi par courriel que « l’hébergement qui lui sera offert tiendra compte des conditions imposées par la Cour pour sa remise en liberté et cela afin de protéger ses présumées victimes. »