Le maire de Granby, Pascal Bonin, a rencontré les élèves de deuxième secondaire du PEI pour répondre à leurs questions et recevoir leurs suggestions pour améliorer leur ville.

La parole aux jeunes

L’environnement et la mobilité active font partie des préoccupations des jeunes. C’est ce qu’ont laissé entendre les quatre classes du Programme d’éducation internationale (PEI) de deuxième secondaire, à l’école l’Envolée, mercredi matin lors de la visite du maire de Granby, Pascal Bonin.

Les ados bouillonnent d’idées pour améliorer la qualité de vie à Granby. Ils en ont fait une belle démonstration lors de cette rencontre annuelle avec M. Bonin. Une activité tenue dans le cadre d’un projet scolaire depuis cinq ans. Des suggestions lui ont été faites pour améliorer la qualité de vie à Granby, dans quatre lettres produites et choisies dans les classes.

Il est notamment question de compostage, de transport en commun gratuit pour les jeunes du secondaire qui n’ont pas accès aux autobus scolaires et de lampadaires à l’énergie solaire.

Sur ce premier sujet, M. Bonin a rappelé aux adolescents la première phase de l’an dernier pour l’utilisation de bacs de compostage dans un secteur urbain de Granby. La deuxième phase, en milieu rural à Saint-Alphonse-de-Granby, est attendue cette année. Ensuite, le projet sera étalé à travers la MRC.

« Vous n’avez peut-être pas vécu l’implantation du bac bleu. Pour vous, c’est acquis. Mais je m’en rappelle, à Granby, ça avait été le bordel. »

L’implantation du recyclage avait été faite d’un coup, ce qui avait provoqué une levée de boucliers, dit-il.

La propreté dans les parcs a aussi été abordée et le maire affirme que ce n’est pas une question de manque de personnel, mais plutôt d’attitude. « Il faut changer le comportement des gens qui jettent leurs choses par terre. »

À la proposition des jeunes de disposer davantage de poubelles et d’installer des récipients à compost dans les parcs, Pascal Bonin répond qu’il est vrai que les outils pour permettre aux citoyens et touristes de « faire le travail » ne sont pas suffisants. Des poubelles triples pourraient effectivement être ajoutées dans les parcs.

Sacs et lumière
« Nous vous suggérons de baisser le coût des sacs réutilisables et d’augmenter celui des sacs de plastique mince », ont également proposé Jérémy Dauplaise, Angélie Lachance, Bénédicte Lévesque et Jane Martin.

Le maire de Granby répond que le Carrefour d’innovation en technologies écologique (CITÉ) travaille sur une recette pour faire des sacs biodégradables à base de patates.

L’idée des lampadaires alimentés par des panneaux solaires — ce qui éliminerait la présence de fils, soulignent les jeunes — amène M. Bonin sur le sujet de la communication entre poteaux, ce qui a semblé intéresser les jeunes. Cette communication permet, par exemple, dans certains pays, de distribuer un réseau Internet sans-fil. Une proposition qui a suscité bien des « oh ! ».

Transport actif
« Je pense que l’avenir est de donner une nouvelle mobilité aux citoyens, indique M. Bonin en citant en exemple les rues Léger et Vittie. Le transport doit être fait de façon différente et plus verte. »

L’état des pistes cyclables et la quantité pour circuler à travers ville et canton ont de ce fait été abordés, tout comme le désir d’avoir plus de terrains sportifs.

Pascal Bonin a informé les élèves que deux autres phases, en 2019 et 2020, se préparent pour relier l’ancien canton au centre-ville.

Une piste cyclable passera aussi devant le centre aquatique pour permettre de s’y rendre facilement en vélo.


«  C’est une génération qui vit beaucoup plus en communauté qu’on le pense  »
Pascal Bonin, maire de Granby

Des idées de randonnées à vélo et la création d’activités en lien avec ce moyen de transport ont aussi été lancées par les jeunes.

« Je remarque que vos préoccupations sont très sportives et de plein air », souligne le maire, avant de lancer l’idée d’installer des barbecues publics dans certains parcs de Granby pour occuper les espaces verts.

Puis, sans vouloir trop s’avancer, il promet que le parc de la Tannerie, près du barrage récemment rénové, aura du mobilier qui plaira aux adolescents.

Résonnance au conseil
Pascal Bonin assure que les documents récoltés mercredi seront soumis au conseil municipal, puis consultés par les élus.

« J’ai trouvé ça vraiment intéressant, commente Laïka Dufour, une élève qui a signé une lettre avec des coéquipières de classe. Il ne répondait pas comme un politicien, il répondait de façon directe. Il nous informait aussi des projets pilotes et il nous donnait des réponses claires. On sait qu’il va prendre nos suggestions en considération et qu’il ne va pas les jeter à la poubelle. »

Les 112 jeunes de deuxième secondaire du PEI se sont penchés sur les points forts et les points faibles de leur ville, dans les derniers mois, pour en arriver à ces propositions.

Laïka a par ailleurs été agréablement surprise qu’il y ait plus de points forts que l’inverse.

« On est rarement amenés à faire ça. On se sent importants, on sent qu’on est capables de changer les choses, qu’on va pouvoir faire en sorte que notre ville soit pour nous », ajoute Émile Thibault, qui a lui aussi signé une lettre avec son équipe.

Un rendez-vous apprécié
« Il y a une chose qui est frappante, c’est que c’est une génération qui vit beaucoup plus en communauté qu’on le pense, observe Pascal Bonin. Leurs projets misent beaucoup sur la mise en commun pour y arriver. Je trouve ça très sain. »

Il s’agissait du cinquième exercice du genre pour Pascal Bonin. Il prend toujours plaisir à répondre à l’affirmative à l’invitation de l’école secondaire l’Envolée.

« Je trouve qu’ils sont tellement curieux. Ils sont l’essence de notre ville. Aujourd’hui, ce qui ressort c’est l’écologie, le transport, ça veut dire que je ne suis pas off dans ce que je fais. Une journée comme aujourd’hui c’est un bon indicateur. »

Il tient à exposer que les jeunes sont loin des préjugés dont ils font souvent l’objet. Il ne suffit que de les rencontrer pour réaliser que les adolescents ont d’autres préoccupations que les jeux vidéos.

« Je vais m’ennuyer de ces rencontres quand je vais quitter la mairie, de rencontrer les jeunes. C’est le fun, venir ici. »