La vente de vélos, toutes gammes confondues, va bon train dans la région, selon Marc-André Fournier, de la boutique Ubac, à Bromont.
La vente de vélos, toutes gammes confondues, va bon train dans la région, selon Marc-André Fournier, de la boutique Ubac, à Bromont.

La pandémie, une manne pour l’industrie du vélo

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
Plusieurs l’auront remarqué, les sports individuels qui se pratiquent à l’extérieur ont connu, depuis la mi-mars, un regain de popularité digne des résolutions de début d’année. Cet engouement profite aux boutiques de vélo de la région de Brome-Missisquoi et de Granby qui enregistrent un chiffre d’affaires important ce printemps.

« Les affaires sont bonnes. On est une industrie choyée par la pandémie, considère Marc-André Fournier, propriétaire de la boutique Ubac, à Bromont. Au début, ça a été difficile et stressant de devoir fermer sans savoir combien de temps ça durerait, mais peu après ils ont annoncé que les ateliers de mécanique de vélo pouvaient ouvrir et c’est reparti en grand. »

La saison de ski s’est arrêtée abruptement et les ventes d’inventaire n’ont pas pu se faire. Ubac se retrouve donc avec un lot de skis qui n’a pas été vendu. Cependant, la vente de vélos, les réparations et mises au point et la vente d’accessoires et de vêtements est venue équilibrer le budget, et plus encore.

La situation est la même pour Cinetik, à Sutton, ainsi que Sports aux puces Vélogare et Cycles St-Onge à Granby.

M. Fournier remarque que les vélos de moins de 1000 $ ont été particulièrement populaires en début de saison, que ce soit pour le gravier, hybrides ou de montagne. De nouveaux adeptes ou des gens ayant de vieux vélos ont aussi profité de l’annulation de leur voyage pour investir dans une bicyclette neuve.

« Ça a bougé énormément. Le plus haut de gamme commence à sortir plus parce que les sentiers sont de nouveau ouverts et que c’est une autre clientèle. »

« Les vélos d’enfants ont été très populaires au début parce que les enfants devaient rester à la maison et les parents voulaient les occuper, constate pour sa part Martin Bessette, propriétaire des Cycles St-Onge. On est en rupture de stock dans les vélos juniors, donc pour les 10 ans et moins. Les vélos électriques sont prisés chez les 50 ans et plus qui veulent avoir de l’assistance et sortir plusieurs heures. Les gens cherchent à oxygéner leur cerveau et à prendre l’air. »


« Il y a une pénurie dans toutes les gammes de vélo, peu importe le fournisseur. »
Marc-André Fournier, Ubac

« Il y a une certaine limitation des activités qui sont possibles, renchérit Talkena Wasungu, copropriétaire de Sports aux puces Vélogare. Les gens veulent sortir de chez eux et être en forme et le vélo s’impose comme premier choix. On a aussi fait beaucoup de locations de vélos. C’est un autre changement qu’on a observé. »

Un défi rencontré par les boutiques de vélo est la difficulté d’avoir de l’inventaire, indique Talkena Wasungu, de Sports aux puces Vélogare. Sur la photo, il pose avec son partenaire d’affaires Gabriel Fontaine.

Pénurie de vélos

Après la pénurie de papier hygiénique, de tissus, d’élastique, de farine et de levure, c’est ainsi au tour des vélos à se faire rare. Bien que les clients ne le remarquent pas nécessairement au premier coup d’œil, les boutiques de vélo voient leur inventaire fondre comme neige au soleil.

« On a deux défis actuellement, indique M. Wasungu. Il y a des délais de livraison qui nous sont dus aux transporteurs, à la poste et aux fournisseurs. C’est vraiment dur de livrer les produits et les services à temps. Mais ça s’améliore. L’autre défi c’est d’avoir des vélos. On fouille partout pour trouver des vélos, mais ce n’est pas facile. On en vend et on en envoie jusqu’au Nouveau-Brunswick ! »

Il assure qu’il a de bonnes réserves pour l’instant et se réjouit que l’inventaire de vélos de 2021 arrive en juillet.

Chez Ubac, quelques modèles vont arriver aussi à la fin juillet ou au début août. « Il y a une pénurie dans toutes les gammes de vélo, peu importe le fournisseur, signale Marc-André Fournier. Les inventaires sont à sec. D’ici à la livraison des nouveaux modèles, on a ce qui nous reste en magasin. »

L’inventaire commence aussi à manquer dans les accessoires, ajoute-t-il, les fournisseurs n’ayant pas anticipé un tel engouement pour les sports cyclistes.

« C’est une bulle agréable pour les affaires, mais à long terme je ne suis pas sûr qu’on voit ça aussi positif que ça l’est présentement », analyse Martin Bessette, de Cycles St-Onge.

Positif, mais...

Les boutiques spécialisées ont su tirer leur épingle du jeu et connaissent une année fulgurante, surtout si elles ont une boutique en ligne. Par contre, il est possible que les années prochaines soient plus tranquilles puisqu’un vélo de qualité, comme on en retrouve à ces adresses spécialisées, ne s’use pas rapidement.

«Ces gens-là ne le changeront pas l’année prochaine. C’est une bulle agréable pour les affaires, mais à long terme je ne suis pas sûr qu’on voit ça aussi positif que ça l’est présentement. On va en avoir pour quelques années avant de remonter tranquillement l’économie», analyse Martin Bessette.

Par ailleurs, il se réjouit que ces adeptes, débutants ou non, investissent dans l’économie locale. Comme il n’est pas possible pour l’instant de voyager dans les provinces maritimes ou aux États-Unis, les gens prévoient passer leurs vacances au Québec et s’équipent en conséquence.

« Ils vont faire du sport au Québec. Ça va être très bon en général pour le Québec. Notre argent va rester au pays. »