Le Service de police de Granby remarque une diminution de la criminalité depuis le début de la pandémie, selon la porte-parole Caroline Garand.
Le Service de police de Granby remarque une diminution de la criminalité depuis le début de la pandémie, selon la porte-parole Caroline Garand.

La pandémie entraîne une baisse de la criminalité à Granby

Karine Blanchard
Karine Blanchard
La Voix de l'Est
Granby — La pandémie a entraîné une diminution importante de la criminalité, constate le Service de police de Granby. Le nombre de collisions routières a également enregistré une baisse considérable. En revanche, les lignes téléphoniques du centre d’urgence 911 de la Ville n’ont pas dérougi, surtout au début de la crise.

«La criminalité a diminué, oui, mais on a fait beaucoup de prévention. Les policiers étaient présents en grand nombre sur le territoire. On avait ajusté nos façons de travailler et il le fallait», explique Caroline Garand, porte-parole du Service de police de Granby.

Les statistiques obtenues par La Voix de l’Est démontrent que la criminalité a chuté à différents chapitres, dont celui des introductions par effraction dans des résidences. Les policiers en ont rapporté quatre en avril, comparativement à 18 pour la même période en 2019. Une seule infraction a été commise en mai, contrairement à 10 l’année dernière.

Les appels ou interventions pour des individus qui ont proféré des menaces ont diminué de 25 à 30 % environ. En revanche, les policiers sont intervenus à de nombreuses occasions à la suite de plaintes de bruit ou de chicane.

«On a eu beaucoup d’appels. Que les gens soient ensemble 24 heures sur 24 créait des tensions et ça entraînait des déplacements policiers», indique l’agente Garand.

Signalements à la DPJ

Des signalements ont aussi été faits par le corps policier à la Direction de la protection de la jeunesse à la suite de certaines interventions auprès d’enfants.

«Les citoyens étaient à l’écoute. Ils ont gardé l’œil ouvert», constate la policière. Dix-sept signalements ont été faits en avril comparativement à 15 en 2019, tandis que durant le mois de mai, ils en ont effectué 24 contre 36 l’année précédente.

Les policiers remarquent également que les effets du confinement entraînent, ces dernières semaines, un plus grand nombre d’interventions auprès de personnes dont l’état mental est perturbé. Au début de la crise, les policiers ont répondu en moyenne à 16 appels par mois, soit une dizaine de moins que pendant la période correspondante en 2019.

Le nombre d’interventions a grimpé à 27 entre le 1er et le 28 mai, comparativement à 36 en 2019.

«On se rapproche plus de la réalité. On voit les effets du confinement, qu’il y a une détresse», explique la policière.

Les fraudes ont quant à elles augmenté, que ce soit sur le web, par chèque ou au moyen de cartes bancaires.

Réseau routier

Au chapitre des collisions routières, celles qui ont entraîné des blessures ont drastiquement diminué. En mars, les policiers en ont dénombré 9, comparativement à 25 l’année précédente. Durant tout le mois d’avril, seulement trois collisions avec blessés ont été rapportées, soit 14 de moins que la période correspondante en 2019.

«C’est une bonne diminution, constate la policière. C’est logique parce que’il n’y avait personne sur la route.»

Aucun délit de fuite n’a été rapporté en avril cette année, comparativement à sept l’année dernière.

Au début de la pandémie, les répartiteurs du centre d’urgence 911 étaient bombardés d’appels, ce qui a d’ailleurs incité la Ville de Granby à aller de l’avant avec la création d’une ligne téléphonique dédiée aux questions concernant la CODIV-19.

Les policiers ont d’ailleurs répondu à 551 appels liés directement avec la pandémie depuis le 12 mars. Aussi, 519 dénonciations ont été faites par des citoyens via le formulaire mis en ligne par les autorités. Les policiers observent toutefois une diminution depuis le début du mois de mai.

Les agents ont également donné 31 contraventions en vertu du décret ministériel pour faire entre autres respecter l’interdiction des rassemblements, en vigueur jusqu’à tout récemment.

«Il y a des cas de récidive parmi eux, fait savoir la policière. C’est très respectable comme chiffre. En bout de ligne, c’est mieux de prévenir et d’avoir une collaboration des citoyens.»

Le déconfinement a débuté graduellement, ce qui entraîne un volume d’appels un peu plus grand ces derniers jours. Les policiers sont d’ailleurs prêts à faire face à une hausse de la criminalité ou du nombre d’interventions à réaliser.

«Nos effectifs sont prêts. L’arrivée du beau temps apporte toujours son lot de criminalité», affirme la policière.