Depuis quelques mois, Richard a réintégré le marché du travail. Son ami Joël Denis (à droite) l’a aidé dans son cheminement.

La nouvelle vie de Richard

Richard a longtemps multiplié les petites « jobines », ici et là, ou vécu de prestations d’aide sociale. Puis, un jour, il a découvert Espace 100 noms à Sutton. Il y a fait la rencontre de Joël Denis, qui est devenu son ami et son guide. Grâce à lui, il a entrepris des démarches qui lui ont permis de réintégrer le marché du travail. Les mois ont passé et aujourd’hui, il est un employé indispensable au sein de l’équipe de l’Auberge Sutton Bouërie.

Tout a commencé il y a quatre ans. M. Denis, un citoyen de Sutton, était impliqué dans le regroupement Espace 100 noms, un espace collectif qui a cessé ses activités depuis. Il voyait constamment Richard marcher dans la rue. Un jour, il l’a invité à se joindre au groupe dont la mission était, entre autres, de créer un rapprochement entre les classes sociales et de favoriser l’inclusion sociale.

Une amitié est née entre les deux hommes, ce qui a permis à Richard de changer de vie. « Je lui ai dit : tu veux un job ? Tu veux vraiment un job ? On est allé à Cowansville, au centre d’emploi, pour lui bâtir un CV. Je lui ai dit que je serais son agent », raconte M. Denis, précisant que d’autres personnes ont aussi offert de l’aide à son ami.

Richard manquait de confiance en lui et redoutait le regard des autres, avoue le principal intéressé. Pour faciliter les premiers contacts avec des employeurs potentiels, son ami l’a accompagné à des entrevues. « Je laissais ma carte et je leur disais, si vous l’engagez et qu’il y a un problème, appelez-moi », explique M. Denis.

Nécessaire à l’équipe

C’est finalement Richard qui a cogné lui-même à la porte de l’Auberge Sutton Brouërie. Malgré son habillement un peu extravagant et son style atypique, la directrice adjointe de l’endroit, Marie-Soleil Labrie, n’a pas hésité à lui offrir un premier emploi, raconte Élise Bourduas, l’une des propriétaires de l’entreprise.

Richard a d’abord commencé par des travaux de déneigement, puis « on a vite eu besoin de lui pour autre chose », poursuit-elle. « Je vois à quel point il est nécessaire à l’équipe. Je souhaite à toutes les entreprises son Richard ! », dit-elle.

Au fil du temps, l’homme a pris sa place. Il a développé une belle aisance. Il s’exprime mieux et a gagné en assurance, énumère Mme Bourduas.

« C’est un petit rayon de soleil, illustre-t-elle, ajoutant au passage lui avoir accordé une augmentation de salaire pour souligner son bon travail. C’est un bel humain. Il a un parcours différent qui enrichit l’équipe. Il augmente les standards de travail. »

Respect

Qu’est-ce que cet emploi a changé dans la vie de Richard ? « Il y a deux choses qui me viennent en tête : on m’accorde plus de respect et j’ai plus d’argent ! », lance l’homme plutôt discret à la chevelure colorée.

Joël Denis est fier du chemin parcouru par son ami. « Richard, c’est l’effet créé par Espace 100 noms. C’est ce qui est resté », dit-il.

Encore aujourd’hui, Richard se présente au boulot avec autant de fierté. Il espère que d’autres personnes comme lui suivront ses pas. « Je souhaite que d’autres soient motivés à changer. Moi, j’ai réussi à le faire », insiste-t-il.

L’espace collectif n’existe peut-être plus, mais Joël Denis travaille sur différents projets dans l’espoir de voir naître d’autres histoires comme celle de Richard.