«Je suis ouverte à la négociation, aux pourparlers, mais pas à n’importe quel prix et pas au détriment des membres», dit la nouvelle présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, Alina Laverrière.
«Je suis ouverte à la négociation, aux pourparlers, mais pas à n’importe quel prix et pas au détriment des membres», dit la nouvelle présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, Alina Laverrière.

La nouvelle présidente du SEHY veut rallier les troupes

Fraîchement nommée à la tête du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY), Alina Laverrière souhaite rallier les troupes, mais concède que ce sera «un grand défi».

«Je garde un oeil positif sur la promotion à faire auprès des membres», dit Mme Laverrière, qui prend le relais de Sophie Veilleux à la présidence du syndicat des professeurs oeuvrant pour le centre de services scolaire du Val-des-Cerfs.

Mme Veilleux avait annoncé son départ en mai en dénonçant le manque de solidarité des membres du SEHY et l’attitude jugée «irrespectueuse» de l’employeur.

À ce sujet, Mme Laverrière reconnaît que le SEHY et Val-des-Cerfs sont «à couteaux tirés», mais qu’«on est quand même capables de se parler».

«Je n’arriverai pas avec ma hache de guerre, c’est certain», dit l’enseignante de 38 ans qui vient de dire au revoir à ses élèves de 4e année de l’école primaire Saint-Léon, à Cowansville.

«Je suis ouverte à la négociation, aux pourparlers, mais pas à n’importe quel prix et pas au détriment des membres.»

Comme sa prédecesseure, Mme Laverrière juge que les enseignants sont «souvent très peu écoutés dans les décisions». Elle donne l’exemple d’une journée qui devait être pédagogique, début juin.

Val-des-Cerfs voulait qu’elle soit en présence d’élèves afin de rattraper le temps perdu en confinement. Les enseignants ont été sondés et ils étaient pour la plupart en désaccord avec cette avenue. Ils étaient «à bout de souffle» et avaient besoin de ce temps de préparation, dit la présidente du SEHY. Cela leur a finalement été refusé.

«On nous a dit non, même si on était majoritairement en désaccord... On n’a pas voulu nous accorder cette bienveillance-là.»

«Travail de charme»

Côté mobilisation, Mme Laverrière dit avoir commencé à faire du «travail de charme» auprès des membres pour les inciter à s’impliquer davantage. Elle compte aussi sur la nouvelle deuxième vice-présidente, Julie Lareau, pour s’épauler à ce chapitre.

«C’est une grande mobilisatrice. Ensemble, on va peut-être donner le goût à nos membres de se rallier.» Elle évoque des réunions virtuelles — très en vogue durant la pandémie — qui permettraient à plus de membres de participer aux assemblées syndicales, d’ordinaire peu courues.

La fin d’année scolaire a été hors de l’ordinaire pour les enseignants et sa gestion, par le ministère de l’Éducation, est qualifiée d’«improvisation» par la nouvelle présidente.

«J’aurais aimé voir le système d’éducation traité avec plus de délicatesse, dit-elle. Nos gens ont dû apprendre sur le tas.»

Entre le début du confinement et le retour en classe, le 11 mai, Québec aurait eu du temps pour mieux préparer la suite des choses, estime Mme Laverrière.

Avec trois enfants à la maison, elle veut donner le meilleur d’elle-même à la cause syndicale qu’elle connaît, mais pour laquelle elle dit avoir encore beaucoup à apprendre. Elle entrevoit «une grosse année» à venir avec la négociation locale, presque terminée, et nationale à venir.

«C’est peut-être utopique de vouloir un monde meilleur, mais je pense que des enseignants qui se sentent entendus sont plus allègres et deviennent plus présents et plus disponibles pour leurs élèves, qui en retour deviennent plus heureux et meilleurs. Mais si on veut changer les choses, il faut les prendre en main.»

Lydia Beaudoin-Desrochers, Marie-Jeanne Lévesque, Chantal Beauchemin et Laurent Constantin ont également été élus au conseil d’administration du SEHY, le 23 juin. Seules Mmes Laverrière et Lareau sont libérées de leurs tâches.