Samedi, lors du premier marché public estival de la saison, pas moins de 230 paniers ont été remis en seulement quatre heures à l’église Saint-George par Dominic Châtelain et son équipe.
Samedi, lors du premier marché public estival de la saison, pas moins de 230 paniers ont été remis en seulement quatre heures à l’église Saint-George par Dominic Châtelain et son équipe.

La nouvelle formule du Marché public de Granby région porte fruit

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
L’essor pour l’achat local est «fulgurant», témoigne le président du Marché public de Granby région, Dominic Châtelain, qui poursuit l’aventure des commandes en ligne hebdomadaires pour la saison estivale après le succès de cette méthode durant le printemps.

Samedi, lors du premier marché public estival de la saison, pas moins de 230 paniers ont été remis en seulement quatre heures à l’église Saint-George par Dominic Châtelain et son équipe. 

Pandémie oblige, les marchés publics qui devaient avoir lieu au printemps ont tous été annulés. Mais, raconte Dominic, il n’a jamais été question d’abandonner la clientèle et les producteurs. En mars dernier, avec bénévoles et partenaires, ils ont mis sur pied une plateforme esthétique et facile d’utilisation pour répondre à l’«essor fulgurant» de la popularité des produits locaux, explique celui qui est aussi producteur d’agneaux.  

Lors des années passées, les marchés publics de Granby étaient organisés mensuellement, de décembre à mai. Durant la pandémie, la demande a explosé.  

Avec la pandémie, les marchés sont devenus une tradition hebdomadaire. «On s’est viré de bord pour trouver une formule qui nous permettait de rester près de notre clientèle. On a su tirer notre épingle du jeu», se réjouit Dominic Châtelain.  

Plusieurs producteurs locaux ont déjà vendu leur inventaire estival et répondent à la demande au fur et à mesure que les produits sont disponibles.  

Deux facteurs expliquent le phénomène selon le producteur : la solidarité et la sécurité alimentaire. «Les gens ont voulu se soutenir. Ils ont voulu soutenir les producteurs locaux et nous on tenait à soutenir nos clients. D’autre part, cela leur donne une sécurité alimentaire. Les gens veulent savoir d’où viennent leurs produits en temps normal, et c’est encore plus vrai en temps de pandémie», avance-t-il.   

Bâtir son panier en ligne

Chaque semaine, jusqu’à la collecte du 29 août, les clients pourront se rendre sur monmarchepublic.ca pour bâtir leur panier, sélectionner l’heure de cueillette qui leur convient le samedi suivant et faire le paiement. Le site prend les commandes à partir de midi le samedi, jusqu’à 23h le mercredi.

La cueillette se fait sans contact. Le client se rend dans la zone de livraison en ayant ouvert le coffre de sa voiture pour qu’un bénévole y dépose sa commande. Pour 10$ supplémentaire, les résidents de Granby ont la possibilité que leur panier soit livré directement à leur domicile. «Avec le déconfinement qui se prolonge et les impacts majeurs que pourrait avoir la prolifération du virus sur la santé de nos clients, producteurs et entreprises agricoles, il n’y avait pas de risques à prendre, explique Dominic Châtelain. 

En attendant la fin des travaux à la Place Johnson et la construction de la structure permanente du Marché public de Granby — un projet estimé à 1M$­­ —, l’opération se fait à l’église Saint-George, au 130 rue Principale à Granby, et ce, jusqu’au 31 août. 

«On s’est fait gentiment prêter l’église Saint-George, qui ne peut faire aucun spectacle ou aucune célébration d’ici le 31 août», dit M. Châtelain. 

Les normes de la Santé publique qui s’applique aux marchés publics sont semblables à celles qu’on retrouve en épicerie. «Donc, faire attendre des gens en fil au gros soleil, parce qu’il y a trop de monde à l’intérieur, ce n’est pas plus plaisant», croit-il.  

Des nouveaux visages

La crise a eu un impact positif sur la demande des produits locaux. Des gens qui n’étaient jamais allés dans un marché public sont devenus des clients hebdomadaires, assure Dominic Châtelain, qui accueille personnellement chaque client. «Il y a des gens qui viennent chaque semaine depuis le 28 mars. On a créé une belle fidélité et une belle confiance avec nos clients», dit-il, confiant que cette fidélité grandira lorsqu’il sera de nouveau possible de tenir le marché de manière traditionnelle, puisque ces nouveaux adeptes pourront apprendre à connaître les producteurs de la région. 

Chose certaine, le service de précommande et de cueillette est là pour rester. 

...et des nouveaux produits

Durant la saison estivale, les producteurs peuvent offrir davantage de produits variés à la clientèle. C’est aussi le début de la production maraîchère, ce qui fait gonfler l’offre de fruits et de légumes frais. 

La nouvelle formule a permis d’introduire des produits laitiers, des œufs et de la farine à l’offre. 

Seront aussi de retour cette année : fromages, miel, vins, cidres, viandes (porc, bœuf, veau, agneau, lapin, canard, oie), olives, huiles, confitures, produits d’érable, marinades, mets préparés, café, savons et de nombreux dérivés.

Environ 35 producteurs se relaieront durant l’été, selon les moments de la saison.