Une douzaine de musiciens ont conquis l’auditoire en interprétant les pièces d’un large répertoire.

La musique, antidote contre la vieillesse

Quoi de mieux qu’un air de ukulele pour redonner le sourire ? En ce froid sibérien, la petite guitare hawaïenne a insufflé un peu de chaleur au CHSLD Santé Courville de Waterloo, alors qu’une douzaine de musiciens et de chanteurs ont offert jeudi un concert du temps des Fêtes tout spécial aux résidants.

Pour rien au monde Pauline L’Heureux n’aurait manqué la prestation des élèves de l’école de musique Roger Quirion. C’est avec fébrilité que la résidante du centre d’hébergement attendait les premières notes des interprètes. « La musique, c’est ma vie. C’est mon antidote contre la vieillesse. J’écoute du Mozart tous les jours, a confié l’amatrice d’opéra. Ça me permet d’oublier tous mes petits problèmes. Du moment que l’on me dit le mot musique, je suis là. »

Vibrer au son de la troupe de M. Quirion est aussi une façon de se dépayser. « Les airs qu’ils nous offrent nous font voyager l’instant de quelques chansons. C’est tellement beau. Ça donne le goût de voir la vie en regardant vers l’avant », a dit l’optimiste dame de 90 ans.

Important et émouvant

L’idée d’orchestrer une prestation chez Santé Courville a pris forme il y a six ans au sein de l’école de musique de Saint-Joachim-de-Shefford. « Une élève qui a une tante qui travaille [au centre d’hébergement] m’a proposé d’aller jouer pour les personnes âgées. J’ai tout de suite accepté, a raconté Roger Quirion. Ça a été un beau moment. Alors on a remis ça année après année. »

Peu à peu, la tradition s’enracine. Une façon pour le féru musicien de donner au suivant. « Jouer ici dans le temps des Fêtes, c’est à la fois important et émouvant, a-t-il dit. C’est ma façon de faire une bonne action. Voir les sourires des résidants et parfois de leurs enfants qui sont présents, ça vaut de l’or. »

Roger Quirion avait vu juste au sujet des sourires, qui se sont esquissés aux quatre coins de la salle dès les premières notes de la chanson de l’auteur-compositeur-interprète Luc Cousineau, Vivre en amour. Au gré des prestations, le groupe, composé d’enfants, d’adolescents et d’adultes, a conquis l’auditoire avec ses airs de piano, de flûte, de ukulele et de sa grande sœur, la mandoline. 

Certains résidants ont même versé quelques larmes [de joie] en fredonnant l’incontournable pièce de Joe Dassin, On s’est aimé comme on se quitte. Idem lorsque la troupe musicale a entonné Tous les garçons et les filles, de Françoise Hardy. « Celle-là, si vous ne la connaissez pas, c’est que vous êtes chinois », a ensuite lancé le prof en battant le tempo de la pièce Le cœur ne vieillit pas. Puis, un petit saut à l’époque médiévale ainsi qu’un brin de folklore irlandais ont fait le bonheur de l’assistance.

Passionnée de musique, Pauline L’Heureux n’aurait manqué le concert pour rien au monde.

Ce n’est qu’un au revoir

La dernière pièce, Ce n’est qu’un au revoir, n’a laissé personne indifférent. À commencer par les interprètes eux-mêmes. 

Rosalie Auclair en était à son second concert du temps des Fêtes chez Santé Courville. Elle compte bien renouveler l’expérience si l’occasion se présente. « Je suis contente d’être ici aujourd’hui. Ça apporte du bonheur aux personnes âgées », a-t-elle indiqué. 

« C’est bien de pouvoir mettre un peu de musique dans la vie des gens. De leur donner le sourire », a pour sa part mentionné Suzie Nadeau. Musicien aguerri, Étienne Lavallée en était à sa sixième visite au centre d’hébergement. Une façon pour lui de partager sa passion. « J’adore la musique. En jouant ici, je me fais plaisir et je le transmets aussi aux autres. »

Si l’on se fie aux commentaires de Margot Bergeron, dont le conjoint réside au CHSLD, le jeune homme a atteint la cible. « Le spectacle était merveilleux, a fait valoir la dame. Ça met de l’entrain et un peu de soleil dans le quotidien des résidants. Pas de doute, il faut que ça continue. »