Le portrait du territoire et le recensement de ses milieux humides et hydriques a été réalisé cet hiver et ce printemps. Les milieux d’intérêt pour la conservation des écosystèmes ont ainsi été identifiés.
Le portrait du territoire et le recensement de ses milieux humides et hydriques a été réalisé cet hiver et ce printemps. Les milieux d’intérêt pour la conservation des écosystèmes ont ainsi été identifiés.

La MRC de Rouville en mode concertation

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
L’élaboration du plan régional des milieux hydriques et humides de la MRC de Rouville suit son cours. Maintenant que la cartographie des milieux à préserver a été réalisée, une vingtaine de partenaires, municipalités, organismes et citoyens, mettront leur expertise au service de la démarche dont l’objectif est de dégager «une vision environnementale collective forte».

« Comme on a quand même commencé le processus assez tôt, on est parmi les premières MRC du Québec à s’être lancées », avance Geneviève Desautels, responsable des communications à la MRC.

Rappelons que la Loi sur la conservation des milieux humides et hydriques, adoptée le 16 juin 2017, oblige les MRC à produire des plans régionaux des milieux humides et hydriques sur leur territoire. Elles ont jusqu’au 16 juin 2022 pour réaliser de tels plans. Les objectifs de ceux-ci sont de permettre aux MRC de planifier les actions à mener pour assurer la conservation de ces milieux.

Concrètement, cela signifie que dans tout développement à être effectué sur le territoire, qu’il soit de type résidentiel, commercial ou industriel, aucun milieu humide ne devra être sacrifié. Ainsi, dans l’éventualité où un projet mène à la destruction ou à l’altération d’un milieu humide — en partie ou complètement —, les MRC pourront refuser de l’endosser ou exiger des compensations financières. Celles-ci seront versées dans un fonds spécial pour aménager ou restaurer des milieux humides.

À l’heure actuelle, certaines municipalités et MRC, dont la Ville de Longueuil, appliquent déjà des mécanismes de compensation en vertu de plans de conservations déjà existants. Toutefois, les règles de compensation financière décrétées pour pallier la destruction de milieux humides varient d’une municipalité à l’autre.

Concertation

Le portrait du territoire et le recensement de ses milieux humides et hydriques ont été réalisés cet hiver et ce printemps, ce qui représente une facture d’environ 40 000$. Les milieux d’intérêt pour la conservation des écosystèmes ont ainsi été identifiés. "Ce portrait servira, entre autres, de référence pour le PRMHH et demeure un outil de travail pour la gestion des cours d’eau de la MRC de Rouville", affirme Mme Désautels.

Il en sera de même sur les meilleures pratiques environnementales à adopter et à mettre en œuvre dans la MRC pour préserver les différentes espèces, tant végétales qu’animales, qui habitent dans ces écosystèmes, a fait savoir la MRC par communiqué.

L’initiative sera financée à hauteur de 83 300$ par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, une somme mise à la disposition pour chaque MRC qui entame le processus. Rouville avait résolu en mars 2019 de formuler une demande pour cette aide financière, une fois laquelle signée, enclenche un compte à rebours de deux ans pour la concrétisation du plan régional.

Le conseil des maires a confié l’élaboration du plan à la firme Biodiversité Conseil ce qui représente une facture d’environ 40 000$. Celle-ci, de concert avec l’équipe de la MRC, des représentants de la Communauté métropolitaine de Montréal ainsi que le Conseil québécois des espèces exotiques envahissantes, auront pour mandat de déterminer des cibles de conservation en fonction des défis environnementaux constatés sur le territoire rouvillois.

Ces acteurs pourront aussi s’adjoindre de membres de l’Union des producteurs agricoles de la Montérégie, de l’Agence forestière de la Montérégie ainsi que des élus et employés des municipalités voisines.

Une consultation publique en novembre

Le Conseil régional de l’environnement de la Montérégie (CREM) offrira pour sa part un service d’accompagnement pour permettre la concertation de tous ces acteurs. Un mandat octroyé par la table des maires, au montant de 19 650$ avant taxes, lui a été octroyé en août 2019 afin que l’organisme « stimule la participation des divers acteurs, facilite le dialogue entre eux avec un modérateur crédible et neutre, produit des outils d’information et tienne une consultation publique ».

Cette dernière devrait d’ailleurs avoir lieu en novembre prochain, de façon virtuelle en raison de la pandémie, afin de prendre le pouls de la population sur les orientations à adopter pour le plan.

La MRC n’a pas encore déterminé de date spécifique à laquelle son plan sera prêt. Elle assure cependant que le tout sera déposé au ministère dans les temps.