La MRC Brome-Missisquoi veut mettre en place une démarche expérimentale qui pourrait notamment régler le problème d’érosion dans le bassin versant du lac Davignon à Cowansville.

La MRC Brome-Missisquoi veut adapter son territoire aux changements climatiques

Les changements climatiques sont devenus une réalité et il faut s’y adapter. C’est ce que souhaite faire la MRC Brome-Missisquoi avec une démarche expérimentale qui vise à diminuer les impacts des pluies diluviennes dans différents milieux.

Une demande de subvention d’un peu plus de 700 000 $ a été déposée au ministère de l’Environnement du Québec dans le cadre de son programme Climat municipalités - Phase 2. La Ville de Cowansville a quant à elle approuvé une aide financière de 75 000 $ puisque le projet concerne en partie l’érosion dans le bassin versant du lac Davignon, source d’eau potable pour les citoyens.

Le projet — intitulé « Démarche d’innovation sociale pour l’expérimentation d’infrastructures vertes en milieu urbain, agricole et montagneux dans Brome-Missisquoi » — vise à trouver des solutions aux inondations de plus en plus fréquentes ainsi qu’à l’érosion causée par les pluies diluviennes ou les redoux hivernaux, mais aussi à diminuer les surverses dans les cours d’eau.

« On propose dans trois milieux différentes approches pour adapter le territoire aux changements climatiques, explique Simon Lajeunesse, coordonnateur à la gestion de l’eau à la MRC Brome-Missisquoi. Ce qui nous attend, ce sont des pluies de plus forte intensité. »

Si le financement est accordé, « ça va être une course contre la montre. On a trois ans maximum pour tout le projet. Il faut mettre en place les travaux en 2019 pour être capable de faire les suivis après. »

Ces suivis permettront de vérifier l’efficacité d’infrastructures vertes qui, sur papier, fonctionnent très bien. Ceux-ci pourront aussi être utiles pour d’autres régions vivant les mêmes problématiques.

Le milieu montagneux concerne tout le bassin versant du lac Davignon, qui s’ensable d’année en année. La problématique est connue et la Ville de Cowansville a lancé un appel à l’aide à cinq municipalités en juillet dernier. Les 212 kilomètres carrés du bassin versant du lac se retrouvent à 98 % dans les municipalités de Bolton-Ouest, Brome, Dunham, Lac-Brome et Sutton.

Dans son projet, la MRC propose de mettre en place des structures vertes en amont, « donc multiplier les petits ouvrages au niveau des emprises routières municipales pour ralentir la vitesse de l’eau, évoque M. Lajeunesse. Nos pluies intenses ne doivent pas prendre trop de vitesse. Et on veut construire des bassins de rétention de plus petite envergure, mais à plein d’endroits en amont, dans le bassin versant et les milieux montagneux. Donc on espère éviter tout le problème d’érosion qui vient remplir le lac Davignon, qui va être de pire en pire avec les changements climatiques. »

« Faire des miracles »

Si le financement est accepté, les expérimentations urbaines se feront à Bedford, où un vieux réseau souterrain fait que les réseaux sanitaires et pluviaux vont au même endroit. « Donc quand il pleut fort, il y a des rejets dans la rivière, fait savoir le coordonnateur en gestion de l’eau. C’est qu’on appelle des surverses. »

Il estime que des centaines de millions de dollars seront nécessaires pour mettre au goût du jour le réseau. La Ville ne pourra donc pas le faire d’un coup. En attendant, la MRC veut en premier lieu débrancher toutes les descentes de gouttières qui envoient l’eau dans le réseau pluvial par les drains de fondation. « C’est beaucoup, beaucoup de volume d’eau qu’on peut sortir du réseau pluvial et éviter des surverses », croit M. Lajeunesse.

Deux rues seront aussi ciblées pour installer des infrastructures vertes, comme des tranchées d’infiltration et des installations de biorétention. Ces infrastructures permettront de stocker l’eau de pluie et de favoriser son infiltration dans le sol. « Si on a le financement, je pense qu’on peut faire des miracles au niveau des problèmes de surverses et de la qualité de l’eau dans le coin. »

La MRC a les compétences légales de travailler dans les cours d’eau, en milieu agricole, pour assurer le drainage des terres. « Le projet serait de transformer nos cours d’eau classiques qui ont été faits à l’époque par le ministère de l’Agriculture afin d’améliorer la quantité de stockage des crus. C’est-à-dire que, si on était capable de stocker les crus dans les cours d’eau agricoles, on relâcherait l’eau plus tranquillement pour diminuer les risques d’inondation en aval. »

Simon Lajeunesse assure que cette façon de faire n’aura pas de conséquence sur les terres agricoles.

La réponse de Québec est attendue pour le début du mois de décembre.