Sur invitation de la Société d’histoire et de généalogie des Quatre lieux, Marcel Ostiguy racontera mardi prochain l’histoire de cette industrie agroalimentaire québécoise.

La mise en boîte racontée

« Jardin de la province », la Montérégie a été riche en conserveries, en raison de la diversité des fruits de ses terres, soutient le Césairois Marcel Ostiguy. Sur invitation de la Société d’histoire et de généalogie des Quatre lieux (SHGQL), celui qui fut président d’Aliments Carrière inc. racontera mardi prochain l’histoire de cette industrie agroalimentaire québécoise.

La région qui s’étire « entre la Yamaska et le Saint-Laurent » est propice aux grandes cultures, soutient le conférencier. « À Saint-Césaire et dans les environs, on retrouve des terres de glaise qui favorisent la culture de grains et de maïs, illustre M. Ostiguy. Ailleurs, on retrouve des haricots, des pois. À Saint-Damase, Saint-Pie et Sainte-Madeleine, en passant par Sainte-Martine et Châteauguay, ce sont des endroits extraordinaires pour cultiver. »

Marcel Ostiguy a œuvré dans l’univers de la conserve entre 1973 et 2007, année où il a pris sa retraite. C’est cette période qu’il connaît le mieux, dit-il, bien qu’il abordera aussi les années précédentes, de même qu’il dressera un portrait actuel des grandes entreprises de conserves de la région, de la province et du pays.

Il sera important pour lui de mettre des noms sur ceux et celles qui ont contribué à l’essor de cette industrie chez nous. « C’est beau parler de machines et de compagnies, mais il faut se souvenir que ce sont des hommes et des femmes qui ont fait tourner les conserveries », plaide-t-il.

Moins de conserveries, plus de conserves
La conférence de M. Ostiguy débutera donc à « l’ère de la tomate », dans les années 1950. Il traitera de la disparition des petites conserveries au profit de plus grandes entreprises, qui ont souvent été le fruit de fusions — la seule manière de s’imposer dans un marché où l’avènement des technologies a révolutionné la manière de mettre des légumes en boîte.

De 300 000 à cinq millions de conserves par année : l’automatisation de certaines tâches, à l’aide d’appareils sophistiqués, a permis d’augmenter considérablement le volume de conserves produites avec moins de main-d’œuvre.

Cette transformation de l’industrie a transformé la vision d’affaires de Marcel Ostiguy, qui croyait jusqu’alors que l’avenir de l’industrie résidait dans de plus petites conserveries situées près des producteurs. « Les plus petites n’auraient pas pu se payer la machinerie et leur volume de production d’alors ne justifiait pas une telle dépense, explique le conférencier. J’ai compris qu’il fallait traiter plusieurs milliers de caisses de conserves ; sinon, on allait disparaître. »

C’est d’ailleurs pour assurer la survie de son entreprise qu’il a d’abord fusionné la conserverie de son père, Aliments Girard, avec Ernest Carrière inc. Le fruit de cette alliance, à laquelle se sont greffées plusieurs acquisitions, est devenu Aliments Carrière inc., que M. Ostiguy a finalement vendu au géant européen Bonduelle. Au plus fort de sa production, Aliments Carrière inc. produisait 12 millions de caisses de conserves par année, qui contenaient chacune 24 boîtes de 14 onces (398 ml).

« Comme dirigeant d’entreprise, il faut savoir accepter de changer sa vision et la direction qu’on veut prendre. C’est une qualité importante que de savoir s’ajuster et se demander si notre style de gestion et nos pratiques sont les meilleures », explique M. Ostiguy.

La conférence aura lieu à 19 h 30 au sous-sol de l’église de Saint-Césaire ; l’activité est gratuite pour les membres de la SHGQL et coûte 5 $ pour les autres.