Un incendie criminel s'est déclaré dans la nuit du 22 au 23 février 2015 dans la meunerie, dont les pertes ont été évaluées à 20 millions de dollars.

La Meunerie Côté-Paquette quitte Ange-Gardien

Près de deux ans jour pour jour après l'incendie ayant complètement détruit ses installations d'Ange-Gardien, la Meunerie Côté-Paquette a annoncé qu'elle déménagera ses pénates à Saint-Hyacinthe. Un investissement de 30 millions de dollars dans la région maskoutaine, qui se traduit cependant par la perte d'une vingtaine- d'emplois à Ange-Gardien.
Le copropriétaire de la meunerie, Bernard Paquette, avait déjà laissé entendre que la reconstruction aurait lieu ailleurs qu'à Ange-Gardien.
Rappelons qu'un incendie criminel s'est déclaré dans la nuit du 22 au 23 février 2015 dans la meunerie, dont les pertes ont été évaluées à 20 millions de dollars. Une quarantaine de pompiers d'Ange-Gardien, Farnham, Saint-Césaire, Bromont et Saint-Paul-d'Abbotsford avaient combattu pendant plusieurs heures le feu ayant violemment embrasé la tour. Une dizaine de jours plus tard, les braises qui demeuraient à la meunerie ont de nouveau incendié le bâtiment, qui a été démoli en mars 2015.
Un ex-employé de la meunerie, Sébastien Champigny, a rapidement été arrêté et accusé d'avoir mis le feu à son ancien lieu de travail. Deux jours avant de commettre son crime, il était entré par effraction dans le bâtiment pour y voler du matériel informatique et de la moulée. Il y était retourné pour effacer les traces de son cambriolage.
Champigny, âgé de 28 ans au moment des faits, a écopé en novembre dernier d'une peine de 26 mois de prison, qui s'ajoutait à l'année qu'il avait passée derrière les barreaux. Le procès avait permis de déterminer que l'appât du gain, et non la vengeance, avait été sa motivation pour le vol à l'entreprise qui l'avait congédié quelque temps auparavant.
Un site mieux situé
Dès les premiers jours suivant le sinistre, les propriétaires ont toujours exprimé le souhait de reconstruire. Bien qu'ils aient déjà évoqué l'idée de reconstruire sur les lieux où la meunerie était sise avant l'incendie, ils n'ont jamais exclu la possibilité- de s'établir ailleurs.
En entrevue avec l'hebdomadaire L'Avenir et des Rivières en novembre dernier, le copropriétaire de la meunerie, Bernard Paquette, avait déjà laissé entendre que la reconstruction aurait lieu ailleurs qu'à Ange-Gardien. À l'époque, il disposait déjà de tous les permis nécessaires, avait-il fait savoir.
Dans un communiqué diffusé il y a quelques jours, l'entreprise a fait part de son intention de construire sa nouvelle meunerie à Saint-Hyacinthe-, tout près de la meunerie Shur-Gain, rue Duplessis. Les propriétaires Mario Côté et Bernard Paquette ont indiqué que «ce site a été sélectionné après un processus d'évaluation de plusieurs endroits, dont celui d'Ange-Gardien». «L'emplacement de Saint-Hyacinthe est le meilleur, notamment parce que la ville de Saint-Hyacinthe est une capitale agroalimentaire où l'on retrouve une concentration dynamique de plusieurs joueurs importants de l'industrie de l'alimentation animale. La proximité avec plusieurs fournisseurs d'intrants et l'accès à une voie ferrée font de Saint-Hyacinthe un site convoité. De plus, le site de Saint-Hyacinthe est bien situé pour desservir les fermes corporatives et est porteur d'avenir», peut-on lire dans la déclaration émise par l'entreprise familiale.
La future meunerie, dont la construction a débuté il y a une dizaine de jours, «aura une capacité de 240 000 tonnes et sera munie des équipements les plus modernes», a-t-on aussi fait savoir. Les firmes lavalloises SNC Lavalin inc et Frare & Gallant se chargent respectivement de l'ingénierie et de la construction des futures installations.
À la meunerie, personne n'était disponible pour répondre à nos questions avant la semaine prochaine, a-t-on indiqué au téléphone.