Famille, amis et élus ont inauguré le belvédère Georges-Aimé Landry, samedi.

La mémoire de Georges-Aimé Landry immortalisée

Armande Daigle embrasse la photo de son défunt mari, comme s'ils étaient seuls au monde. Le moment est émouvant. On vient de donner le nom de Georges-Aimé Landry, l'homme qui a partagé sa vie pendant près de 40 ans, au belvédère surplombant la rivière Yamaska Nord, entre le pont Patrick-Hackett et la passerelle Miner.
C'était samedi le «baptême» de la passerelle.
À l'occasion du « baptême » de la passerelle, la Ville de Granby avait invité, samedi, famille et amis du pêcheur, chasseur et taxidermiste bien connu dans la région pour tout l'amour qu'il a donné à la rivière.
Au moment du décès de M. Landry, en décembre 2015, on cherchait le lieu parfait pour honorer sa mémoire, a expliqué le conseiller Jean-Luc Nappert­ en entrevue à La Voix de l'Est. La décision a été entérinée par le conseil municipal le 19 décembre. 
Georges Landry a travaillé fort pour nettoyer les berges avec l'Association des chasseurs et pêcheurs de l'Estrie, dont il a été le président pendant plus de 30 ans. Il a été l'instigateur de la revitalisation de la rivière au centre-ville de Granby en y aménageant une douzaine de fosses pour oxygéner l'eau et permettre à la truite de s'y établir.
« On lui doit beaucoup »
« C'est une immense richesse d'avoir une rivière qui traverse une ville, a lancé le maire Pascal­ Bonin à l'assemblée. Ça fait des endroits magnifiques. Il faut entretenir ces rivières, les protéger. M. Landry­ nous a montré un exemple formidable de la nécessité de revitaliser une rivière, de redonner l'importance à une rivière comme la nôtre. On lui doit beaucoup. »
M. Nappert a lui aussi pris la parole. Ami de M. Landry, il a raconté avec émotion les circonstances­ de leur rencontre. 
« Quand je l'ai connu, c'était avec le comité environnement. On avait eu l'idée de faire la première Fête de la rivière. Georges est venu à notre table. J'ai apprécié tout de suite sa parlure, ses histoires, ses yeux, son rire, son regard. Moi qui étais prof de géo au Cégep, c'est avec lui que j'ai fait la découverte de ce secteur-là de la rivière. C'est lui qui a fait la fosse 1 juste ici, en bas des chutes. Je suis très fier que ce belvédère porte son nom au lieu du premier barrage, le premier lieu de la construction de la Ville de Granby. C'est là que tout a commencé. Je salue Georges pour avoir nourri la rivière.
Il a ensemencé, il a bâti, il chérissait­ sa rivière. »
Armande Daigle a laissé les amis de Georges Landry prendre la parole publiquement. Elle a cependant accepté de se confier à l'auteure de ces lignes. « C'est vraiment un honneur pour lui, a-t-elle glissé, émue. Il a travaillé beaucoup et je pense qu'il le mérite. »
Elle s'est dite étonnée de voir autant de gens et de conseillers municipaux, sans oublier le maire, présents la cérémonie. Et pourtant, son compagnon était bien connu. « C'est un travaillant. Il a fait beaucoup de bénévolat, surtout sur la rivière - c'était son bébé. C'était un homme qui avait une bonté très grande. Les gens l'aimaient beaucoup. Il était facile d'approche. »
George Landry a perdu la vie un mois après être tombé malade. Il était atteint d'un cancer du rein dont les métastases sont montées au cerveau et l'ont paralysé du côté droit, explique Mme Daigle. M. Landry­ et elle auraient fêté leur 40e anniversaire­ de couple cette année.