Fleuriste, policier, formateur, auteur, conférencier, mentor et on en passe: les 45 ans d’implication dans la collectivité de Michel Rouillard seront soulignés d’une manière bien solennelle, mercredi prochain, alors qu’il recevra la médaille de l’Assemblée nationale.
Fleuriste, policier, formateur, auteur, conférencier, mentor et on en passe: les 45 ans d’implication dans la collectivité de Michel Rouillard seront soulignés d’une manière bien solennelle, mercredi prochain, alors qu’il recevra la médaille de l’Assemblée nationale.

La médaille de l'Assemblée nationale pour Michel Rouillard

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Policier, formateur, auteur, conférencier, mentor et on en passe : si les chats ont neuf vies, Michel Rouillard semble en avoir vécu tout autant. Les 45 ans d’implication dans la collectivité de ce Bromontois d’exception seront soulignés d’une manière bien solennelle, mercredi prochain, alors qu’il recevra la médaille de l’Assemblée nationale des mains du député de Chomedey, Guy Ouellette.

« Le plus drôle, c’est que ma femme a marié un fleuriste au départ ! », lance le jeune septuagénaire, qui avait repris le commerce familial, mais aussi présidé la Jeune chambre de commerce de Sherbrooke et l’Association des fleuristes de l’Estrie, avant de réaliser son « rêve de jeunesse » en 1974, soit devenir patrouilleur pour la Sûreté du Québec.

Une dizaine d’années plus tard, le policier originaire de Sherbrooke était élu directeur représentant l’Estrie par ses pairs au conseil de direction de l’Association des policières et policiers du Québec.

Puis, au début des années 1990, M. Rouillard prend la tête de l’Unité des relations communautaires de la SQ en Estrie avant d’être promu sergent et d’occuper successivement des postes à la Direction de l’audit et de la planification et au Secrétariat des relations internationales du Sommet des Amériques de Québec, en 2001.

L’année suivante, il fait partie de l’équipe assurant la sécurité du pape Jean-Paul II lors de son passage à Toronto dans le cadre des Journées mondiales de la jeunesse.

Avant de prendre sa retraite, en 2004, M. Rouillard était sergent responsable du volet protocole de la Direction des relations internationales de la Sûreté du Québec. « Avec certains invités, on a vécu des chocs culturels, des deux côtés, explique-t-il. Ça a parfois mené à de drôles de situations ! »

Pendant les cinq années suivantes, l’homme a occupé la fonction de directeur de la sécurité au Parc Safari. Il a également dispensé de la formation sur le service en clientèle pour le compte de plusieurs entreprises et sociétés d’État.

Par la suite, le Bromontois, également décoré de la médaille de la police pour services distingués, a formé la relève policière en matière de services de proximité et en milieu communautaire. Il a été l’un des premiers à procéder à l’embauche d’une travailleuse sociale à son poste de police pour mieux gérer les aspects sociaux de certains dossiers. « C’était délicat à l’époque, se souvient-il. Mais ça a finalement été formidable ! »

Une initiative qui lui avait valu le Prix de reconnaissance Hommage Justice de la Sûreté du Québec, dans la catégorie Droits et libertés, en 2000.

Donner au suivant

L’intérêt de M. Rouillard pour le monde des affaires l’a aussi mené à devenir mentor en 2006 au sein du Réseau M, mais aussi chef-mentor de la cellule de mentorat de la Haute-Yamaska de 2011 à 2015. Durant cette même période, il a également été président régional pour le mentorat en Montérégie-Est, en plus de présider le conseil d’administration de la Chambre de commerce Haute-Yamaska en 2012-2013.

Ces implications lui ont valu le titre de « Mentor Diamant » en 2014. Depuis, M. Rouillard, qui a publié en 2009 le livre Reconnaître les personnalités en 7 secondes, ouvrage qui l’amènera à prononcer de nombreuses conférences, est formateur pour le Réseau M tout en demeurant un mentor.

Encore aujourd’hui, il agit comme mentor pour trois entrepreneurs, ce qui porte à une quinzaine le nombre de protégés qu’il a écoutés et épaulés. « J’adore ça ! », s’exclame le principal intéressé, pour qui cet accompagnement est une manière de donner au suivant.

« Je crois que la base d’une économie en santé est l’entrepreneuriat. Je fais ma part pour l’économie locale en offrant mon oreille aux entrepreneurs », dit-il.

Michel Rouillard est d’ailleurs d’avis que cette activité lui apporte autant que ce qu’il donne. « D’une part, c’est très motivant ; de l’autre, on découvre un éventail de domaines ! », ajoute-t-il.

« L’amour du monde »

Depuis 2012, M. Rouillard était le porte-parole de la Coalition nationale contre le tabac de contrebande. Il a pris sa retraite le 1er janvier dernier afin de consacrer plus de temps à sa famille et à son épouse.

La remise de la médaille de l’Assemblée nationale viendra donc couronner avec panache la fin d’une carrière bien remplie et variée, dont le fil conducteur aura été « l’amour du monde ».

« Au fond, qu’on soit fleuriste ou policier, on rencontre le public, philosophe M. Rouillard. Quand on vend des fleurs, on sait qu’on aide à faire plaisir. Quand on intervient comme policier, notre présence apporte du réconfort. »

L’idée de la médaille émane du député Ouellette lui-même, un ancien confrère policier de M. Rouillard qui a souhaité souligner le départ à la retraite de celui-ci. La cérémonie de remise et la réception se dérouleront mercredi prochain à 18 heures dans un hôtel du Vieux-Montréal.

Le récipiendaire est encore ébahi de cette annonce qu’il a apprise lundi. « Je ne sais pas comment réagir encore, confie celui qui venait tout juste de raconter son parcours avec humilité. J’ai travaillé avec du monde qui a fait des choses extraordinaires. Moi, je n’ai fait que faire ce que j’aime dans la vie. »

« En même temps, ajoute-t-il, une tape dans le dos, ça se prend toujours mieux qu’une claque dans la face ! », conclut-il.