La Marina Knowlton devrait changer de mains dans les prochaines années. Gerry Moar a décidé de mettre en vente l’entreprise familiale.

La Marina Knowlton, une histoire plus que centenaire

Après avoir été la propriété de la famille Moar pendant environ quarante ans, la Marina Knowlton devrait changer de mains dans les prochaines années. Gerry Moar, un entrepreneur passionné qui a acheté les lieux au début des années 80, a décidé de mettre en vente l’entreprise familiale. S’il est toujours en attente d’offres intéressantes, c’est l’occasion pour le coloré personnage de revenir sur l’histoire plus que centenaire de la marina.

« C’est la plus belle job dans le monde ! » lance et répète Gerry Moar, toujours aussi passionné par son entreprise, après 38 années passées à sa barre.

La décision a été difficile à prendre, mais M. Moar devait s’y résilier, à l’aube de ses 70 ans. Sa santé ne lui permettait plus d’investir autant d’énergie qu’auparavant dans l’entreprise, et ses filles n’étant pas intéressées à prendre la relève à temps plein.

« J’ai eu un accident en tombant dans un ravin il y a quelques années, j’en garde des blessures à l’épaule et je ne peux plus tellement forcer. Au moins, j’ai une équipe pour m’aider dans les tâches plus physiques, mais une marina et un restaurant ça exige tellement de temps durant l’été », confie Gerry Moar.

Histoire

Originaire de la Saskatchewan, Gerry Moar a pris racine dans les Cantons-de-l’Est pour y fonder sa famille. En 1981, il achète le bâtiment actuel de la marina avec un partenaire d’affaires, Bill Patterson.

« Quand on l’a acheté, c’était tout pourri et les bateaux étaient finis. Ça ressemblait surtout à une grange », explique-t-il en pointant une toile accrochée sur un mur à l’intérieur du restaurant qui témoigne de l’état de cette époque.

Les années ont passé et la famille Moar a investi régulièrement dans le bâtiment. La « grange » centenaire construite à la fin du 19e siècle est devenue au fil du temps un lieu chaleureux au cachet particulier, souligne Gerry Moar.

Gagner la guerre

L’histoire de la marina et sa cohabitation avec le voisinage ont parfois été complexes. « Le tissu communautaire change à Lac-Brome, il y a des nouveaux qui n’acceptent pas que la marina soit là et qu’on fasse du bruit durant l’été » explique Gerry Moar.

Avec fierté, le moustachu aux allures de pêcheur revient sur son combat qu’il l’a opposé au gouvernement du Québec de 2006 à 2010.

À l’été 2006, le ministère de la Santé avait pris la décision de « fermer » plusieurs lacs au Québec en raison de la présence de cyanobactéries. Le lac Brome n’avait pas échappé à la décision même si les analyses en laboratoire avaient permis de déterminer le faible niveau de dangerosité qu’elles représentaient.

Après avoir connu une saison difficile, Gerry Moar a décidé de poursuivre le ministère au tribunal des petites créances pour 7000 $. Il l’ignorait au moment d’amorcer sa croisade, mais l’entrepreneur s’embarquait ainsi dans un long processus qui lui a laissé un souvenir amer.

« J’ai perdu la bataille, mais pas la guerre. Au final, le ministère de la Santé a reconnu que les analyses en laboratoires étaient négatives », souligne M. Moar.

Serein

Aujourd’hui, l’entrepreneur est serein. L’air satisfait, il fait le tour du propriétaire avec La Voix de l’Est.

« Peu importe qui va acheter, ça ne peut pas tellement changer. C’est un bâtiment qui est bâti très près du lac, c’est possible de faire des travaux, mais ça prend une dérogation », explique-t-il.

Il entend demeurer dans sa maison située à quelques mètres de la marina. « Je vais offrir mon aide si c’est nécessaire », avance-t-il.