Des centaines de personnes ont marché dans les rues de Granby en septembre 2019 en faveur d’un plus grand respect pour l’environnement.
Des centaines de personnes ont marché dans les rues de Granby en septembre 2019 en faveur d’un plus grand respect pour l’environnement.

La marche pour le climat annulée

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
À pareille date l’an dernier, environ 1500 personnes avaient pris d’assaut les rues du centre-ville de Granby pour exiger davantage d’actions en faveur de l’environnement. Une scène qu’on ne reverra pas de sitôt: le Cégep de Granby confirme que la Marche pour le climat n’aura pas lieu en 2020 comme prévu.

«Ç’a été décidé à cause des limitations dans les rassemblements, explique le directeur général du cégep, Yvan O’Connor. Il n’y en aura pas ailleurs au Québec non plus.»

La décision a été prise il y a déjà quelques semaines, dit le DG. «Mais ça ne nous empêche pas de penser à l’environnement et d’observer nos actions.»

À ce chapitre, le collège a récemment obtenu une mention spéciale et le maintien de sa certification Cégep vert pour entre autres son Coin du réparateur, une activité qui permet à tous les citoyens d’obtenir un diagnostic sur leurs appareils brisés.

Il a aussi mis sur pied une campagne de sensibilisation intitulée «Consommer autrement» pour encourager la réduction des déchets à la source, et un poste d’employé voué à l’environnement a été bonifié.

Santé et pollution

Écologiste et ex-enseignant de géographie au Cégep de Granby, Jean-Luc Nappert approuve la décision de suspendre la Marche pour le climat.

«Je trouve ça logique, dit-il. C’est pas une question de faire un choix plutôt qu’un autre: il ne faut pas donner la chance à ce que la situation empire. Dans une marche, on peut se retrouver à moins de deux mètres, des gens ne portent pas le masque...»

Le confinement a été pénible pour plusieurs personnes, notamment les aînés, rappelle M. Nappert. «Oui, il y a toujours une urgence climatique, mais dans l’immédiat, il en va de notre santé physique, mentale, économique et sociale. Il faut éviter le plus possible que des gens décèdent.»

Celui qui est aussi conseiller municipal croit que la pandémie a tout de même eu un effet positif sur l’environnement, ne serait-ce que sur la réduction de l’émission de gaz à effet de serre due au télétravail. 

Il craint toutefois que les mauvaises habitudes de surconsommation ne reprennent lors d’un éventuel retour à la normale. «Le naturel revient vite au galop, dit-il, et l’environnement reste une urgence en soi. Il ne faut pas l’oublier.»