Située au 614, boulevard J.-André-Deragon à Cowansville, la maison aura coûté 300 000 $ - c'est environ la moitié de sa valeur.

La maison Gilles-Carle inaugurée

C'est une grande maison avec de larges fenêtres et une belle lumière qui incarne désormais le rêve de tous ceux qui voulaient créer un lieu pour offrir du répit aux aidants naturels. La Maison Gilles-Carle de Brome-Missisquoi a été inaugurée hier matin, dans un climat rempli d'émotions, par le Regroupement soutien aux aidants de Brome-Missisquoi (RSABM), en compagnie de toutes les personnes qui ont cru et contribué au projet.
C'est notamment le cas de Daniel Bélanger des Maisons Horizon, qui a donné un terrain et construit la maison de trois étages en gardant toujours le souci de maintenir les coûts le plus bas possible. La maison aura coûté 300 000 $ - c'est environ la moitié de sa valeur, précise le constructeur. «J'ai bien réussi ma vie grâce à la population. Je suis content d'avoir redonné à la population», a-t-il simplement dit.
C'est aussi grâce à la caisse populaire Desjardins de Brome-Missisquoi, qui a consenti un prêt sans intérêt de dix ans. Et à la chanteuse Chloé Ste-Marie, la voix des aidants naturels, qui, en choisissant de s'associer au projet de maison dans Brome-Missisquoi, allait lui donner des ailes.
La directrice générale du Regroupement, Veerle Beljaars, était émue et reconnaissante envers tous ceux qui ont permis au rêve de se réaliser.
«En aidant ma mère, qui est atteinte de la maladie de Parkinson depuis 12 ans, à temps partiel, je me suis souvent demandé comment les gens faisaient à temps plein, sans jamais prendre de pause, jamais de répit», a-t-elle raconté. Elle avait en outre des mercis à distribuer à tout le monde: les bénévoles, son équipe, le maire de Cowansville, etc. Vingt-trois mois se sont écoulés entre la formation du comité de travail pour le projet de maison et son ouverture.
«Tu m'inspires comme personne, comme aidante qui se bat pour ce qu'elle croit. Merci d'être à nos côtés», a-t-elle dit à Chloé Ste-Marie, très touchée elle aussi.
«Qui aurait cru il y a 15 ans, 20 ans que le nom de Gilles, qui était associé au cinéma, à la photo, à la peinture, figurerait un jour sur une maison de répit?» a-t-elle lancé en se remémorant les 17 années pendant lesquelles la maladie a rendu Gilles Carle prisonnier de son corps.
Un homme dont on se rappellera aussi la résilience, a-t-elle ajouté. «En ce jour d'inauguration de la maison Gilles-Carle, je suis sûre que Gilles, d'où il est, nous regarde. Il vous dit: merci beaucoup. Merci d'avoir cru au projet. Son âme est ici.»
Près de deux ans après le décès du cinéaste, sa compagne estimait hier «qu'il était plus vivant que jamais».
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