Simon, en train de bricoler son petit renne en carton, avec l’aide de Raphaëlle Latraverse, élève de 4e secondaire du Programme d’éducation internationale de l’école Jean-Jacques-Bertrand de Farnham
Simon, en train de bricoler son petit renne en carton, avec l’aide de Raphaëlle Latraverse, élève de 4e secondaire du Programme d’éducation internationale de l’école Jean-Jacques-Bertrand de Farnham

La magie de Noël pour renforcer la lecture

Farnham — Des dizaines de lutins s’étaient glissés parmi les élèves de l’école secondaire Jean-Jacques-Bertrand, jeudi matin à Farnham, prêts à festoyer avec 84 enfants de maternelle de l’école Saint-Jacques, située à quelques pas de là. «C’est super important pour eux», indique Magalie Laflamme, professeure à l’école primaire.

Toute la matinée, les lutins adolescents ont animé des ateliers de cuisine, de bricolage de personnages de Noël, une course à obstacles et même une pièce de théâtre écrite et mise en scène par eux. Ouf! Ils leur ont aussi concocté un buffet et remis des coussins de lecture qu’ils avaient eux-mêmes fabriqués, en fonction des goûts des enfants avec qui ils étaient jumelés.

Cette matinée un peu folle — et très occupée, les enfants allant d’un atelier à un autre en suivant un horaire réglé au quart de tour — est la conclusion du projet principal des élèves des trois classes de 4e année du Programme d’éducation internationale (PEI), qui s’articule autour de la lecture. Une dizaine d’étudiants en 5e secondaire ont également participé à l’événement.

Aboutissement

Le projet des élèves de 4e secondaire s’est mis en branle dès le mois de septembre. Chaque grand avait alors rencontré une première fois leur nouvel ami de maternelle de l’école Saint-Jacques. Ils sont retournés à deux reprises faire la lecture aux plus jeunes, soit une fois en octobre puis en novembre.

«La semaine où les grands venaient, mes élèves comptaient les jours sur le calendrier, explique Mme Laflamme. Les fois où les grands sont venus lire à l’école, c’étaient des journées en or pour eux.»

La journée de Noël de jeudi représentait la cerise sur le gâteau, et ce, peu importe l’âge des participants. La joie des ados et des neuf profs présents était palpable dans la salle dédiée au bricolage, où La Voix de l’Est était présente.

Trois élèves de 4e secondaire et leurs coussins de lecture qu’elles s’apprêtaient à donner à un enfant de maternelle. Il s’agit de Coralie Cabana, Frédérique Dubois et Élizabeth Guertin.

La toute première activité a eu lieu dans la cour de l’école secondaire, des boîtes de Noël étant tombées de la hotte du père Noël alors que celui-ci se pratiquait pour le jour J.

«Ils étaient tout excités à l’idée de voir le père Noël», a constaté Raphaëlle Latraverse, élève de 4e secondaire, alors qu’elle aidait le petit Simon à finaliser son bricolage.

«Tout le monde est content d’être ici avec les enfants, ajoute-t-elle, et c’est une belle récompense pour le travail qui a été fait avant... Il a fallu tout organiser, à la minute près.»

Après dîner, cette journée festive s’est terminée par la remise d’un coussin de lecture à chaque élève de maternelle, personnalisé par les 4e secondaire en fonction des goûts de chacun de leurs nouveaux amis.

Cette activité s’inscrivait d’ailleurs dans le cours «design» des élèves de 4e secondaire du PEI, dont l’objectif est de concevoir un objet de A à Z en fonction de son «client». Chacun a dû faire preuve d’imagination, le recyclage étant au coeur de la création de l’objet ayant pour but d’encourager la lecture.

«Ce projet entraîne une prise de responsabilité des élèves, explique Patricia Bussières, professeure de sciences, technologie et mathématiques. Ils doivent mettre leurs apprentissages en pratique, que ce soit au niveau de la planification de l’activité, de la recherche ou de la communication.»

Plus fort que le cellulaire

Cette journée chorégraphiée avec précision a également des bienfaits insoupçonnés. Selon Mme Bussières, aucun ado ne pense alors à utiliser son cellulaire : «Les maternelles les recentrent sur la magie de Noël.»

Tout le monde y gagne, finalement. Et les «maternelles» ne sont pas prêts d’oublier cette journée. «Ça marque les enfants, assure leur prof Mme Laflamme. Ils vont se souvenir longtemps de leur ami du secondaire.»