La lamproie marine est un poisson parasite qui s’attaque aux autres espèces en aspirant leur sang et leurs liquides organiques. Sur la photo, il s’agit de larves, elles ne sont pas encore devenues des parasites. 
La lamproie marine est un poisson parasite qui s’attaque aux autres espèces en aspirant leur sang et leurs liquides organiques. Sur la photo, il s’agit de larves, elles ne sont pas encore devenues des parasites. 

La lutte aux lamproies se poursuit dans la baie Missisquoi

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est
Du lampricide, un pesticide anti-lamproie, sera utilisé dans la rivière Missisquoi, près de la baie Missisquoi, mardi. La Lake Champlain Fish and Wildlife Management Cooperative emploiera ce produit pour contrôler cette espèce envahissante qui s’attaque aux autres poissons du lac Champlain.

La lamproie marine, surnommée le poisson-vampire, s’accroche à ses proies au moyen de sa bouche à ventouse et ses dents. Elle se sert de sa langue pour retirer les écailles et la peau des poissons et ensuite ingérer leur sang et autres liquides organiques.

Au Québec mercredi

La Lake Champlain Fish and Wildlife Management Cooperative a prévu contrôler les larves de lamproies dans quatre affluents du lac Champlain, en septembre et en octobre. Mardi, trois sites seront sujets à ce traitement de 6 h à 18 h dans la portion ouest de la rivière.

Le lampricide TFM sera utilisé à petite concentration, ce qui sera suffisant pour tuer les larves de la lamproie, sans toutefois nuire aux autres espèces, précise Bradley Young, gestionnaire du programme de contrôle de la lamproie marine de l’organisme américain.

Le produit chimique devrait toucher les eaux québécoises mardi tard en soirée ou mercredi, ajoute-t-il.

Les résidents du secteur pourront continuer à consommer l’eau du robinet, puisque l’eau du réseau municipal sera exempte du pesticide.

Une équipe relève et mesure la concentration de lampricide dans la rivière Missisquoi avec des pompes spécialisées.

«On est en contact avec Anick Laplante, responsable de l’usine de filtration de Bedford. L’usine a pris des précautions supplémentaires pour s’assurer qu’il n’y ait pas de trace du produit dans l’eau potable via l’aqueduc, souligne M. Young. On a va prendre des échantillons quotidiennement pour confirmer qu’elle est sécuritaire. »

Des panneaux de mise en garde en français ont également été posés dans les secteurs touchés au Québec et seront retirés lorsque la concentration du produit sera diluée.

À recommencer tous les 4 ans

Le contrôle des lamproies doit être réalisé tous les quatre ans. L’opération avait été menée en 2008 et en 2012, mais a été suspendue en 2016 lorsque le ministère de la Santé du Vermont a exigé de nouvelles études sur les effets toxiques du pesticide sur les mammifères.

«On a payé une étude approfondie pour évaluer les effets du produit chimique sur les mammifères et l’État du Vermont s’est montré satisfait des résultats. L’étude a démontré que le lampricide était moins nocif encore que ce qu’on croyait au départ», explique M. Young.

Usage commun

Selon Pêches et Océans Canada, le lampricide TFM permet de tuer «les larves de lamproie marine tout en ayant peu ou pas de répercussions sur les autres espèces de poissons et d’animaux». Les études menées depuis les années 1950 ont démontré que le produit ne représentait pas de danger pour l’humain et les autres mammifères.

Selon le ministère fédéral, environ 200 cours d’eau des Grands Lacs sont traités à intervalles réguliers avec des lampricides.

Les truites, l’esturgeon et le saumon profitent de ce traitement dans les 25 affluents du lac Champlain, souligne M. Young. Pour cause, le nombre de blessures infligées par les lamproies chez les truites et le saumon de l’Atlantique a diminué de 50 % depuis 2006.