Les automobilistes sherbrookois pourront bientôt vérifier sur internet où les agents du SPS sont positionnés pour effectuer des opérations radar.

La localisation des «trappes à tickets» en ligne en 2020

La localisation des « trappes à tickets » à Sherbrooke sera disponible en ligne à compter de 2020.

Le directeur du Service de police de Sherbrooke (SPS), Danny McConnell, confirme que la localisation des constats d’infraction émis par ses policiers s’ajoutera aux données ouvertes qui seront rendues disponibles en 2020.

« La population sera au courant des endroits où nous effectuons les opérations de contrôle de vitesse, mais surtout des zones accidentogènes », signale Danny McConnell.

Depuis février dernier, une carte publiée au www.sherbrooke.ca/cartes, sous la section « Regard sur la sécurité publique », permet de voir des données concernant les accidents avec blessés, les accidents mortels, les conduites avec les facultés affaiblies, les introductions par effraction, les méfaits, les menaces et actes de violence, de même que les voies de fait et les vols.

Le directeur du SPS soutient que ces endroits névralgiques où il y a souvent des opérations « radar » n’ont jamais été gardés secrets. La Tribune a d’ailleurs régulièrement publié ces endroits au cours des dernières années.

« Le dernier endroit dont j’ai entendu parler était au coin des rues Galvin et Galt. Il y avait un problème, mais qui a été amélioré. Nous continuons d’améliorer l’accès à nos données ouvertes. Nous pourrons faire une corrélation entre les accidents et les constats d’infraction. Nos rapports d’accident vont aussi être électroniques », signale Danny McConnell.

Il sera également possible pour le citoyen de porter plainte en ligne pour certains crimes.

« On veut que le citoyen puisse porter plainte par Internet. Il reste l’enjeu de sécurité à solutionner. On veut éviter des déplacements de véhicule. On veut garder nos véhicules disponibles pour nos urgences », ajoute le directeur adjoint du SPS, Stéphane Gauthier.

En 2021, le centre d’appel 9-1-1 passera à la technologie IP dans le cadre d’un projet-pilote, mais toute la préparation se fera en 2020.

« Il y a aura une meilleure coordination avec les autres centrales au Québec. Ils pourront entre autres recevoir les textos, vidéos et photos », mentionne le directeur McConnell.

Crimes sexuels en hausse

Les crimes sexuels sont restés en hausse à Sherbrooke au cours de la dernière année par rapport à 2018, passants de 181 dossiers à 210 en 2019.

Le SPS a aussi frappé les proxénètes et les clients de la prostitution en juin dernier avec des arrestations. Deux enquêteurs sont affectés à ce problème.

« On vit un exode des clients agresseurs et proxénètes de Montréal vers les régions même si ce n’est pas notre niveau de service pour intervenir. Nous avons un modèle apprécié avec nos enquêteurs dédiés avec un téléphone unique et des cartes non identifiées laissées aux jeunes filles pour avoir le soutien à ce problème sur le territoire. Nous restons très impliqués. Le tiers des effectifs aux enquêtes criminelles sont dédiés aux crimes de nature sexuelle », assure Danny McConnell.

Convention collective

Au cours des prochains mois, le SPS devra aussi renouveler la convention collective de ses policiers. Le contrat de travail viendra à échéance le 31 décembre.

« Les négociations sont commencées. Nous devions commencer à négocier trois mois avant l’échéance en vertu de la loi 24 », indique Danny McConnell.

Ce dernier tient à souligner le travail efficace de ses policiers et du personnel civil.

« C’est grâce à leur travail que nous sommes présents à tous les jours pour la population », signale Danny McConnell.

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L’année 2019 du SPS en vrac

37 000 déplacements policiers
14 000 rapports d’événement
3400 rapports d’intenter des procédures pour le tribunal
45 000 constats d’infraction
1500 rapports d’accidents (blessés et mortel)
1500 fiches d’observation de renseignement

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Les cas de santé mentale en hausse marquée

La santé mentale demeure une préoccupation constante au Service de police de Sherbrooke.

Selon les données les plus récentes du SPS, les cas d’état mental perturbé et les tentatives de suicide combinés ont augmenté de 120 pour cent au cours des dix dernières années.

Le nombre de cas est passé de 761 interventions au début de la dernière décennie en 2011 à 1671 à une semaine de la fin de 2019.

Le directeur du SPS, Danny McConnell, explique que les interventions en relation d’aide occupent environ 70 pour cent du temps des policiers municipaux. 

« Ce sont des cas qui relèvent du ministère de la Santé et des Services sociaux avec des enjeux de sécurité publique importants. C’est énorme le temps qui est consacré à ce type d’intervention. La santé mentale demeure un enjeu majeur », signale le directeur du SPS.

En juillet dernier, l’équipe d’intervention en santé mentale est venue bonifier le travail effectué par l’Équipe mobile d’intervention psychosociale (Émip) déjà en place au SPS afin d’intervenir sept jours par semaine.

Avec l’Émip, un travailleur social et un policier patrouillent ensemble quatre soirs par semaine les lundis, mercredis, jeudis et vendredis, soit les soirs où il y a le plus d’appels en santé mentale. 

Cinq nouveaux policiers, en fonction de 7 h à 23 h sept jours par semaine, se sont ajoutés et font partie de cette équipe d’intervention en santé mentale.

Ces cinq nouveaux postes nécessitent des montants annuels récurrents de 300 000 $.

« Nous avons senti le soutien des élus dans ce projet dans un contexte économique et cadre financier serré », souligne le directeur du SPS.

Danny McConnell signale une baisse d’un pour cent en novembre dernier des cas en matière de santé mentale.

« Est-ce que c’est en raison de ces équipes dédiées en santé mentale? Nous avons espoir que ça va s’améliorer en ce sens. C’est le travail sur la récurrence qui va peut-être faire diminuer les interventions. Il y a une meilleure prise en charge dans le cadre de ce partenariat essentiel avec le CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Il y a un changement de culture majeur de nos policiers qui acceptent de travailler avec un civil dans le véhicule de patrouille. Aujourd’hui, on ne peut plus se passer de cette présence de travailleurs sociaux. Le modèle d’échange entre la santé et la police fonctionne très bien », assure Danny McConnell.

« L’échange d’expertise permet d’apprendre de part et d’autre. Autant les gens du service de santé ont compris notre métier que de l’autre côté, on comprend mieux les enjeux en santé mentale. Les yeux sont plus ouverts de part et d’autre », ajoute le directeur adjoint du SPS, Stéphane Gauthier.

Danny McConnell souligne que le temps sauvé par cette prise en charge des appels en santé mentale permet de libérer les véhicules de patrouille pour répondre aux urgences.

« Nos policiers s’améliorent sur le plan de leurs compétences en limitant la récurrence des cas de santé mentale. Ça libère ainsi des véhicules pour un meilleur service à la population », soutient Danny McConnell.

Soutien pour les employés

Le SPS a aussi consolidé en 2019 le groupe de police soutien. Ce groupe a été mise en place de façon paritaire avec l’Association des policiers et policières de Sherbrooke (APPS).

« Du personnel civil et policier a été formé pour mieux orienter le personnel vers les ressources appropriées en matière de santé mentale. Ils ont reçu une formation avec la psychologue de la Ville. Nous avons à cœur le bien-être de notre personnel. Ça devient lourd d’être confronté aux problèmes de santé mentale des autres, alors il faut se soucier d’eux », mentionne Danny McConnell.

Certains policiers plus touchés, comme l’équipe dédiée aux agressions sexuelles et le service d’identité judiciaire, ont l’obligation de rencontrer un psychologue de façon ponctuelle.

« Ils sont obligés d’y aller », affirme le directeur adjoint du SPS. 

« Ce n’est pas un réflexe dans la police d’aller chercher de l’aide. En les obligeant, on croit pouvoir mieux les protéger », ajoute M. McConnell. René-Charles Quirion